Comment se soigner avec des plantes médicinales et la phytothérapie

 

La phytothérapie propose des solutions afin de se soigner avec les plantes. Que ce soit pour mieux dormir ou en atout minceur, la phytothérapie; c’est-à-dire l’ensemble des plantes médicinales, permet de remédier à des problèmes du quotidien de manière naturelle. C’est une solution à la fois alternative et complémentaire aux traitements de la médecine classique, de plus en plus en vogue et dont l’efficacité est de plus en plus reconnue. Voici dans cet article les différentes façons d’utiliser les plantes médicinales : tisanes, poudres et extraits de plantes, teintures mères…

« Les plantes médicinales servent à soigner des  « pathologies mineures ». A partir d’un certain moment, il faut savoir passer la main à un professionnel de la santé, un médecin ou un pharmacien, qui peut seul poser un diagnostic et faire une ordonnance avec un traitement avec des médicaments »-  Olivier Escuder, chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle

L’infusion

La préparation la plus connue est sans doute l’infusion : qui n’a jamais bu sa tisane de camomille avant d’aller se coucher ?

Une infusion se fait généralement avec les fleurs et les feuilles des plantes, mais dans certains cas, il est possible de faire également infuser des racines et des écorces. Le principe est simple : vous versez de l’eau bouillante sur la plante (il faut compter une cuillerée à café de plante par tasse), et vous laissez infuser entre dix et vingt minutes. Une infusion peut se conserver au réfrigérateur pendant 48 heures maximum. En principe, il est préférable de ne pas sucrer les tisanes. Comme toutes les plantes ne sont pas également agréables au goût, vous pouvez adoucir votre tisane d’une cuillerée de miel.

La décoction

La méthode de la décoction s’applique essentiellement aux parties souterraines de la plante, comme les racines, et aux écorces, qui libèrent difficilement leurs principes actifs lors d’une infusion. La réglisse, les racines de ginseng, ou de pissenlit sont fréquemment utilisées en décoctions. Cette méthode consiste à extraire les propriétés des plantes en les laissant « infuser » dans de l’eau que vous portez à ébullition. Comptez une cuillerée à soupe de plantes par tasse. Vous pouvez hacher ou moudre les plantes, en utilisant un mixeur, ou encore tout simplement un bon vieux moulin à café familial ! Vous déposez donc les plantes dans une casserole, puis vous les couvrez d’eau froide. Portez ensuite à ébullition, et laissez le tout mijoter sur le feu pendant une vingtaine de minutes jusqu’à ce que le liquide ait réduit d’un tiers. Retirez du feu, puis laisser infuser (et refroidir) pendant une heure, avant de filtrer. Vous pouvez conserver une décoction pendant trois jours au réfrigérateur.

La macération

La macération consiste à faire tremper les plantes médicinales dans de l’eau froide pendant plusieurs heures. Pour ce qui est des quantités, il faut prévoir une cuillère à café de plantes pour une tasse d’eau, une cuillerée à soupe pour un bol, et trois cuillerées à soupe pour un litre. Les plantes peuvent également macérer dans l’alcool, dans la glycérine, ou dans un autre solvant. Un solvant est un liquide qui retient les principes actifs de la plante. Il convient de bien sélectionner le solvant en fonction de la plante que l’on utilise.

La teinture

Les teintures présentent essentiellement deux avantages : elles peuvent se conserver pendant trois ans, et les principes actifs qu’elles contiennent sont rapidement absorbés par l’organisme. Le principe de la teinture consiste à capter les principes actifs de la plante en la faisant macérer, généralement dans de l’alcool. Vous pouvez utiliser de l’alcool éthylique vendu en pharmacie, mais vous pouvez aussi utiliser de la vodka. Les plantes sont donc mises dans de l’alcool à 60 degrés ou dans un mélange d’alcool et d’eau, pendant plusieurs semaines (entre deux et cinq). Le produit obtenu est ce que l’on appelle la teinture-mère. Il vaut mieux mettre des plantes sèches à macérer, car certaines plantes fraîches peuvent être toxiques. Placez les plantes dans un bocal en verre, et versez l’alcool (ou le mélange alcool-eau) dessus. Fermez le bocal et conservez-le dans un endroit frais pendant quelques semaines, en secouant le pot de temps en temps. Filtrez ensuite le mélange et versez-le dans une carafe avant de mettre le liquide obtenu dans de petites bouteilles que vous étiquetterez. Si la teinture a plus de trois ans, il faut la refiltrer.

Exemple d’utilisation : comptez 200 grammes d’herbes fraîches ou 40 grammes d’herbes sèches pour un litre de mélange d’eau et d’alcool à 25°. Pour obtenir un alcool à 25° à partir de vodka à 40 °, ajoutez 37, 5 cl d’eau à 60 cl d’alcool.

Vous pouvez aussi broyer les plantes dans un solvant, en comptant cinq volumes de solvant liquide pour l’équivalent d’un volume en poids sec de plantes. Vous mettez le tout dans un mixer, puis vous laissez le mélange obtenu macérer pendant plusieurs semaines, en prenant soin de le remuer chaque jour. Le mélange doit ensuite être filtré, et conservé de préférence dans un flacon en verre teinté : la lumière peut altérer les principes actifs contenus dans la teinture. Vous placerez le flacon à l’abri de la lumière et de la chaleur.

 

Infusion à l’huile froide

La technique de l’infusion à l’huile froide consiste à remplir un grand bocal en verre de plantes, puis à les couvrir d’huile. Mode d’emploi : comptez 250 grammes d’herbes sèches ou 500 grammes d’herbes fraîches pour 50 cl d’huile végétale pure (huile d’amandes douces, de tournesol ou de pépins de raisin). Vous fermez le bocal et vous laissez macérer pendant une quinzaine de jours dans un endroit ensoleillé. Une fois ce délai écoulé, vous filtrez l’huile en la versant dans une carafe. Vous versez ensuite le liquide dans des bouteilles en verre foncé. Choisissez de préférence de petites bouteilles : une fois que celles-ci sont ouvertes, l’huile s’abîme très vite. À noter : pour obtenir une plus grande teneur en principes actifs, vous pouvez répéter la même opération plusieurs fois avec la même huile, en renouvelant les plantes à chaque fois.

Infusion à l’huile chaude

Pour fabriquer des crèmes, des onguents, ou des huiles de massage, vous pouvez faire infuser les herbes dans de l’huile chaude. Les huiles de tournesol, d’amande douce ou de carthame sont conseillées. Mode d’emploi : préparez un bain-marie, en plaçant un récipient en verre sur une casserole d’eau frémissante. Dans ce récipient, versez l’huile et les plantes, à proportion de 250 grammes d’herbes sèches ou de 500 grammes d’herbes fraîches pour 50 cl d’huile végétale pure (huile d’amandes douces, de tournesol ou de pépins de raisin). Laissez « cuire » deux heures à feu doux, avant de filtrer dans une carafe. Pressez bien l’huile restée dans le filtre et versez dans des bouteilles en verre foncé. Vous pourrez les conserver pendant trois mois dans un endroit frais.

Les onguents

Les onguents sont très faciles à préparer : ils contiennent de l’huile végétale (huile d’amande douce, par exemple), de la cire d’abeille et des huiles essentielles. Les corps gras recouvrent la peau d’une fine couche protectrice. Mode d’emploi : comptez 25 grammes de cire d’abeille pour 10 cl d’huile végétale et 20 à 30 gouttes d’huiles essentielles en fonction de votre sensibilité. Préparez un bain-marie, et dans un récipient en verre, placez la cire d’abeille et l’huile végétale. Portez l’eau à ébullition et laissez frémir jusqu’à ce que la cire soit fondue. À ce moment-là, vous pouvez retirer la casserole du feu. Une fois le récipient hors du feu, vous tournez le mélange avec une cuillère en bois pendant qu’il refroidit et durcit. Lorsqu’il a atteint ce stade, versez-y les huiles essentielles, sans cesser de remuer. Vous verserez ensuite le mélange final dans de petits pots en verre teinté. Vous pouvez les conserver plusieurs mois.

Les crèmes

Le principe est le même que pour la préparation de l’onguent, puisqu’on utilise la même méthode et les mêmes ingrédients. Seule différence : on y ajoute de l’eau. Mode d’emploi : comme pour l’onguent, placez 25 grammes de cire d’abeille et dix centilitres d’huile végétale dans un récipient en verre que vous mettez à chauffer au bain-marie jusqu’ à ce que la cire ait fondu. Versez 2,5 cl d’eau dans un récipient en verre et faites-la également chauffer au bain-marie. Retirez ensuite les deux récipients du feu et versez très doucement l’eau sur le mélange huile-cire d’abeille. Ne cessez pas de remuer jusqu’à ce que la crème refroidisse et devienne plus épaisse. À ce moment-là, lorsqu’elle atteint une consistance crémeuse, vous pouvez y ajouter délicatement les huiles essentielles, en continuant à remuer. Versez le mélange obtenu dans de petits pots en verre teinté, que vous fermerez et étiquetterez. Comme l’onguent, la crème peut se conserver plusieurs mois

 

Les compresses

Pour faire une compresse, on utilise une infusion ou une décoction de plantes, dans laquelle on trempe un linge propre que l’on place ensuite sur l’endroit douloureux. Vous pouvez l’attacher à l’aide d’une serviette ou d’une bande.

 

Le cataplasme

C’est le même principe que pour les compresses, à la différence que ce sont ici les herbes qui sont directement utilisées, et non pas une infusion. Les plantes sont hachées grossièrement, puis mises à chauffer dans une casserole, recouvertes d’un peu d’eau. Laissez frémir deux à trois minutes. Pressez les herbes, puis placez-les sur l’endroit à soigner. Couvrez d’une bande ou d’un morceau de gaze. Un cataplasme se garde pendant trois ou quatre heures, en changeant les herbes toutes les heures si besoin est.

 

Liste de Plantes toxiques

• Aconit (nausées, vertiges)

• Arnica (par voie interne : nausées, vertiges, mort)

• Belladonne (plante vénéneuse qui provoque dilatation des pupilles et arrêt cardiaque)

• Consoude (toxique pour le foie)

• Datura (vomissement, hallucination, arrêt cardiaque)

• Digitale jaune (vénéneuse, ralentit les mouvements du cœur)

• Digitale pourpre (nausées, vomissements, diarrhées, troubles cardiaques graves)

• Ephédra (peut provoquer des palpitations, nervosité, insomnie)

• Euphorbe

• Germandrée (troubles hépatiques)

• Gui (ses baies sont toxiques)

• Laurier-rose (vomissements, chute du pouls, mort)

• Lolébie (nausées, vomissements)

• Menthe pouliot (en huile essentielle ou en teinture, à ne jamais utiliser par voie interne)

• Muguet (peut provoquer arrêt cardiaque et respiratoire)

• Saponaire (paralysie musculaire)

En résumé, la phytothérapie est l’usage que l’on peut faire des plantes sous différentes formes : tisane, gélules ou teinture pour soigner à titre préventif et curatif. Il y a plus de 2500 ans, Hippocrate, père de la médecine, vantait déjà les propriétés curatives des herbes. Aujourd’hui, la phytothérapie fait partie intégrante de plusieurs médecines traditionnelles comme la médecine chinoise qui a très souvent recours à un nombre varié de plantes pour la concoction de « potions ».

– Attention Avertissement –  Les propriétés, indications et modes d’utilisation listées dans cet article ne constituent en aucun cas un avis médical. Ils sont issus d’ouvrages ou sites Internet spécialisés en aromathérapie. Ces informations sont données à titre informatif, elles ne sauraient en aucun cas engager notre responsabilité. Pour tout usage des huiles essentielles dans un but thérapeutique,consultez votre médecin, pharmacien ou professionnel de l’aromathérapie.

 

Sources

1- http://www.herbes-medicinales.ca/maladies/utilisation-plantes.html

2- http://www.eyrolles.com/Chapitres/9782708135314/chap2_Nogaret.pdf

3-http://www.plante-sante.net/automedication-conseil/conseils_fiche.php?CodeRubrique=11&CodeService=63&ModeConseil=5&idtheme=32&idsoustheme=107&id=366

4- http://www.sciencesetavenir.fr/sante/video-comment-utiliser-les-plantes-medicinales_30990

5- http://www.passeportsante.net/phytotherapie-se-soigner-avec-les-plantes-l115

 

 

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