La gemmothérapie, puissance et subtilité du végétal

L’intérêt porté aux bourgeons en phytothérapie est ancien (les écrits de Paracelse y font référence) mais c’est récemment que les travaux du Dr Henry (1), puis des Drs Bergeret et Tétau(2) ont approfondi la connaissance de ces tissus végétaux et ont permis de diffuser leur usage.

Gemme : emprunté au latin gemma « bourgeon » et par analogie de forme et de couleur « pierre précieuse »

La gemmothérapie se définit comme une phytothérapie embryonnaire globale. Elle utilise les principes actifs de bourgeons, de semences, de radicelles ou de jeunes pousses d’arbres fraîchement cueillis et préparés par macération directe dans une solution d’alcool et de glycérine. La culture homéopathique des Drs Bergerey et Tétau les a amené à utiliser la dilution Hahnemanienne à la première décimale (1 DH) afin d’impulser, au-delà de la seule activité moléculaire, un caractère informationnel et énergétique aux préparations. Une autre forme galénique nommée « macérat-mère » existe ; elle utilise un macérat initial composé d’eau, de glycérine et d’alcool qui ne subit aucune dilution. Cette formule est plus concentrée, mais l’information énergétique apportée par la dilution à la 1 DH disparaît. Il reste néanmoins possible d’effectuer la dilution soi-même dans un verre d’eau.(3)

Une explosion de vitalité

Les tissus végétaux embryonnaires contiennent et concentrent toute la richesse de la plante ou de l’arbre, et ils en renferment aussi tout le potentiel. On peut dire qu’ils en expriment le TOTUM en condensé.Le stade embryonnaire est une promesse de vie, il en détient tout le génie et toute l’ardeur. En effet, le bourgeon possède l’information génétique complète du végétal et il est particulièrement riche en vitamines, oligo-éléments et minéraux grâce à la sève de l’arbre qui lui parvient. Le bourgeon est composé de cellules indifférenciées (dites « totipotentes ») qui ont la capacité de se multiplier très vite et qui permettent à l’arbre de renouveler ses feuilles chaque année. Une seule de ces cellules a la capacité, in vitro, de reconstituer le végétal dans son intégralité !

L’intérêt de la gemmothérapie est multiple :

  • elle permet une grande profondeur d’action tout en stimulant en douceur les capacités auto-régénératrices de l’organisme,

  • elle réduit la toxicité potentielle de la plante, que ce soit par sa formule diluée ou par les faibles volumes ingérés pour les macérats-mères,

  • son spectre d’action est plus large que la plante mature, puisque toute la plante en puissance est contenue dans le bourgeon (par exemple, le bourgeon de tilleul – Tilia Tomentosa – recouvre les vertus sédatives des fleurs, mais aussi le caractère dépuratif de l’aubier).

  • les macérats glycérinés sont plus facilement utilisables que d’autres formes galéniques (moins alcoolisés, possibilité d’ajuster les doses). Pensez-y pour vos enfants !

  • elle agit au niveau cellulaire en épurant, stimulant et régénérant les cellules, en améliorant leurs liaisons et leurs fonctions,

  • elle augmente l’assimilation d’autres biothérapies grâce à la qualité de ses minéraux qui jouent un rôle de transporteur dans l’organisme.

Tout cela fait de la gemmothérapie une biothérapie remarquable qui permet de réguler les grandes fonctions de l’organisme en travaillant en profondeur sur le terrain. Elle trouve sa place dans une vision globale de l’individu et de sa santé.

Posologie indicative

Pour les macérats 1D, il est recommandé de prendre de 1 à 3 gouttes par kilo de poids. Pour un adulte de 70 kilos, la posologie peut varier de 70 à 210 gouttes par jour, réparties en 2 ou 3 prises. La clinique démontre que les dosages peu élevés sont tout aussi actifs. Attention, les macérats de jeunes pousses de romarin et de genévrier –Rosmarinus Officinalis(JP) et Juniperus Communis(JP)– n’obéissent pas à cette règle. Leur puissance d’action (drainage hépatique et rénal) peut entraîner des crises curatives incommodantes. Les doses doivent être inférieures et progressives. L’olivier (Olea Europea JP) est un hypotenseur et sa prescription fera l’objet de conseils avisés.

Pour les macérats-mères, le dosage est de 5 à 20 gouttes par jour.

Les cures s’étendent sur 21 jours et sont renouvelables trois fois, en veillant à respecter une pause d’une semaine entre. Les préparations de gemmothérapie se trouvent sous forme unitaire (utilisation d’un seul bourgeon ou jeune pousse) ou sous forme de complexe (synergie de plusieurs bourgeons associés à d’autres extraits végétaux). 

Par exemple, le complexe dépuratif associe de jeunes pousses de romarin (pour son action tonifiante et désintoxiquante du foie), de genévrier (draineur rénal et hépatique, stimulant général), d’extraits de pissenlit (cible hépatique) et d’artichaut (régulation de la fonction biliaire et du métabolisme des lipides).

De nombreuses recherches sont en cours pour compléter et renforcer les connaissances des tissus végétaux embryonnaires.

La gemmothérapie, comme tous les remèdes naturels, trouvera sa juste place dans une approche individualisée du sujet, en tenant compte de son terrain, de son tempérament et de sa force vitale. Son utilisation doit être validée par un praticien de santé : médecin, naturopathe ou pharmacien.

Delphine L., naturopathe

Sources

Guide de gemmothérapie, Editions Amyris-Bruxelles,

LEAUD-ZACHOVAL D., Cours de gemmothérapie, Ecole de naturopathie Aesculape, 2013

http://www.feh.be/gemmotherapie.htm

http://www.sacree-planete.com/PDF/M41P35.pdf

En savoir plus

ANDRIANNE P., La gemmothérapie, médecine des bourgeons, Editions Amyris, Collection Douce Alternative, 1998

1)Phytoembryothérapie, Dr Pol HENRY, édition de 1970

2)Nouvelles cliniques de gemmothérapie, Dr Max TETAU, éditions Similia, 1999

3) Il suffit de diluer 10 fois le macérat-mère dans de l’eau.

 

 

3 commentaires sur “La gemmothérapie, puissance et subtilité du végétal

  1. Je venais donc dire comment j’ai mis fin à ma maladie de Ménière avec un gemmothérapique Alnus Glutinosa. Je n’ai pas pu taper le site dans lequel je détaille cette merveilleuse histoire; ferait-on barrage à la « concurrence » ??…

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