LA BUSSEROLE (Arctostaphylos uva-ursi L.) Propriété Bienfaits et Indications

LA BUSSEROLE (Arctostaphylos uva-ursi L.)
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BUSSEROLE (Arctostaphylos uva-ursi L.)

 

D’où vient-elle?

Utilisée habilement dans la pathologie inflammatoire et infectieuse urinaire, tant en prévention qu’en curatif, la busserole , commune dans les lieux secs ombragés, en Europe, ainsi qu’au Nord de l’Asie et de l’Amérique, constitue une plante très utile dans la palette thérapeutique du médecin phytothérapeute.

Préserver néanmoins les constituants de la busserole nécessite un procédé d’extraction mis en oeuvre à l’abri de l’air et de la lumière. L’activité de la feuille de busserole est essentiellement liée à ses principes actifs hydrophiles (hydroquinone), mais la synergie d’action des composés de la plante rend nécessaire de disposer d’un extrait apportant toutes les fractions de la plante. Cela est rendu possible par une double extraction hydrique et alcoolique effectuée à partir de plante fraîche, qui respecte l’intégrité et l’intégralité des principes actifs présents dans la plante d’origine. Ce procédé a par ailleurs l’avantage d’assurer la parfaite biodisponibilité des composés actifs et par conséquent d’optimiser l’efficacité thérapeutique de la feuille de busserole.

Les médecins de l’Ecole de Montpellier furent par ailleurs les premiers à utiliser la busserole.

Présentée au XVIIe siècle comme le meilleur remède de toutes les suppurations des voies urinaires, la busserole devra néanmoins attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour être reconnue comme l’un des modificateurs les plus actifs des inflammations de l’appareil urinaire.

Comment le décrire botaniquement ?

La busserole est un arbrisseau vivace et ligneux à longues tiges rampantes et souterraines. Ses feuilles sont persistantes, épaisses, vert luisantes et à bords lisses, coriaces, et finement veinées sur le dessus. Ses fruits sont des baies rouges sans jus. Son odeur est faible et sa saveur est astringente et amère.

Originaire d’Asie et d’Amérique, la busserole s’est néanmoins acclimatée dans les sous-bois montagneux et calcaires de l’Hémisphère Nord jusque dans la zone arctique. Elle pousse aussi dans les zones humides, de préférence dans les broussailles, les tourbières et les prairies. Elle fleurit de mai à juin.

De quoi est-elle composée ?

La busserole se compose d’arbutoside (5 à 15%), de tanins galliques (15 à 20%), de flavonoïdes, de triterpènes pentacycliques, d‘iridoïde et d’allantoïne.

Quelles sont ses principales propriétés pharmacologiques ?

L’arbutine est un puissant antiseptique et anti-inflammatoire urinaire et intestinal, actif sur les colibacilles, principaux germes responsables des infections urinaires. L’arbutine ne se métabolise que dans les voies urinaires, où elle se dégrade en glucose et en hydroquinone, substance très proche du phénol, un puissant antiseptique. On note une activité antiseptique sur des urines alcalinisées (synergie de l’hydroquinone, des acides phénoliques, de picéoside), avec des propriétés antimycosiques (Candida albicans)virostatiques, astringentes et décongestionnantes des voies urinaires.

La busserole augmente l’élimination rénale de l’eau de 211 % aux doses de 10 mg/kg. Cette action est due aux flavonoïdes, à l’arbutoside et aux glucosides phénoliques contenus dans les feuilles de busserole. Elle améliore la circulation sanguine de la muqueuse vésicale par ses tanins galliques, et possède des propriétés antihémorragiques.

Quelles sont les indications de la Busserole ?

  • Infections urinaires
  • Rétention urinaire
  • Œdèmes
  • Néphrite
  • Pyélites
  • Effet dépigmentant de la peau
  • Cystites simples de la femme, à colibacille (Escherichia coli)
  • Cystalgies à urines claires, urétrites, inflammations vésicales
  • Prévention des cystites récidivantes ou associées à une antibiorésistance à E. Coli, à Klebsiella, à Proteus, à Pseudomonas et cystalgies en particulier chez les sujets à risque : antécédents d’infections urinaires, en particulier dans certaines situations à risque (voyage, diurèse insuffisante, période de forte chaleur, port de vêtements serrés…), personnes âgées, grabataires, myopathie ou déficit moteur, vésicale (neuropathie, diabète)
  • Cystites associées à des vaginites ou métrites à mycoplasmes, ureaplasma, cystites
  • Lithiases urinaires : décongestion et antalgie de l’arbre urinaire, prévention des récidives de colique néphrétique, prévention des surinfections
  • Colique néphrétique : au décours de la crise, en complément du traitement antispasmodique et antalgique classique, pour réduire l’inflammation du tractus urinaire et prévenir le risque infectieux
  • Prostatites chroniques avec troubles urinaires et congestion pelvienne
  • Incontinence et rétention d’urine (miction par reflux lié au prostatisme)
  • Incontinence urinaire par atonie
  • Diarrhées chroniques suivies de cystites

 

Quelles sont les précautions d’emplois ?

  • Prescription en cures discontinues, de durées limitées et pas plus de 6 fois par an
  • La prise d’un extrait de busserole peut entraîner une coloration vert-brun des urines
  • En cas de surdosage, possibilité d’anorexie, nausées, vomissements, céphalées, irritabilité, insomnie, élévation de la fréquence cardiaque et albuminurie
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Réservée à l’adulte
  • Contre-indiquée en cas de maladies rénales ou dans les cancers des voies urinaires
  • Contre-indiquée en cas d’hypersensibilité aux substances actives

 

Il y a t-il des risques d’interactions médicamenteuses ?

Comme toutes substances contenant des principes actifs, le risque d’interactions médicamenteuses est à prendre en compte.

La busserole ne dérogeant pas à cette règle, voici la liste des interactions médicamenteuses à considérer :

  • La busserole peut potentialiser la toxicité intestinale des anti-inflammatoires
  • Eviter la prise conjointe de substances acidifiant les urines (médicaments, vitamine C, etc.)

 

Comment le prendre et à quel dosage ?

En préparation magistrale :

Voici la posologie des Extraits fluides de Plantes fraîches Standardisés en solution glycérinée (EPS) :

– 1 c. à café matin et soir pendant 1 mois, renouvelable 3 mois, à diluer dans un grand verre d’eau

Chez des personnes corpulentes, ou en cas de manifestations cliniques importantes, il est conseillé de commencer le traitement à raison d’1 càc 4 fois par jour pendant 3 jours puis 1 càc 3 fois par jour pendant 6 jours. La busserole peut être administrée en cure de 10 jours tous les 2 mois, sur une période de 6 mois, renouvelable. Ce protocole peut être modifié dans des situations particulières, selon l’avis du médecin. Pour potentialiser l’efficacité de la busserole, il est indispensable d’alcaliniser les urines. Par conséquent, il est conseillé de consommer des eaux minérales alcalines (Vichy, Hépar, Saint-Yorre), à raison d’un litre par jour minimum. Administrer conjointement du bicarbonate de soude pendant le traitement.

 

3 càc/jour pendant 10 jours tous les 2 mois

 

Clémentine. M.

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