LA CANNEBERGE (Vaccinium macrocarpon) Propriété Bienfaits et Indications

LA CANNEBERGE (Vaccinium macrocarpon)
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Famille des Ericacées

Parée de toutes les vertus, la canneberge suscite un vif intérêt, essentiellement pour ses vertus sur la sphère urinaire (infections et cystites). Pourtant ses propriétés sont plus étendues.

Les propriétés de la canneberge nécessitent la totalité et l’integrité des composants de la plante fraiche sélectionnée. Seul un extrait provenant d’une extraction a basse température, à l’abri de l’air et de la lumière commencant par l’extraction de la partie aqueuse suivie de l’extraction de la partie alcoolique à differents degrés de dilution, permet la préservation de l’ensemble de ses composants.

Description plante

La canneberge est un arbrisseau qui croit dans les tourbières des régions froides, notamment en Amérique du Nord. Elle a besoin, pour se développer, de conditions particulières : un pH acide de 4-5 et une alimentation en eau régulière. Ces conditions sont réunies dans les sols humides, acides et pauvres en éléments nutritifs, des tourbières et de littoraux, ou la canneberge est retrouvée a l’état sauvage. Ses rameaux minces et rampants peuvent atteindre 80 cm. Ils portent de petites fleurs ovales et roses qui produisent des baies rouges (fruits). Ces fruits rouges au goût acidulé sont très appréciés sous forme de jus, de fruits séchés, de confiture ou de sauce. Au Canada, la sauce aux atocas est traditionnelle a Noel

Historique et origine

Dès le milieu du XIXème siècle, des médecins allemands contribuèrent à répandre dans le monde l’usage médicinal de la canneberge pour prévenir et traiter les infections urinaires, usage qui fut délaissé après la 2ème guerre mondiale avec l’apparition des antibiotiques de synthèse. On a cependant recommencé à s’intéresser aux vertus médicinales de ces baies dans les années 1960 lors des premières résistances aux antibiotiques.

La baie de Canneberge est cultivée aux Etats-Unis depuis le début du XIXème siècle. Les amérindiens qui l’appelaient Imbi ou Atoka, maîtrisaient déjà l’usage de ces baies sauvages et de leurs qualités thérapeutiques. Ils feront découvrir ce fruit riche en composés phytochimiques aux premiers colons et navigateurs transatlantiques qui l’utiliseront comme traitement préventif contre le scorbut pendant plus de deux siècles. Elle est utilisée depuis longtemps dans le traitement des infections urinaires.

Composition chimique

– Acides organiques : (pH moyen de 2,5 ≈ citron) : citrique, quinique (peu courant dans les fruits), malique, oxallique, ellagique, shikimique ; acides organiques glucosyles dont le benzoyl-1-O-β-D-glucose et le benzoyl-6-O-β-D-glucose

 – Flavonoïdes / polyphénols : anthocyanines (3-O-galactoside peonidine, 3-O-galactoside cyanidine, 3-O-arabinoside cyanidine, 3-arabinoside peonidine), proanthocyanidines (PAC) de type A+++ et flavonols (kaempferol, quercetine, myricetine)

 – Fructose et glucose

Principales propriétés 

Activités préventives dans les infections urinaires à colibacilles

 L’AFSSA considere que la canneberge conduit a une diminution de la fréquence des infections urinaires dues à certains E. Coli uropathogenes présentant des P-fimbrae (pili de type P), chez des femmes adultes.

– La canneberge semblerait avoir un pouvoir acidifiant sur le pH urinaire via sa haute teneur en acides, ce qui inhiberait le developpement de bacteries E. Coli qui proliferent en pH neutre.

 – Inhibitrice de l’adhérence d’E. Coli

Plus récemment, les recherches ont permis de montrer que la canneberge agit en inhibant l’adherence de certaines bacteries E. Coli4. D’une part en diminuant la synthèse de la paroi bacterienne et celle des protéines d’adhésion au niveau des pili de type P. Ces inhibitions, entrainant une diminution de l’adhérence des bactéries sur les parois des voies urinaires, sont dues à la présence de ses proanthocyanidines de type A (PAC)(5).

Le fructose a également une action sur l’adhérence de bactéries. Il rentre en competition avec les sucres, D-mannoses, qui tapissent les parois vaginales, vésicales, périneales et auxquelles s’accrochent normalement les E. Coli avec des pili de type 1 (6).

 Ainsi le fructose, en remplacant le mannose, permet l’élimination des bactéries par les voies descendantes.

– Propriété anti-lithiasique (7)

 L’équipe de Gettman a réalisé une étude sur 12 patients avec des antécédents de calculs d’oxalate de calcium. L’ingestion de 1L de jus de canneberge pendant 7 jours a permis de montrer une diminution du pH urinaire de 5,97 a 5,67, une augmentation significative du calcium et de l’oxalate urinaire et une légère augmentation de la concentration urinaire en ions magnesium et ammonium.

Le jus de canneberge augmenterait donc le risque de lithiase d’oxalate de calcium tandis qu’il diminuerait le risque de lithiase phosphocalcique.

– Propriétés antibactériennes et antivirales

 – Inhibitrice de l’adhérence de H.pylori (8, 9)

La canneberge in vivo et in vitro diminue l’adhérence de la bactérie Helicobacter pylori (responsable des ulceres) a la muqueuse gastrique, d’où son utilisation dans la prévention des ulcères gastriques (8). Cette propriete est due à certains composants de la canneberge, les NDM (Non Dialysable Material), molécules de haut poids moléculaire (9).

– Inhibitrice de la plaque dentaire (10, 11, 12)

L’équipe de Weiss et al. rapporte qu’un des composants du jus de canneberge, le NDM, a la capacité d’empêcher la coaggregation de certaines bactéries responsables de la plaque dentaire et de maladies parodontales. D’autres études ont suivi, demontrant que les NDM de la canneberge inhibent l’adhesion d’un grand nombre d’espèces bactériennes. Ces études in vitro sont confortées par l’étude clinique de 2004 démontrant qu’après un traitement quotidien de 6 semaines avec un rince bouche contenant les constituants de la canneberge, il y a une diminution significative du nombre de bactéries

dans la salive. Les NDM extraits de la canneberge agissent donc comme des agents anti-biofilm sans modifier la flore buccale.

– Antiviral

In vitro, la canneberge a des proprietes antivirales sur des virus d’espèces différentes : rotavirus de primate SA-11, bactériophages T2 et T4(13). L’equipe de Weiss et al. a montré que les NDM extraits de la canneberge inhibent l’adherence du virus de la grippe aux cellules hôtes et permet ainsi de bloquer sa contamination(14).

Propriété anti-oxydantes

– Activité anti-cancéreuse (15, 16)

Les proprietes anti-cancéreuses de la canneberge ont été comparées à d’autres composants naturels. In vitro, les extraits phytochimiques de la canneberge inhibent plus efficacement la croissance des cellules cancereuses.

– Activité cardiovasculaire (17, 18)

La canneberge previendrait des maladies cardiovasculaires athérosclérotiques. Elle modifie certains paramètres sanguins (augmentation des HDL, diminution des LDL oxydees). L’équipe de Ruel et al. a montré qu’il y a une diminution significative des LDL oxydées (responsables du developpement de l’atherosclérose) chez des hommes ayant pris une supplémentation en jus de canneberge pendant 14 jours.

Effets secondaires

Aucun effet secondaire connu.

Contre-indication

Aucune.

Précautions d’emploi

. Chez les personnes avec hyperuricémie ou antécédents de lithiase urique (l’acidification des urines par la canneberge pourrait faciliter l’apparition de calculs renaux)

. Chez les diabétiques due a la présence des sucres du fruit

Principales indications

> Inhibition de l’adhésion bactérienne :

– Prevention des colibacilloses urinaires recidivantes

– Prevention des ulceres dus a Helicobacter pylori

– Prevention des parodontopathies et de ses surinfections

> Calculs rénaux de type phosphocalcique

 – Diminution des LDL oxydées

Comment la prescrire

En préparation magistrale

Préparation d’Extraits fluides de Plantes fraîches Standardisés en solution glycérinée (EPS)

Prévention des colibacilloses récidivantes :

2/3 Canneberge + 1/3 Piloselle

2 cac/jour, 5 jours sur 7, ou 20 jours/mois en continu

– dans un verre d’eau ou

– dans 1L d’eau a boire dans la journee

6 mois, a renouveler selon la clinique

> Prévention des colibacilloses récidivantes en fonction du terrain

– Sur terrain colitique :

Canneberge + Echinacee aa (+ Melisse si spasmes)

– Chez une femme menauposee (avec hypoestrogenie)

2/3 Canneberge + 1/3 Sauge (+ Melisse si spasmes)

2 cac/jour, 5 jours sur 7 ou 20 jours/mois en continu, dans un

verre d’eau ou dans 1L d’eau a boire dans la journee, 6 mois,

a renouveler selon la clinique.

> Prévention des récidives de lithiase phosphocalcique :

Canneberge + Tribulus aa

1 a 2 cac/jour, pendant 30 jours, dans un verre d’eau ou si

possible dans 1L d’eau a boire dans la journee.

> Parodontopathie, prévention de la plaque dentaire :

Canneberge + Echinacee aa

si hyposialie associee :

Canneberge + Echinacee + Gentiane aa

1 cac/jour, 5 jours sur 7, a garder en bouche 30 sec avant

d’avaler, 3 mois, a renouveler selon la clinique.

> Prévention des pathologies cardiovasculaires :

Canneberge + Olivier + Curcuma aa

1 a 2 cac/jour, pendant 1 mois, a renouveler selon la clinique.

Sources                                                             

 

1) COESTESQUIS C., Vaccinium macrocarpon Aiton, aspect botanique, analytique et propriétés thérapeutiques, These de pharmacie, 2006.

2) JERRY AVORN et al., Reduction of bacteriuraia and pyuria after ingestion of cranberry juice; JAMA, 1994, 271: 751-754.

3) TERO KONTIOKARI et al., Randomised trial of cranberry-lingonberry juice and Lactobacillus GG dring for the prevention of urinary tract infections in women; BMJ, 2001, 322:1-5.

4) P. DI MARTINO et al., Reduction of Escherichia coli adherence to uroepithelial bladder cells after consumption of cranberry juice : a double-blind randomized placebocontrolled cross-over trial; World Journal of Urology, 2006, 24: 21-27.

5) HOWELL AB, Inhibition of the adherence of P-fimbriated Escherichia coli to uroepithelial-cell surfaces by proanthocyanidin extracts from cranberries; The New England Journal of Medecine, 1998, 339 (19): 1085-1086.

6) ZAFIRI D. et al., Inhibitory activity of cranberry juice on adherence of type 1 and type P fimbriated Escherichia col to eukaryotic cells; Antimicrobial agents and chemotherapy, 1989, 33(1): 92-98.

7) GETTMAN MT. et al., Effect of cranberry juice comsumption on urinary stone risk factors; J Urol, 2005, 174(2): 590-4.

8) ZHANG L. et al., Efficacity of cranberry juice on Helicobacter pylori infection: a double- blind, randomized placebo-controlled trial; Helicobacter,  2005, 10(2): 139-145.

9) OFEK I. et al., Anti-Escherichia coli adhesin activity of cranberry and blueberry juices; N Engl J Med. 1991, 324(22):1599.

10) LIPSON SM. et al., Antiviral effects on bacteriophages and rotavirus by cranberry juice; Phytomedicine, 2007, 14(1): 23-30.

11) WEISS EL et al., juice constituents affect influenza virus adhesion and infectivity;  Antiviral research,  2005, 66(1): 9-12.

12) WEISS EL et al., Inhibiting interspecies co-aggregation of plaque bacteria with a cranberry juice constituent; Journal of the American dental association, 1998, 129: 1719- 1723.

13) STEINBER D. et al., Effect of a highmolecular- weight component of cranberry on constituents of dental film; Journal of antimicrobial chemotherapy, 2004, 54: 86-89.

14) WEISS EL et al., A high molecular mass cranberry constituents reduces mutans streptococci level in saliva and inhibits in vitro adhesion to hydroxyapatite; FEMS microbiology, 2004, 232: 89-92.

15) FERGUSON J.P., A flavonoid fraction from cranberry extracts inhibits proliferation of human tumor cell lines; The journal of nutrition, 2004, 134:1529-1535.

16) JIE SUN et al., Cranberry phytochemical extracts induce cell cycle arrest and apoptosis in human MCF-7 breast cancer cells; Cancer letters, 2006, 241: 124-134.

17) RUEL G. et al., Changes in plasma antioxydant capacity and oxidized lipoprotein levels in en after shortterm cranberry juice consumption; Metabolism, 2005, 54(7): 856-61.

18) RUEL G. et al., Favourable impact of low-calorie cranberry juice consumption on plasma HDL-cholesterol concentrations in men; British journal of nutrition, 2006, 96: 357-364.

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