LA GRANDE ORTIE (Urtica Dioica L.) Propriétés Bienfaits et Indications

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La composition de la racine d’ortie est tout à fait spécifique. Une extraction la plus large possible est à privilégier, notamment pour retrouver ad integrum les fractions hydrophiles de la plante (polysaccharides), responsables entre autres de son activité. Par ailleurs, chaque pathologie évoquée ci-dessus est la résultante de différents facteurs. Afin d’agir sur ces pathologies, il est préférable d’utiliser une médication contenant plusieurs molécules actives.

 

Famille des Urticacées – LA GRANDE ORTIE (Urtica Dioica L.)

 

 Historique et origine 

La grande ortie fut considérée comme panacée au Moyen-Âge, surtout pour les hémorragies. Actuellement, sa racine est très utilisée dans le domaine génito-urinaire.

Botanique

La grande ortie est une plante herbacée, vivace, envahissante, poussant en touffes épaisses et de 60 à 120 cm de haut. Les feuilles sont opposées, acuminées et recouvertes de poils urticants et hérissés. La pointe de ces poils durs et coniques se brise lors d’un contact et injecte les substances urticantes qui y sont contenues (histamine, sérotonine et acétylcholine). Les organes souterrains se présentent sous la forme

de rhizomes cylindriques ramifiés et rampants de couleur jaunâtre et de 3 à 10 mm d’épaisseur, avec de longues racines de 1 à 5 mm d’épaisseur se terminant en un fin chevelu effilé. Nitrophiles et rudérales, elles sont très communes autour des habitations, dans les décombres et les fossés et peuvent pousser jusqu’à 2500 m d’altitude.

Principaux constituants de la racine

> Lectines constituées de plusieurs isolectines,en particulier 0,1 % d’UDA = Urtica Dioica

Agglutinine (qui comporte une chaîne uniquement polypeptidique)

> Polysaccharides : deux glycanes, deux glucogalacturonanes et un arabinogalactane

> Stérols : sitostérol, hydroxysitostérols et leurs glucosides, palmitate du 3-glucosyl sitostérol

> Lignanes : sécoïsolaricirésinol, néo-olivil

> Acides gras : acides octadécanoïques

> Céramides

 

> Tanins

Propriétés pharmacologiques

> Inhibition de la croissance prostatique :

Les extraits hydro-alcooliques contenant les lectines (UDA) et les polysaccharides ont une activité anti-proliférative in vitro sur la croissance du tissu prostatique en bloquant la fixation des facteurs de croissance, EGF et b-FGF, sur leur récepteur (15).

> Activité anti-inflammatoire

Cette activité est essentiellement due aux lectines et aux polysaccharides.

> Les sécoisolaricirésinols inhibent in vitro la liaison entre la testostérone et son transporteur, la SHBG (sex hormon binding globulin) et empêchent cette dernière de se lier à son récepteur (8,16), tout comme les acides gras octadécanoïques, qui sont in vitro fortement inhibiteurs de l’aromatase responsable de la conversion de testostérone en 17-b-oestradiol (9).

> Des études sont en cours pour confirmer l’inhibition mentionnée par plusieurs auteurs de la testostérone-5-a-réductase (11) et d’autres enzymes comme l’HLE (human leukocyte elastase), marqueur de l’inflammation prostatique (9) et l’ATPase Na+/K+ membranaire (agissant sur la croissance des cellules prostatiques) par des stéroïdes lipophiles de la racine d’ortie (7).

> Les polysaccharides interagiraient in vitro avec les lymphocytes T (activité immunomodulante). Les lectines ont également une activité immunomodulante en stimulant la production d’interféron-g par les lymphocytes, et en inhibant

des désordres auto-immuns fréquemment retrouvés dans les prostatites chroniques non spécifiques (13, 15).

> Les tanins associent leurs effets astringents (“décongestion pelvienne”).

> Les fractions hydriques de la racine d’ortie exercent in vivo et in vitro un effet vasorelaxant en provoquant la libération de monoxyde d’azote (NO) dans l’endothélium vasculaire et en ouvrant les canaux potassiques (14). Elles ont un effet inotrope négatif confirmant l’usage traditionnel de la plante dans l’hypertension artérielle dans certains pays (Maroc).

 

Essais cliniques

De nombreuses observations cliniques montrent une diminution de la fréquence mictionnelle, du résidu post-mictionnel, du volume de la prostate, et des taux hormonaux avec des doses d’extraits de 600 à 1200 mg par jour, et sur des durées de 3 à 6 mois, avec amélioration de l’IPSS (International Prostate Symptom Score) (2). En particulier, une étude allemande (4) utilisant une préparation liquide d’ortie contre placebo portant sur 41 patients a mis en évidence une amélioration sensible du score IPSS (- 9,5 points versus – 4,7 ; score initial 18 points) et de l’index de qualité de vie.

Toxicité

 

L’innocuité est parfaite.

 

Indications cliniques

A- Indication principale

Troubles mictionnels chez un patient porteur d’un adénome bénin non compliqué de la prostate. Cette pathologie masculine est fréquente à partir d’un certain âge et il faut interroger soigneusement les hommes de plus de 50 ans à la recherche d’une baisse du volume et de la puissance du flux urinaire, mictions retardées ou impérieuses dues à une

augmentation du résidu post-mictionnel, une nycturie et une pollakiurie diurne. Ces signes sont souvent négligés ou minorés dans leur phase initiale. Or, le traitement sera d’autant plus actif s’il est débuté précocement et poursuivi dans le temps.

B- Autres indications

> Congestion pelvienne avec ou sans varices pelviennes, consécutives à la station assise.

> Inflammations non spécifiques des voies urinaires basses avec congestion du tractus urinaire inférieur en particulier dans les suites ou séquelles de prostatite.

Comment la prescrire?

En préparation magistrale

Extrait fluide standardisé de plantes fraîches

en solution glycérinée

1 c à café chaque matin diluée dans de l’eau.

Cette posologie peut être portée à 2 càc/jour si la symptomatologie clinique la rend nécessaire.

Hypertrophie bénigne de la prostate

ortie ’’racine’’ + marron d’Inde aa

 

 

Acné de l’adolescent du bas du visage et du dos

avec surinfections à répétition :

ortie ‘’racine’’ + bardane aa

> Adolescente hyperandrogénique à cycles longs :

ortie ‘’racine’’ + alfalfa aa

> Adolescente hypoestrogénique et hyperandrogénique

à cycles courts :

ortie ‘’racine’’ + sauge slarée aa

> Alopécie androgénique :

ortie ‘’racine’’ + prêle aa

> Fibrome hémorragique :

ortie ‘’racine’’ + alchémille aa

> Régulation des sécrétions androgéniques de

l’homme avec asthénie matinale, hypertendu :

ortie ‘’racine’’ + cassis aa

> Séquelles de prostatites :

ortie ‘’racine’’ + échinacée aa

 

 

Sources                                    

 

1. BRUNETON J.

Phytothérapie, les données de

l’évaluation.

Ed. Tec & Doc, Paris, 2002.

2. DATHE et al.

Phytotherapie der benignen

Prostatahyperplasie (BPH).

Doppelblind Studie mit Extraktum

Radicis Urticae.

Urologe (B), 1987, 27 (223), 6.

3. DROZ BARTHOLET DAUVILLIERS S.

Les orties urticantes Urtica dioica

& Urtica urens : intérêt dans l’hypertrophie

bénigne de la prostate.

Thèse 1998.

4. ENGELMANN U., BOOS G. ET

KREIS H.

Therapie der benignen

Prostatahyperplasie mit Bazoton

Liquidum.

Urologie [B], 1996, 36, 287-91.

5. FAGELMAN E., LOWE F. C.

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(BPH).

Urol Clin North Am, 2002 Feb; 29

(l): 23-9, vii.

6. FRANKLIN C. LOWE F. C.,

FAGELMAN E.

Phytotherapy in the treatment of

benign prostatic hyperplasia : An

update.

Urology, 1999, 53: 671-78.

7. HIRANO T. et al.

Effects of stinging nettle root

extracts and their steroidal components

or the Na+, K+-ATPase of

the benign prostatic hyperplasia.

Planta Med, 1994, 60 (1): 30-3.

8. HRYB D. J. et al.

The effect of extracts of the roots

of the stinging nettle (Urtica dioica)

on the interaction of SHBG

with its receptor on human prostatic

membranes.

Planta Medica, 1995 Feb; 61 (1):

31-2.

9. KOCH E., SCHWABE W.

Extracts from Fruits of Saw

Palmetto (Sabal serrulata) and

Roots of Stinging Nettle (Urtica

dioica) : Viable alternatives in

the medical treatment of benign

prostatic hyperplasia and associated

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Planta Med, 2001, 67: 489–500.

10. KONRAD L., et al.

Antiproliferative Effect on Human

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1990, 29 (5): 1653 et 1991, 30

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1991, 125 et 335.

12. LENGLEN S.

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dans l’hypertrophie bénigne de la

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Thèse 2000.

13. ROVIRA P. et al.

Major histocompatibility class I

molecules present Urtica dioica

agglutinin, a superantigen of

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1999, 29, 1571-80.

14. TESTAI L. et al.

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2002, 81: 105-9.

15. WAGNER H. et al.

Search for the antiprostatic principle

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dioica) roots.

Phytomedicine, 1994, 1: 213-24.

16. WICHTL M., ANTON R.

Plantes thérapeutiques.

Ed. Tec & Doc, Cachan, 1999.

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