Huile essentielle de Lavande aspic, l’antitoxique par excellence

lavande aspic

Les fleurs de la lavande aspic dégagent un parfum exquis qui fait le délice des abeilles. Lavandula provient du latin lavare, laver, car elle servait à aromatiser le bain et les lessives. Elle entre dans la fabrication de l’eau de Cologne depuis le XVIe siècle ainsi que dans la composition de nombreux parfums actuels. La lavande était également réputée chez les Grecs et les Romains pour parfumer et désinfecter les thermes.

Un peu d’histoire

La lavande aspic était recommandée en médecine arabo-persane par Ibn al-Baytar (XIIIe siècle) en fumigation contre les mauvaises odeurs, ainsi que par voie orale contre l’altération du foie et de la rate, ainsi que pour aider la femme à concevoir grâce à son action réchauffante de la matrice. Elle était aussi réputée traiter les morsures de la vipère aspic auprès des chiens de chasse et des hommes.

En Europe, d’après Cazin (XIXe siècle), la lavande aspic est indiquée dans la nervosité, les insuffisances digestives, les encombrements bronchiques, l’asthme et les rhumatismes, mais en cas d’affections fébriles; en application locale, elle est en effet tonique et résolutive. Fournier (XXe siècle) la considère entre autres par voie orale comme diurétique, cholagogue, carminative, antispasmodique et vermifuge.

Valnet (XXe siècle) recommande l’huile essentielle dans la nervosité, l’insomnie et dans les affections des voies respiratoires, en application locale dans le traitement des plaies, des ulcères, des brûlures, de l’eczéma ainsi que des piqûres d’insectes. Au Maroc, on l’emploie par ailleurs contre les poux et les mites.

Au XIVe siècle, Jean de Gaddesden annonce la vertu diurétique d’une lavande qu’il érige comme spécifique de l’hydropisie. Aussi, quand Schroder, en 1665, écrit que la spica est souveraine pour guérir les maladies nerveuses d’origine psychique et qu’elle calme les spasmes, il est difficile de trancher puisque lavande vraie et lavande aspic sont toutes deux justiciables de ces emplois.

Quelles sont les propriétés pharmacologiques de l’huile essentielle de fleurs de Lavande aspic ?

Propriétés anti-inflammatoire et antalgique :

Le camphre exerce une action antalgique et anti-inflammatoire en application locale et un effet rubéfiant lié à une vasodilatation des vaisseaux périphériques. L’action anti-inflammatoire du 1,8 cinéole a donc été démontré in vitro sur des globules blancs (monocytes) vis-à-vis d’inducteurs de l’inflammation comme les lipopolysaccharides ou l’interleukine-1β.

L’huile essentielle de lavande aspic est également cortison-like dans les eczémas. L’effet antalgique de la lavande aspic est induit notamment grâce au linalol qui exerce une action sur les récepteurs muscariniques, opioïdes et dopaminergiques. On note également une action sur les récepteurs N-Methyl-d-aspartate (NMDA) et sur les récepteurs à glutamate.

Propriétés expectorante et mucolytique :

Ces propriétés sont dues au 1,8 cinéole par effet de stimulation des glandes exocrines des muqueuses respiratoires.

Propriété antispasmodique :

Cet effet se fait par action du 1,8 cinéole sur les muscles lisses de la trachée vis-à-vis de l’acétylcholine. Toutefois, le linalol est également spasmolytique sur les muscles lisses intestinaux et trachéaux, par un mécanisme vraisemblable de stimulation de l’enzyme adénylate cyclase, produisant une augmentation de l’AMPc.

Propriétés antibactérienne et antifongique :

Anti-infectieuse douce contre le staphylocoque doré, l’huile essentielle de lavande aspic est également immunostimulante, virucide et fongicide (active contre des souches de Candida résistantes au fluconazole). De plus, son action antivirale induit par le linalol, montre en effet une forte activité contre les Adenovirus-2 (AVD-II), responsables de pharyngites, pneumonies et gastro-entérites.

Propriété anxiolytique :

Le linalol contenu dans l’huile essentielle de lavande aspic inhibe effectivement la liaison du glutamate dans le cortex cérébral, interfère avec la transmission glutamatergique et supprime la fonction des récepteurs excitateurs du glutamate par inhibition non compétitive dose-dépendante de la liaison de [(3) H] MK801 (antagoniste du NMDA). Le linalolinhibe ainsi la libération d’acétylcholine et réduit le temps d’ouverture des canaux ioniques de la jonction neuro-musculaire (blocage des canaux Na+ et/ou Ca ++).

Autres propriétés :

  • Légère emménagogue
  • Tonicardiaque
  • Huile essentielle d’urgence pour soulager et guérir rapidement les brûlures sévères et les piqûres de guêpe
  • Cicatrisante, vulnéraire, antitoxique
  • Antitumorale, stimule diverses cytokines : IFN-γ, IL-13, IL-2, IL-21, IL-21R, IL-4, IL-6sR, TNF-α, induit la réponse immunitaire de type Th1, inducteur d’apoptose

L’huile essentielle de Lavande aspic requiert-elle des précautions d’emploi ?

  • Usage cutané seul préconisé
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte (abortive) ou allaitante
  • Attention à d’éventuels effets gynécomastiants en usage prolongé. Le linalol empêche la production de testostérone, à éviter au long cours chez les individus de sexe masculin en tant que perturbateur endocrinien
  • Réservée à l’adulte (risque de convulsion chez l’enfant)
  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans l’eau du bain
  • Prudence chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes, épileptiques, asthmatiques, âgées ou atteintes de parkinson, ainsi qu’aux personnes neurosensibles
  • Risque de neurotoxicité pouvant induire des crises épileptiques à hautes doses
  • Ne pas avaler
  • Interdite en usage interne
  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles contenant des sesquiterpènes à plus de 10 %
  • Interdite chez les animaux
  • Éviter en association avec la cortisone, risque d’interaction médicamenteuse, demandez conseil à votre pharmacien
  • Ne pas utiliser sur une période prolongée, au risque de mettre au repos l’axe hypophyso-surrénalien et de subir une insuffisance surrénalienne aiguë à l’arrêt de la prise de l’huile essentielle
  • Éviter d’appliquer l’huile essentielle de lavande aspic le soir (ou avant toute période de repos)
  • Déconseillée chez les personnes souffrant d’ostéoporose, en raison du risque de décalcification inhérent

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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