L’accompagnement de la maladie d’Alzheimer par les plantes médicinales

La maladie d’Alzheimer, principale cause de démence dans le monde, représente un enjeu de santé publique majeur. En France, elle touche près d’un million de personnes, avec une prévalence croissante avec l’âge. Cette pathologie neurodégénérative affecte progressivement la mémoire, les fonctions cognitives et l’autonomie des individus, bouleversant non seulement la vie des patients, mais aussi celle de leurs proches. Comprendre les mécanismes de la maladie, son évolution, ainsi que les approches thérapeutiques disponibles — y compris les pistes naturelles — est essentiel pour mieux accompagner les personnes atteintes et envisager des stratégies de prévention efficaces. Cet article vous propose une plongée complète au cœur de la maladie d’Alzheimer, de son histoire à ses traitements, en passant par les conseils naturopathiques les plus prometteurs.

Deux types de lésions cérébrales sont caractéristiques de la maladie d’Alzheimer

1- Des plaques amyloïdes ou séniles :

Ces plaques se situent au niveau du néocortex et de l’hippocampe. Elles sont dues notamment à l’accumulation extracellulaire d’un peptide bêta-amyloïde qui conduit à la mort du neurone par nécrose.

2- Une dégénérescence neurofibrillaire intracellulaire :

Cette dégénérescence est en effet consécutive à l’accumulation anormale d’un dérivé de la protéine tau qui conduit en conséquence à la mort du neurone.

Par ailleurs, on a mis en évidence une baisse des capacités de synthèse de l’acétylcholine au niveau du néocortex et de l’hippocampe ainsi qu’un excès de stimulation des récepteurs NMDA (N-méthyl-D-aspartate) par du glutamate.

Le cerveau d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer diminue par conséquent en poids de 8 à 10% tous les 10 ans contre 2% chez un sujet sain.

Évolution et symptômes de la maladie d’Alzheimer

La maladie évolue en trois stades :

1- Stade léger ou précoce de la maladie d’Alzheimer :

  • Amnésie des faits récents
  • Difficulté à apprendre et à retenir de nouvelles informations
  • Dépression

2- Stade modéré ou intermédiaire de la maladie d’Alzheimer avec troubles :

  • Dans l’organisation et la réalisation de certaines tâches
  • Du langage (oublis de mots)
  • Dans le gestes complexes (utiliser une machine à laver, un appareil photo, etc.)
  • De la reconnaissance visuelle (visage, panneaux routiers, etc.)
  • De la mémoire

3- Stade avancé ou sévère de la maladie d’Alzheimer :

  • Incapacité à se déplacer, se nourrir, effectuer des activités quotidiennes de manière autonome
  • Perte totale de la mémoire (faits anciens et récents)
  • Problèmes psychiatriques avec hallucinations, troubles du sommeil, délire

Le malade nécessite une hospitalisation dans un établissement de long séjour. Dans un stade très avancé, la maladie devient mortelle. 

Un peu d’histoire :

Aloïs Alzheimer était un neuropsychiatre allemand (1864-1915). Le nom d’Aloïs Alzheimer est lié à la maladie dont il décrivit pour la première fois les symptômes en 1906, lors de la 37e Conférence des psychiatres allemands. C’est le professeur Emil Kraepelin qui proposa par la suite de désigner ce type de démence par le nom de son collègue.

Né le 14 juin 1864, dans la petite ville bavaroise de Markbreit, au sud de l’Allemagne, Alzheimer suit de brillantes études de médecine à Berlin, Würzburg et Tubïngen, dont il sort licencié en 1888. La même année, il commence à travailler à l’hôpital psychiatrique de Francfort. C’est là qu’est internée, le 25 novembre 1901, une femme de 48 ans, dénommée Auguste D. ; Alzheimer l’interroge, l’observe et note par écrit les détails de son histoire clinique. Cinq ans plus tard, à la mort d’Auguste D., Alzheimer qui a entre-temps rejoint Kraepelin à Munich pratique l’autopsie du cerveau de son ancienne patiente.

Utilisant la technique histologique d’imprégnation argentique, il met en évidence les deux types de lésions cérébrales caractéristiques de la maladie qui fera sa renommée : dégénérescence fibrillaire et plaques séniles. Au cours de ses années à Francfort et à Munich, Alzheimer publie près de 70 travaux de recherches sur divers sujets :démence vasculaire, déficience mentale, delirium, histopathologie de la psychose, etc.

En 1912, il est nommé directeur de la clinique psychiatrique de l’université Freidreich-Wilhelm de Breslau (aujourd’hui Wroclaw, en Pologne). Il est alors à l’apogée de sa carrière. Mais le neuropsychiatre est bientôt touché par une infection qui dégénère. Il meurt le 15 décembre 1915.

Quelques conseils naturopathiques afin de prévenir la maladie d’Alzheimer

Il a été récemment mis en évidence que cinq facteurs pouvaient retarder le déclenchement de la maladie :

  • Maintenir un lien social
  • Ne pas quitter son activité professionnelle trop tôt
  • Rester curieux
  • Garder l’envie d’apprendre
  • Limiter le stress et les contrariétés (ils engendrent un pic de sécrétion de cortisol néfaste aux neurones)

Quelques plantes médicinales de soutien dans la maladie d’Alzheimer

Il existe des plantes médicinales agissant contre la démence, appartenant à la famille des anticholinestérasiques. Ces plantes inhibent le fonctionnement d’une enzyme; la cholinestérase, qui elle-même dégrade l’acétylcholine. L’effet positif dans la maladie d’Alzheimer repose sur l’hypothèse d’un déficit cérébral en acétylcholine chez certains malades atteints de cette maladie :

  • Safran :

Le safran est indiqué dans les démences séniles et les désordres neurodégénératifs accompagnés d’une diminution de la mémoire. Il inhibe l’agrégation et la déposition de la protéine béta-amyloïde et améliore les symptômes de la maladie d’Alzheimer débutante. On ne note pas de différence significative avec le donepezil, mise à part qu’il y a moins de vomissements avec le safran.

  • EPS de racines d’Astragale :

Les composants actifs de l’Astragale réduisent les déficits cognitifs dans la maladie d’Alzheimer et exercent un effet neuroprotecteur en réduisant la surcharge en fer dans le cerveau. Ils inhibent également l’accumulation de plaques β-amyloïdes et peuvent fournir une nouvelle approche pour le développement de médicaments contre la maladie d’Alzheimer.

  • Lycopode :

L’huperzine A, un alcaloïde que contient le lycopode, pourraient être utilisé dans le traitement des myasthénies et de certains troubles de la mémoire. Cet alcaloïde est un inhibiteur des cholinestérases plus puissant que la prostigmine. Elle semble plus efficace que le donépézil et la rivastigmine, avec une plus longue durée d’action.

  • EPS de Fumeterre :

La fumeterre est un inhibiteur de l’acétylcholinestérase qui possède beaucoup de potentialités dans la maladie d’Alzheimer.

  • EPS de Réglisse :

La glabridine contenue dans la réglisse est active dans la stimulation de la mémoire, avec effet anticholinergique et de fait, un effet potentiel dans la maladie d’Alzheimer.

  • EPS de Ginkgo :

Le ginkgo est un neuroprotecteur possédant des effets potentiels dans la démence sénile ou la maladie d’Alzheimer. Il est notamment comparable au donépézil.

  • Sauge officinale :

La sauge améliore les fonctions cognitives chez les malades atteints d’Alzheimer. Elle inhibe de fait la cholinestérase et améliore la mémoire.

  • Fruit sec du Badianier de Chine / Anis étoilé :

L’anis étoilé possède une activité anticholinestérasique prometteuse ainsi que butyrylcholinestérasique par le trans-anéthole qu’il contient.

  • Huile essentielle d’Estragon :

Cette huile possède une activité anticholinestérasique intéressante. Les médicaments permettant d’augmenter l’activité cholinergique au niveau du système nerveux central sont notamment utilisées pour traiter la démence de type Alzheimer; il existe en effet une diminution des neurones cholinergiques au niveau du cortex et de l’hippocampe chez les patients atteints de ce type de démence. Les inhibiteurs de la cholinestérase entraînent une augmentation des niveaux d’acétylcholine au niveau des synapses neuronales en inhibant l’enzyme responsable de la dégradation de l’acétylcholine favorisant ainsi une augmentation de la transmission cholinergique.

  • Feuille de Théier :

Le thé vert possède également une activité anticholinestérasique bien connue.

Face à la complexité et à la progression inéluctable de la maladie d’Alzheimer, la recherche médicale et les approches complémentaires continuent d’explorer des voies pour freiner son évolution et améliorer la qualité de vie des patients. Si aucun traitement curatif n’existe à ce jour, certaines substances naturelles, issues notamment de la phytothérapie, offrent un espoir en soutenant les fonctions cognitives et en retardant les symptômes. Couplées à une bonne hygiène de vie, à un engagement social et intellectuel régulier, ces solutions peuvent constituer une approche préventive précieuse. Enfin, il est important de rappeler que chaque avancée dans la connaissance de cette maladie, à l’image des travaux d’Aloïs Alzheimer, contribue à mieux comprendre les enjeux neurologiques et à soutenir l’élan collectif dans la lutte contre cette pathologie dévastatrice.

FAQ sur l’accompagnement de la maladie d’Alzheimer par les plantes médicinales

Les plantes médicinales peuvent-elles guérir la maladie d’Alzheimer ?

Les plantes médicinales ne permettent pas de guérir la maladie d’Alzheimer, mais elles peuvent offrir un soutien complémentaire aux traitements allopathiques en aidant à ralentir certains symptômes et à améliorer la qualité de vie.
Elles agissent principalement par des effets neuroprotecteurs, antioxydants, anti‑inflammatoires ou anticholinestérasiques, ce qui en fait des alliées possibles dans une prise en charge globale, à condition d’être utilisées sous surveillance médicale.

Quelles sont les plantes les plus étudiées dans la maladie d’Alzheimer ?

Parmi les plantes médicinales les plus étudiées dans la maladie d’Alzheimer, on retrouve le ginkgo biloba, le curcuma, le ginseng, le safran, ainsi que certaines plantes riches en alcaloïdes anticholinestérasiques.
Ces plantes intéressent particulièrement les chercheurs en raison de leurs propriétés neuroprotectrices, de leur capacité potentielle à moduler les plaques amyloïdes, à réduire l’inflammation cérébrale et à soutenir les fonctions cognitives.

Comment agissent les plantes anticholinestérasiques en cas de maladie d’Alzheimer ?

Les plantes anticholinestérasiques contiennent des composés capables d’inhiber l’enzyme cholinestérase, responsable de la dégradation de l’acétylcholine, un neurotransmetteur clé de la mémoire et de l’apprentissage.
En ralentissant la dégradation de l’acétylcholine, ces plantes peuvent contribuer à améliorer la transmission cholinergique dans certaines zones du cerveau et ainsi soutenir temporairement certaines fonctions cognitives chez les personnes atteintes de démence de type Alzheimer.

Le safran fait-il partie des plantes utiles dans la maladie d’Alzheimer ?

Le safran est l’une des plantes médicinales les plus prometteuses pour l’accompagnement de la maladie d’Alzheimer, grâce à ses propriétés antioxydantes, anti‑inflammatoires et neuroprotectrices.
Des travaux suggèrent qu’il pourrait inhiber l’agrégation de la protéine bêta‑amyloïde et améliorer certains symptômes cognitifs dans les formes débutantes, ce qui justifie son intégration possible dans une stratégie de phytothérapie encadrée.

Le ginkgo biloba est-il vraiment intéressant pour la mémoire et la démence ?

Le ginkgo biloba est traditionnellement utilisé pour soutenir la mémoire, la concentration et la circulation cérébrale, et il fait partie des plantes les plus étudiées chez les personnes présentant un déclin cognitif ou une démence débutante.
Ses extraits standardisés possèdent des propriétés antioxydantes et neuroprotectrices, mais leur utilisation doit être prudente en raison d’un risque potentiel d’interactions (notamment avec les anticoagulants) et nécessite l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Les plantes médicinales suffisent-elles à prévenir la maladie d’Alzheimer ?

Les plantes médicinales peuvent s’intégrer dans une démarche de prévention du déclin cognitif, mais elles ne garantissent pas à elles seules d’éviter la maladie d’Alzheimer.
Une stratégie efficace repose sur un ensemble de facteurs : hygiène de vie globale, activité physique régulière, stimulation intellectuelle, lien social, alimentation équilibrée et, en complément, certaines plantes de soutien choisies avec un professionnel de santé.

Existe-t-il des risques ou des contre-indications avec les plantes en cas de maladie d’Alzheimer ?

Oui, comme tout traitement à base de plantes, l’usage des plantes médicinales dans la maladie d’Alzheimer peut présenter des effets indésirables ou des interactions médicamenteuses, en particulier chez les personnes âgées polymédiquées.
Il est donc essentiel de toujours demander conseil à un médecin ou à un pharmacien, d’éviter l’automédication et de privilégier des extraits de qualité, au bon dosage et adaptés à l’état de santé global de la personne.

Comment intégrer la phytothérapie dans un accompagnement global de la maladie d’Alzheimer ?

La phytothérapie peut être intégrée comme approche complémentaire aux traitements conventionnels, en collaboration avec l’équipe médicale, pour soutenir la mémoire, la gestion du stress ou la qualité du sommeil.
Elle gagne à être associée à une hygiène de vie adaptée, à un suivi régulier et à un accompagnement des aidants, afin de proposer une prise en charge globale respectueuse de la sécurité et des besoins spécifiques de chaque patient.

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