Aromathérapie et cancers hormonodépendants

cancers hormonodépendants

Les cancers hormonodépendants constituent un problème majeur de santé publique. Ce sont les cancers les plus fréquents en France chez la femme (cancer du sein) comme chez l’homme (cancer de la prostate) avec environ 42 000 nouveaux cas de chaque par an. Du fait des progrès de la thérapeutique et du dépistage, le taux de mortalité pour le cancer du sein a baissé d’environ 40 %. Mais le nombre total de décès ne diminue que très peu du fait de l’augmentation du nombre de cas. Le cancer du sein reste en France la première cause de mortalité par cancer chez la femme.

Qu’est-ce qu’un cancer hormonodépendant ?

Un cancer est hormonodépendant ou hormonosensible lorsque des hormones jouent un rôle dans la prolifération des cellules cancéreuses. Les tumeurs hormonodépendantes se forment en particulier dans des tissus dont le fonctionnement est normalement régulé par des hormones.

Dans la majorité des cas, les hormones sexuelles ont une action cancérigène si les cellules de la tumeur présentent à leur surface une quantité anormale de récepteurs spécifiques. On dit alors que ces cellules ont développé une hypersensibilité aux hormones. Lorsque l’hormone se fixe à ce type de cellules, elle stimule leur multiplication, ce qui favorise le développement d’une tumeur. L’hormone n’a en revanche aucun effet sur les cellules cancéreuses dépourvues du récepteur spécifique.

Comment se développe un cancer hormonodépendant ?

L’exposition prolongée aux œstrogènes est un facteur qui favorise le développement de certains cancers, en particulier les cancers du sein. La stimulation de la croissance cellulaire par l’activation chronique des récepteurs des œstrogènes est le mécanisme le plus souvent évoqué. Depuis quelques années, certains métabolites génotoxiques de l’œstradiol, en particulier les catéchols et leurs dérivés quinoliques, sont suspectés comme agents de tumorigenèse. Ces différents métabolites n’ont toutefois pas la même toxicité et, tout facteur exogène, comme certains polluants, ou endogène comme les œstrogènes eux-mêmes, susceptible de modifier l’activité des enzymes les produisant, pourrait jouer un rôle dans la pathogénie de ces cancers hormonodépendants.

Les traitements hormonaux (contraception et traitements hormonaux de la ménopause ont un effet promoteur sur des lésions préexistantes : l’augmentation de risque de faible amplitude disparaît progressivement à l’arrêt du traitement).

La contraception hormonale augmente un peu le risque pendant l’utilisation mais le nombre de femmes concerné est très faible jusqu’à > 40 ans (âge où on ne prescrit plus la contraception oestroprogestative).

La grossesse est protectrice si précoce mais augmente le risque si tardive.

Un peu d’histoire

Le cancer est une maladie décrite depuis l’Antiquité, dont le nom a été donné par le médecin grec, Hippocrate. En observant l’aspect de certaines tumeurs qui présentent des prolongements rappelant les pattes d’un crabe, il les a nommées pour la première fois par les noms grecs de « karkinos » et « karkinoma » (cancer et carcinome).

Huiles essentielles hormon-like et cancers hormonodépendants

Certaines huiles essentielles, comme la sauge officinale (Salvia officinalis) présentent une action hormon-like, c’est–à-dire qu’elles vont mimer l’action de certaines de nos hormones. Ces huiles essentielles sont donc à manipuler avec la plus grande précaution dans le cadre de cancers hormonodépendants.

Les huiles essentielles riches en sesquiterpènes, sesquiterpénols et éthers possèdent une structure moléculaire proche des hormones naturelles produites par le corps humain telles que les œstrogènes, la progestérone, la cortisone, etc. Elles miment ainsi l’activité de ces hormones, d’où le terme « hormone – like ». Les femmes enceintes, les enfants, ainsi que les personnes souffrant de pathologies ou de cancers ou antécédents hormonodépendants (mastose, fibrose, fibrome, cancer de la prostate, etc.) ne doivent pas utiliser ces huiles essentielles.

Certaines molécules présentes dans ces huiles essentielles, possèdent une similarité de conformation spatiale avec certaines hormones humaines. C’est le cas des molécules qui se lient notamment aux récepteurs hormonaux féminins, elles sont dites « œstrogen-like »; comme le trans-anéthol, le sclaréol, et l’α-humulène, etc. La première, un phénol méthyl-éther, se trouve en grande quantité dans les huiles essentielles de Pimpinella anisum (anis vert), Foeniculum vulgare (fenouil), Illicium verum (badiane). Le sclaréol ne se rencontre cependant que dans l’huile essentielle de Salvia sclarea (sauge sclarée), et l’α-humulène dans celle de Humulus lupulus (cônes de houblon).

Ces huiles essentielles sont à privilégier pour les femmes (risque théorique d’atrophie testiculaire chez l’homme). Elles sont contre-indiquées chez les femmes enceintes (même risque de féminisation d’un fœtus mâle), ainsi que pour toutes les personnes à risque de tumeur hormonodépendante.

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

  • Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, 2014
  • Dr Pascale This, gynécologue endocrinologue à l’Institut Curie (Paris) et de Vincent Goffin, Directeur de recherche à l’Inserm (Paris), 2018
  • Martucci CP, Fishman J. P450 enzymes of estrogen metabolism. Pharmacol Ther, 1993
  • Coumoul, Xavier ; Barouki, Robert ; Génotoxicité des métabolites des œstrogènes et cancers, Med Sci (Paris), 2002
  • Weisburger, J. H., & Williams, G. M. The distinction between genotoxic and epigenetic carcinogens and implication for cancer risk. Toxicological Sciences, 2000

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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