Huile essentielle d’Immortelle, symbole d’amour et de pérennité

Les fleurs jaune d’or de l’immortelle étaient appréciées des Anciens, les Grecs en faisaient le symbole de l’amour. Elle était réputée cicatriser les plaies des guerriers et dégager les bronches. Tombée en désuétude au siècle dernier, tout juste bonne à brûler les soies des porcs ou faire du feu, voire considérée comme invasive, on en redécouvre aujourd’hui ses propriétés exceptionnelles. Le nom « Immortelle » viendrait de la longévité exceptionnelle de ces fleurs couleur or qui ne fanent pas, même dans les bouquets séchés.

Un peu de mythologie

Selon l’Odyssée (Homère), Ulysse, le héros de la mythologie grecque, fit naufrage sur une île. Il rencontra finalement une femme du nom de Nausicaa (fille du roi des Phéaciens, qui recueillit Ulysse sur l’ordre de la déesse Athéna) qui était presque aussi belle qu’une déesse. En conclusion son secret de beauté tenait à l’usage d’huile d’Hélichryse Italienne.

La mythologie grecque associe l’immortelle au dieu Apollon, dont on raconte qu’il se coiffait parfois de ses fleurs jaunes pour rappeler, à tous, sa propre immortalité.

En effet, Apollon portait une tiare de ces fleurs que l’on surnomme parfois immortelles quand il rendait ses oracles, mais également pour affirmer et rappeler son statut d’être immortel. Il est bien connu que sur la tête des dieux les fleurs jamais ne flétrissent. Aussi, quoi de mieux que l’immortelle pour assurer cette fonction ? Mais cela est d’autant plus pertinent du fait que l’hélichryse s’appelle immortelle parce-que, une fois coupée, elle semble encore douée de ses forces vives. C’est pour cette raison qu’on aura confectionné des couronnes de fleurs d’hélichryse pour les déposer sur la tête des statues figurant les divinités. Un usage relaté par Pline et Dioscoride et, bien avant, par Théophraste. Selon lui, la couronne d’hélichryse apportait gloire et bonne renommée.

Helios, le soleil, semble lui aussi inscrit dans son nom. Quant à la seconde fraction du nom de l’hélichryse, elle provient d’un mot grec – chrysos – qui signifie doré et sacré. Quand on sait que cette plante fut l’un des nombreux attributs d’un dieu solaire traversant les cieux juchés sur un char flamboyant, on comprend mieux à quelle dimension renvoie le nom de l’hélichryse.

Un peu d’histoire

Pline l’ancien (Ier siècle) rapporte dans son Histoire naturelle que l’immortelle résout les duretés et les inflammations, soulage les brûlures en application locale, les douleurs lombaires et les morsures de serpent par voie orale.

On désinfectait également l’air à l’aide de l’immortelle au cours de l’épidémie de grippe espagnole.

En Chine, elle symbolise en outre la mémoire des morts dont le souvenir reste longtemps après leur décès. Quant au Royaume-Uni, l’Immortelle a en effet été utilisée en 1952 comme ornement pour la couronne d’Elisabeth II d’Angleterre comme symbole de pérennité pour son règne.

Quelles sont les propriétés pharmacologiques de l’huile essentielle de fleurs d’Immortelle  ?

Propriété sur la circulation sanguine :

L’huile essentielle d’hélichryse possède en effet un impact vasculaire majeur, c’est LA plante de la circulation sanguine pour ses propriétés anticoagulante, fluidifiante sanguine (active dans la microcirculation artérielle), spasmolytique vasculaire (vaso-coronaro-dilatatrice), pré-infarctus et fibrinolytique.

Propriété anti-hématome :

Plusieurs études cliniques ont montré lors de chirurgie esthétique ou plastique de la face, du cou ou du thorax une réduction des œdèmes et des ecchymoses. Le curcumène a une action hémostatique, il élimine de fait les caillots de fibrine.

Dotée d’une puissante activité anti hématome (supérieure à celle de l’arnica par voie locale), les propriétés anti-ecchymotiques de cette huile essentielle s’expliquent notamment par la présence de bêtadiones (italidiones I, II, III) qui facilitent leur résorption ultra rapidement par un mécanisme de chélation de la fibrine. Les propriétés anti-hématomes des bêtadiones seraient ainsi liées au passage de la forme dionique à la forme énolique (équilibre entre les deux formes).

Propriété cicatrisante :

Cicatrisante cutanée, l’immortelle agit sur les hématomes récents, anciens, ainsi qu’avec plaie, mais aussi sur les blessures ou les interventions chirurgicales.

Propriété anti-inflammatoire :

Largement démontré dans des tests d’inflammation aiguë ou chronique in vitro ou in vitro, l’huile essentielle d’immortelle inhibe les voies de la cyclooxygénase et de la 5-lipoxygénase, ainsi que les facteurs pro-inflammatoires comme l’interleukine (IL-1b) et le facteurs TNF-α.

Propriété antimicrobienne :

Antibactérienne, l’huile essentielle réduit notamment la résistance des bactéries (Pseudomonas aeruginosa, Enterobacter aerogenes, Escherichia coli, ainsi qu’Acinetobacter baumanii) aux antibiotiques comme les β-lactamines ou les quinolones en inhibant les pompes à efflux qui rejettent le médicament hors de la bactérie. L’immortelle est également antivirale; un extrait éthéré de l’huile essentielle est actif sur le virus de l’herpès dans un test in vitro. Son effet antifongique, quant à lui, a été démontré sur plusieurs souches de Candida albicans.

Autres propriétés :

  • Mucolytique, anti catarrhale, expectorante
  • Insuffisances hépatiques légères
  • Antidiabétique
  • Hypocholestérolémiante
  • Anti-âge, l’huile essentielle d’Helichrysum italicum inhibe les activités de la collagénase et de l’élastase, effet comparable à celui de l’acide oléanolique, triterpène pentacyclique protecteur de la peau
  • Anti-allergique
  • Antiproliférative
  • Antimutagène, surtout en mélange à parties égales entre Helichrysum italicum, Ledum groenlandicum, Ravensara aromatica

L’huile essentielle d’Immortelle requiert-elle des précautions d’emploi ?

  • Contre-indiquée chez la femme enceinte (abortive) ou allaitante
  • Réservée à l’adulte
  • Ne pas avaler
  • Ne jamais dépasser la posologie de 3 gouttes 2 fois par jour en usage externe (soit pas plus de 6 gouttes)
  • Éviter chez les patients sous anticoagulants, interactions vraisemblables avec les antiagrégants
  • Pas d’usage prolongé
  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans le bain
  • Interdite en usage interne
  • Contenant des cétones et des sesquiterpènes, risque d’auto toxicité par interactions moléculaires
  • Interdite aux animaux
  • Dermocaustique, révulsive cutanée à l’état pur, dilution requise
  • Ne pas associer avec la cortisone, risque d’interaction médicamenteuse, demandez conseil à votre pharmacien
  • Prudence chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes, épileptiques, asthmatiques, âgées ou atteintes de parkinson, ainsi qu’aux personnes neurosensibles
  • Risque de neurotoxicité pouvant induire des crises épileptiques à hautes doses
  • Usage cutané seul préconisé

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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