Le marron d’Inde, plante circulatoire, muse du Dr Bach

marron d'inde

L’histoire européenne du marron d’Inde est relativement récente, cet arbre n’ayant été implanté que tardivement en Europe, il est donc malaisé d’en retracer l’historique complet sachant qu’il provient des Balkans, du nord de la Grèce, de la Turquie, du Caucase et du nord de l’Inde.

Un peu d’histoire

En 1565, le médecin flamand Guillaume Quackelbeen, qui se trouve alors à Constantinople, expédie des rameaux et des fruits de cet arbre en Italie, chez Matthiole qui en fera la description et la figuration. Une dizaine d’années plus tard, on procède à ce qui peut être considéré comme la première plantation de marronniers à Vienne. Il y a quatre siècles, il apparaît en France, à Paris, par les bons soins du Dr Bachelier qui adresse lui aussi des marrons de Constantinople.

Il prend pied à Strasbourg en 1691 et, au XVIIIe siècle il se répand rapidement à de nombreux pays européens, y compris en Grande-Bretagne où le Dr Bach aura le loisir de le rencontrer au début du XXe siècle afin d’en concocter certaines de ses célèbres fleurs de Bach, White Chestnut et Chestnut Bud.

L’adjectif latin qui le qualifie, hippocastanum (c’est-à-dire « châtaigne de cheval ») fait directement référence à un usage vétérinaire prôné par les Turcs. L’histoire raconte que le marron s’utilise depuis longtemps pour guérir les chevaux poussifs. Le nom latin est donc marqué de cette anecdote mais on n’a semble-t-il pas exploité cette propriété en Europe.

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques des graines de Marron d’Inde ?

Propriétés anti-inflammatoires, anti-exsudatives et anti-œdémateuses :

Les propriétés anti-œdémateuses, anti-inflammatoires et veinotoniques de l’aescine sont principalement liées à un mécanisme moléculaire qui permet une meilleure entrée des ions dans les canaux, augmentant ainsi la tension veineuse dans les conditions in vitro et in vivo.

Le marron d’Inde favorise en effet la sécrétion des prostaglandines F2α, et exercent une activité corticomimétique, ce qui renforcerait son activité anti-inflammatoire.

Propriétés antiradicalaires et antioxydantes :

In vitro, l’extrait de marron d’inde exerce notamment une forte activité de piégeage des différentes formes d’oxygène actif tels que l’anion superoxyde, le radical hydroxyle, l’oxygène singulet et les peroxydes de lipides. Il protège contre les dommages cellulaires qu’ils induisent.

Quatre isomères majeurs d’aescine ont été mis en évidence dans les extraits de graines de marron d’Inde. La teneur la plus élevée en aescine détenant le potentiel antioxydant le plus élevé est obtenue avec un extrait méthanolique.

Propriétés protectrices veineuses et capillaires :

  • Au niveau veineux :

L’aescine diminue l’indice de viscosité sanguine, et exerce une action tonique et vasoconstrictrice sur la paroi veineuse. Son mécanisme veinotonique et anti-inflammatoire passe également par une interférence avec les enzymes lysosomiales : in vitro, elle inhibe spécifiquement la hyaluronidase, enzyme impliquée dans le renouvellement des principaux composants de la substance amorphe périvasculaire, et chargée notamment de dégrader l’acide hyaluronique, une glycosaminoglycane largement répandue dans le tissu conjonctif et l’un des principaux composants de la matrice extracellulaire. Elle protège également les protéoglycanes, constituants de la paroi vasculaire.

Un revue de la littérature de 2006 indique que des essais cliniques randomisés en double aveugle et croisés, menés chez des patients souffrant d’insuffisance veineuse chronique pour 4 d’entre eux et de varices pour le cinquième, ont démontré l’efficacité significative de l’administration orale de préparations contenant un extrait de plante fraîche d’Aesculus hippocastanum. Ces essais mettent en évidence une réduction de l’œdème dans la jambe, par le biais d’une mesure pléthysmographique objective, et un soulagement subjectif de la lourdeur, de la douleur, des crampes nocturnes, des tensions et des démangeaisons dans les membres inférieurs. Ces études ont montré que ces extraits sont sûrs, bien tolérés et acceptés, et constituent une véritable possibilité thérapeutique chez les patients présentant une insuffisance veineuse légère à modérée.

  • Au niveau capillaire :

La graine de marron d’Inde augmente la résistance capillaire, est constrictrice capillaire et diminue la filtration transcapillaire, responsable de l’œdème.

Autres propriétés :

  • Normoglycémiante
  • Néphroprotectrice
  • Diurétique
  • Anti-infectieuse
  • Neuroprotectrice
  • Gastroprotectrice

Existe-il des précautions d’emploi concernant le Marron d’Inde ?

Toxicité :

  • Le marron d’Inde contient de l’esculine, un glucoside du groupe des coumarines, toxique à dose élevée.

Contre-indications :

  • L’EMA précise que l’usage du marron d’Inde n’est pas recommandé chez la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez les enfants de moins de 18 ans.
  • Éviter en cas d’allergie au latex.
  • Néphrotoxicité à hautes doses donc contre-indication dans l’insuffisance rénale.

Précautions d’emploi :

  • Arrêter la prise de marron d’Inde 72 heures avant une intervention chirurgicale, pour limiter le risque hémorragique.

Interactions médicamenteuses :

  • Une interaction est possible avec la warfarine et les anti-vitaminiques K, ce qui requiert un suivi médical et une surveillance de l’INR lors de l’introduction et de l’interruption du traitement par un extrait de marron d’Inde.
  • En théorie, l’effet hypoglycémiant du marron d’Inde peut se surajouter à celui de médicaments hypoglycémiants.
  • Possibilité d’interaction avec les plantes et les médicaments anticoagulants.

Comment prendre le Marron d’Inde et à quel dosage ?

Forme sèche :

Forme liquide :

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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