L’homéopathie dans l’acrocyanose et le syndrome de Raynaud

L’acrocyanose se caractérise par une cyanose diffuse et permanente des mains, des doigts, des pieds et des orteils. Cette affection est liée à un spasme vasculaire. Les zones cyanosées sont la plupart du temps froides et moites, il existe par ailleurs une hypersudation diffuse. Ce trouble prédomine chez les femmes. On recherchera avant tout :

  • Des signes de déséquilibre neuro-végétatifs souvent associés (palpitations, migraines, urticaire).
  • Des troubles émotionnels, souvent présents.
  • Une anorexie plus ou moins discrète.
  • Des troubles hormonaux.

La thérapeutique homéopathique tournera autour de l’atonie des capillaires et des veines, des signes neuro-végétatifs et émotionnels, ainsi que du terrain.

Le syndrome de Raynaud, quant à lui, consiste en un trouble vasomoteur des extrémités qui se manifeste par des accès vaso-constrictifs le plus souvent limités à quelques doigts, déclenchés par le froid et les stress psychiques. Les crises peuvent se rapprocher et se compliquer de troubles trophiques. Ce syndrome est plus fréquent chez la femme. On s’efforcera de trouver une cause : artériopathie chronique, intoxication professionnelle (plomb, arsenic), traumatismes répétés par outils vibrants, prise de certains médicaments, affections hématologiques, syndrome des défilés cervico-thoraciques bilatéraux, suites de gelures, hypertension pulmonaire primitive, carcinome. Néanmoins, il s’agira le plus souvent d’un syndrome de Raynaud idiopathique pour lequel on précisera le rôle du froid, du stress et de l’instabilité neuro-végétative, ainsi que le rôle des différentes phases du cycle menstruel.

Cliniquement, on observe notamment une séquence pâleur, cyanose, rougeur, lors du déroulement des accès.

Ces deux pathologies sont en effet liées à des spasmes artériels. Pour ces deux affections, acrocyanose et syndrome de Raynaud idiopathique, les médicaments homéopathiques seront les mêmes; il faudra les choisir en fonction des symptômes propres au malade. Nous décrirons dans cet article des médicaments de symptômes et des médicaments de terrain.

Les médicaments de symptômes de l’acrocyanose et du syndrome de Raynaud

Agaricus :

Expérimentalement, cette substance provoque au niveau de la peau des érythèmes pruriants avec impression d’être piqué par une multitude d’aiguilles de glace, comme si la peau avait été gelée et au niveau nerveux, des tremblements et des convulsions tétaniformes. Ce médicament est indiqué dans les acrocyanoses et les acrodynies des mains, des pieds, avec parfois douleurs piquantes et brûlantes. Il peut exister un certain prurit des zones atteintes.

Posologie : Prendre en 7, 9 ou 15CH, 5 granules 1 à 2 fois par jour.

Arnica :

Médicament à tropisme capillaire, il est d’indication presque systématique dans cette pathologie.

Posologie : Prendre en 7, 9 ou 15CH, 5 granules 1 à 2 fois par jour.

Carbo vegetabilis :

Médicament de cyanose, il est indiqué aussi bien dans le syndrome de Raynaud que dans l’acrocyanose si l’on retrouve un froid objectif de la peau, un réseau de capillaires, une cyanose des extrémités et une sensation de brûlure interne.

Posologie : Prendre en 7, 9, ou 15CH, 5 granules 1 à 2 fois par jour.

Hamamelis virginiana :

Cette substance a une action élective sur le système veineux, avec une tendance à la congestion passive.

Posologie : Prendre 20 gouttes en 6DH, 2 fois par jour.

Secale cornutum :

Ce médicament correspond syndrome de Raynaud avec sensations de fourmillements, de paresthésies, de brûlures des extrémités avec refroidissement objectif. Les douleurs brûlantes sont améliorées par le froid. Il peut y avoir apparition de troubles trophiques.

Posologie : Prendre en 5CH, 2 fois par jour.

En cas de troubles trophiques, on associera le traitement local approprié.

Les médicaments de terrain de l’acrocyanose et du syndrome de Raynaud

Le diagnostic de ces médicaments sera fait plus sur les signes généraux ou concomitants que sur les signes circulatoires, sauf pour Pulsatilla qui présente un aspect circulatoire spécifique. Nous donnerons seulement les caractéristiques circulatoires des médicaments qui correspondent essentiellement au mode réactionnel psorique.

Pulsatilla :

Le malade présente une érythrocyanose des extrémités aggravée par la chaleur et le repos, améliorée par la marche au grand air. Le froid aggrave toutefois ces malades dont les extrémités deviennent glacées et peuvent présenter des engelures.

Posologie : Prendre en 9 ou 15CH, d’1 fois par jour à 1 fois par semaine.

Natrum muriaticum :

Les paresthésies, le froid des extrémités sont aggravés par les émotions. Natrum muriaticum trouve son indication dans le syndrome de Raynaud. Il peut exister un contexte d’anorexie relative.

Posologie : Prendre en 9 ou 15CH, d’1 fois par jour à 1 fois par semaine.

Phosphorus :

Il existe une certaine congestion des extrémités avec une tendance à la transpiration au moindre effort.

Posologie : Prendre en 9 ou 15CH, d’1 fois par jour à 1 fois par semaine.

Tuberculinum :

On retrouve dans la pathogénésie de ce médicament la fatigabilité, la transpiration au moindre effort, la stase veineuse périphérique et la dystonie décrites comme caractéristiques de ces syndromes.

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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