Huile essentielle de Verveine citronnée, plante du système nerveux

Originaire du Chili et introduite en Europe méridionale par l’Espagne vers le VIIe siècle, la verveine citronnée doit son nom au botaniste voyageur Lipp. Très odorante comme l’indique son nom, l’huile essentielle de verveine citronnée développe une caractéristique odeur de citron et de cédrat, mais sans présenter le côté piquant et frais de ces derniers. Ici, c’est plus doux, plus herbeux, floral aussi, rappelant le géranium Bourbon. Se dégagent également des relents épicés évoquant de très loin le curcuma. D’incolore à jaunâtre, elle peut légèrement foncer avec le temps.

Un peu d’histoire

Dans l’Antiquité, les Romains plaçaient sous la table de leurs invités des bouquets de verveine, afin de faciliter les conversations, l’harmonie et la joie de vivre. Les druides, quant à eux,  l’utilisaient pour effectuer leurs prophéties.

Entrée en thérapeutique au XIXe siècle en Europe, Fournier rapporte l’usage de la verveine dans les troubles digestifs comme les gastralgies, les dyspepsies et les flatulences grâce à ses effets stomachiques et antispasmodiques, dans les migraines, les vertiges, les bourdonnements d’oreilles, les états nerveux, la fatigue intellectuelle et contre la fièvre.

L’huile essentielle est, d’après Valnet (XXe siècle), un stimulant digestif, un régulateur de la libération de cortisol (système sympathique) et, en usage externe, un antiparasitaire contre les poux.

En latin, elle porte notamment différents noms : Aloysia triphylla, Aloysia citrodora, Lippia citriodora Lippia triphylla ou Zapania citriodora.

Quelles sont les propriétés pharmacologiques de l’huile essentielle de feuilles de Verveine citronnée ?

Effet anti-inflammatoire :

Anti-inflammatoire puissante, l’huile essentielle de verveine odorante est antinévralgique et de fait, très utilisée en rhumatologie.

Effet antispasmodique :

La verveine citronnée est spasmolytique par inhibition de la libération d’histamine.

Effet antibactérien :

L’huile essentielle de verveine citronnée est antibactérienne vis-à-vis de certains streptocoques et de certains lactobacilles ainsi que d’Helicobacter pylori impliqué dans l’ulcère de l’estomac.

Effet antifongique :

Le géranial et le néral contenus dans l’huile essentielle de verveine odorante sont par ailleurs actifs sur Candida albicans.

Effets sédatifs :

Régulatrice des glandes surrénales, l’activité sédative de la verveine est en définitive puissante. En effet, elle équilibre « comme une balance » tous les excès nerveux et calme l’hyperexcitabilité. Elle régule le système nerveux central ainsi que la vascularisation, détends la surrénale excessive ainsi que les sphincters précapillaires, et est également active sur le système nerveux autonome.

Action stimulante des fonctions glandulaires :

Grande tonique glandulaire, la verveine odorante stimule la fonction ovarienne, la fonction pancréatique, ainsi que la fonction thyroïdienne. Elle calme la surrénale excessive et est également hormon-like (thyroïde, pancréas).

Autres effets :

  • Tonique nerveuse et énergétique, la verveine améliore l’idéalisation ainsi que la concentration. Elle baisse en outre la somnolence et l’apathie.
  • Stimule la microcirculation digestive.
  • Légèrement analgésique ainsi qu’antinévralgique.
  • Inductrice d’apoptose dans les leucémies lymphoïdes chroniques (activation de la caspase-3).

L’huile essentielle de Verveine citronnée requiert-elle des précautions d’emploi ?

  • Ne pas associer avec un traitement thyroïdien, risque d’interaction médicamenteuse.
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez l’enfant de moins de 8 ans.
  • Dermocaustique à l’état pur, dilution requise par voie cutanée.
  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans le bain.
  • Prudence en cas d’hyperplasie prostatique.
  • Les citrals sont des inhibiteurs enzymatiques, attention aux risques d’interactions médicamenteuses, demandez conseil à votre pharmacien.
  • Interdite aux animaux.
  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles contenant des cétones ou des phénols à plus de 10 %.
  • Attention à d’éventuels effets gynécomastiants en usage prolongé. Le linalol empêche en effet la production de testostérone, à éviter au long cours chez les individus de sexe masculin en tant que perturbateur endocrinien.
  • Prudence en cas d’insuffisance rénale per os (néphrotoxique).
  • Ne pas associer avec la cortisone, risque d’interaction médicamenteuse.
  • Risque allergique avec les citrals et le limonène.
  • Risque de photosensibilisation, éviter l’exposition au soleil.

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

Laisser un commentaire