Huile essentielle d’Origan compact, plante sacrée indispensable

origan

Originaire du bassin méditerranéen et d’Asie centrale, l’origan est en effet apparu dès l’Antiquité comme un produit aux vertus médicinales. Cousin de la marjolaine, cette plante aromatique était considérée comme « sacrée » tant par les Égyptiens que par les Indiens. L’origan est de fait l’une des herbes essentielles pour la médecine et la cuisine depuis l’Antiquité. Mais attention, des espèces très différentes sont souvent appelées à tort « origan ».

Un peu d’histoire

L’origan mentionné par Aristote, Théophraste, Hippocrate, Pline et bien d’autres n’est pas toujours notre origan, mais une espèce appelée « Dictamnus« . Dans la médecine grecque, Dioscoride (Ier siècle) le recommandait notamment pour les gastrites. En médecine traditionnelle, ses feuilles sont ainsi broyées pour soulager les narines froides et en cataplasme ou en infusion contre les douleurs articulaires. Il est en outre considéré comme tonique et aphrodisiaque. Valnet (XXe siècle) le préconise pour les bronchites chroniques et les toux irritatives (ex. coqueluche), ainsi que pour l’aérophagie et les douleurs rhumatismales.

Quant aux Romains ainsi qu’aux Grecs, ils étaient en effet convaincus qu’il avait des propriétés aphrodisiaques, symbolisant la fertilité et la joie. De plus, certains jeunes mariés portent des couronnes tissées avec de l’origan. Ce n’est qu’au XIIIème siècle que naît le nom « origan » signifiant « amour de la montagne ». La légende raconte en effet que cette herbe de montagne a été créée par Vénus pour soigner les blessures causées par les fameuses flèches de Cupidon.

Quelles sont les propriétés pharmacologiques de l’huile essentielle de fleurs d’Origan ?

Effet antimicrobien :

L’effet antimicrobien de l’huile essentielle d’origan compact a notamment été démontré vis-à-vis d’Escherichia coli, Salmonella typhimurium, staphylocoque doré et Klebsiella pneumoniae. Cette huile est également antifongique vis-à-vis de champignons impliqués dans les maladies de peau, les candidoses et les aspergilloses. Antiviral, le carvacrol dégrade les protéines de la capside, son enveloppe virale et détruit ainsi le virus.

L’origan est donc bactéricide même vis-à-vis de germes résistants aux antibiotiques avec lesquels il entre en synergie.

Thymol ainsi que carvacrol sont inhibiteurs des pompes à efflux bactériennes, surtout en association synergique et inhibent la formation du biofilm et la virulence de certaines bactéries (Escherichia coli, Salmonella enteritidis).

Effet antioxydant :

L’origan est un antioxydant ainsi qu’un protecteur de l’ADN, cet effet a été démontré in vitro vis-à-vis du peroxyde hydrogène.

Autres effets :

  • Immunostimulante
  • Cortison-like
  • Tonique et stimulante générale, physique, psychoémotionnelle et sexuelle
  • Cortico-stimulante
  • GABA-ergique
  • Anti-inflammatoire

L’huile essentielle d’Origan requiert-elle des précautions d’emploi ?

  • Ne pas diffuser, ni inhaler, ni mettre dans l’eau du bain
  • Dermocaustique, action révulsive sur la peau à l’état pur et agressive pour les muqueuses (rougeurs, irritations, prurit, nécrose)
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Contre-indiquée chez l’enfant de moins de 12 ans
  • Pas plus de 10 jours d’utilisation
  • Éviter en association avec la cortisone, risque d’interaction médicamenteuse
  • Ne pas utiliser sur une période prolongée, au risque de mettre au repos l’axe hypophyso-surrénalien et de subir une insuffisance surrénalienne aiguë à l’arrêt de la prise de l’huile essentielle
  • Éviter d’appliquer l’huile essentielle d’origan le soir (ou avant toute période de repos)
  • Déconseillée chez les personnes souffrant d’ostéoporose, en raison du risque de décalcification inhérent
  • Prudence en usage interne, hépatotoxicité aiguë à très faible dose
  • Interactions médicamenteuses avec les huiles essentielles contenant des sesquiterpènes à plus de 10 %
  • Inhibitrice enzymatique, risque d’interactions médicamenteuses, demandez de fait conseil à votre pharmacien
  • Attention à d’éventuels effets gynécomastiants en usage prolongé, le linalol montre une activité anti-androgénique ainsi qu’une faible activité estrogénique en se liant aux récepteurs aux œstrogènes. Le linalol empêche en effet la production de testostérone, il est donc à éviter chez les individus de sexe masculin (perturbateur endocrinien)
  • Contre-indiquée per os en cas de gastrites, d’ulcères et de problèmes hépatiques

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.