Le Pissenlit, alicament d’exception au pouvoir diurétique

Le pissenlit est une plante très commune, impossible à méconnaître et recelant bien des trésors. Casse-tête des botanistes, on ne compte pas moins de 60 groupes d’espèces et plus de 1200 espèces au total (pour la seule Europe). Le pissenlit se répand largement dans la plupart des zones tempérées de l’hémisphère nord (Europe, Amérique du Nord, Afrique du Nord, Chine, Inde, Iran…), qui est son aire d’élection originelle.

Un peu d’histoire

Alors qu’on observe beaucoup de variations chez le pissenlit sauvage, sous l’influence de la culture, il est beaucoup plus discipliné. C’est ce que signalait Georges Gibault (1856-1941) au début du siècle dernier : « Les variétés de pissenlit admises dans les jardins sont tout à fait fixées, ce qui est remarquable pour une plante soumise à la culture depuis si peu de temps ».

Si l’on a tendance à accepter pour vrai que le pissenlit est un aliment ainsi qu’un médicament depuis le XVe siècle seulement, il apparaît très clairement qu’à partir de la Renaissance, ce sont surtout des médecins et des botanistes qui en avancent les vertus thérapeutiques, comme, par exemple, le médecin du roi François IerJean Ruel (1476-1537), avertissant, peu avant sa mort, des qualités dépuratives de cette plante. Puis Tabernaemontanus qui voyait en lui un vulnéraire à nul autre pareil, Matthiole qui le destinait aux ictériques, Jérôme Bock le premier à en signaler les vertus diurétiques, suivi par Matthias de l’Obel, qui lui donna le nom de herba urinaria.

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques des racines de Pissenlit ?

Activité de stimulation des fonctions de sécrétion/excrétion :

  • Au niveau hépatique biliaire :

Avec un effet cholagogue ainsi qu’une activité cholérétique douce; le pissenlit s’emploie longtemps pour stimuler la sécrétion de bile.

  • Au niveau rénal :

Avec une action diurétique, les extraits de feuilles de pissenlit ont des effets diurétiques aussi puissants que le furosémide. L’effet diurétique a en effet représenté 100% de la perte de poids démontrée chez l’homme. Elle serait liée à la teneur élevée en potassium et en inuline de la plante.

Propriétés digestives :

  • Activité hépatique :

Détoxicante : Cette action du pissenlit s’exerce notamment au niveau de la phase 2, avec une très importante induction enzymatique de l’UDP-glucoronosyl transférase (+ 244 % par rapport au groupe contrôle). Au niveau de la phase 1, une diminution significative se constate au niveau de l’activité du CYP1A2 et du CYP2E, alors qu’aucune action sur le CYP2D et le CYP3A n’a été observée.

Hépatoprotectrice : Cette action a été montrée pour des fractions polysaccharides du pissenlit chez un sujet intoxiqué par du tétrachlorure de carbone.

  • Action eupeptique, tonique amer et stimulante de l’appétit due à ses lactones sesquiterpéniques :

Historiquement, les plantes à saveur amère sont considérées comme des stimulants de la digestion et de l’appétit par augmentation des sécrétions digestives, notamment pancréatiques (stimulation du vague par l’amertume).

  • Action laxative légère due à l’inuline et à sa richesse en potassium :

L’inuline contenue dans le pissenlit exerce en effet un effet prébiotique, de type bifidogène, ce qu’a confirmé l’étude de la plante. Dans une série de 24 adultes souffrant de colite chronique, une préparation contenant du pissenlit a ainsi amélioré la constipation, la diarrhée et la gêne intestinale chez 96% des patients.

Propriétés métaboliques :

  • Antioxydantes et hypolipidémiantes :

In vivo, un traitement avec des racines et des feuilles de pissenlit a modifié positivement les activités des enzymes antioxydantes plasmatiques et les profils lipidiques chez des sujets en hypercholestérolémie, mettant en évidence des effets hypolipidémiants et antioxydants potentiels, aboutissant à une possible protection contre l’athérosclérose liée au stress oxydatif. Cette action antioxydante se confirme par d’autres études.

  • Antidiabétiques et anticoagulantes :

Les propriétés antidiabétiques du pissenlit sont attribuées à l’acide chicorique, au taraxasténol (TS), à l’acide chlorogénique et aux lactones sesquiterpéniques, mais nécessitent de plus amples investigations.

  • Propriétés anti-inflammatoires :

In vitro, les extraits alcooliques et aqueux de pissenlit freinent la production de monoxyde d’azote (NO = oxyde nitrique) et l’expression de la NO synthase inductible (iNOS) et de la cyclooxygénase-2 (COX-2). Ex vivo et in vivo, ils abaissent le NO et les taux de lymphocytes, et exercent une activité anti-angiogénique et antioxydante en relation avec le taraxastérol contenu dans la plante.

Propriétés immunostimulantes et hématologiques :

In vitro, les extraits de pissenlit, notamment le β-D-glucoside d’acide taraxinique obtenu avec une extraction à l’acétate d’éthyle, favorisent la migration des neutrophiles, la prolifération des lymphocytes spléniques et la phagocytose.

In vivo, l’extrait de pissenlit est antianémique, action qui passe par l’augmentation du nombre de globules rouges et du taux d’hémoglobine.

Autres propriétés :

  • Antitumorales
  • Anti-infectieuses
  • Antidépressives et neuropsychiques

Existe-t-il des précautions d’emploi concernant le Pissenlit ?

Contre-indications :

  • Contre-indiqué en cas d’obstruction des voies biliaires, de cholangite, de maladie du foie, de calcules biliaires symptomatiques (hors surveillance médicale étroite), d’ulcère peptique actif, et de toutes autres maladies biliaires.
  • Compte tenu du manque de données suffisantes pour exclure tout risque lié à l’utilisation de cette plante, l’EMA précise que son usage n’est pas recommandé chez la femme enceinte ou allaitante. Elle étend cette recommandation aux enfants de moins de 12 ans.

Précautions d’emploi :

  • Pour assurer une augmentation de la quantité d’urine, un apport hydrique adéquat est nécessaire pendant le traitement.
  • Assurer un suivi médical en cas de calculs urétéraux et biliaires symptomatiques.
  • Ne pas utiliser le pissenlit, plante diurétique, pendant une crise de colique néphrétique. La plante pourra s’utiliser tout de suite après la crise.
  • En dehors d’une surveillance médicale, l’usage du pissenlit devrait être évité en cas d’insuffisance rénale et/ou d’insuffisance cardiaque et/ou de diabète; en raison des risques possibles théoriques d’hyperkaliémie.
  • Dans le cadre d’une automédication avec la plante, si les symptômes persistent plus de 2 semaines lors de l’utilisation de la plante, un médecin ou un professionnel de santé qualifié devrait être consulté. De même, la survenue d’œdèmes, d’une fièvre, d’une dysurie, de spasmes ou de sang dans les urines impose une consultation médicale.
  • Tenir compte de la teneur en potassium en cas d’insuffisance rénale modérée à sévère.

Interactions médicamenteuses :

  • Les effets diurétiques du pissenlit pourraient s’ajouter à ceux d’autres plantes ou médicaments diurétiques.

Comment prendre le Pissenlit et à quel dosage ?

Forme sèche :

Forme liquide :

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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