L’Alchémille, plante de Lune à l’eau céleste

alchémille

Petite, vivace et rustique, l’on ne peut pas affirmer sans rougir que l’alchémille possède les atours de certaines plantes autrement plus sensuelles et luxuriantes. Ce qui, toutefois, caractérise l’alchémille commune, c’est sa capacité à recueillir la rosée au sein de ses feuilles. En réalité, cette eau n’est pas constituée que de rosée, elle est aussi composée d’une eau végétale excrétée par la plante elle-même : on l’appelle « eau céleste ». Parce-que présentant toutes les caractéristiques de la parfaite pureté, l’on raconte en effet que cette eau était utilisée par certains alchimistes dans leur quête de la pierre philosophale

Un peu d’histoire

L’engouement de Paracelse pour l’alchémille explique sans doute le prestige considérable dont aura été auréolée cette plante durant toute la Renaissance. Lors des premières décennies de cette faste période, le médecin espagnol Andrés Laguna de Segovia (1499-1559) l’indiquait notamment pour des affections bien spécifiques; en réduisant sa racine à l’état de poudre que l’on délayait ensuite dans du vin rouge, l’on obtenait là un bon remède contre les blessures tant internes qu’externes, ce qui n’est pas un choix malheureux vu l’astringence de cette drogue à tanin.

Toutefois, l’alchémille n’est pas une plante de la Lune pour rien… En effet, il existe un élixir floral d’alchémille destiné aux femmes qui renient l’aspect maternel ou nourricier de leur féminité. Il aide notamment à surmonter les sensations de perte ou de vacuité liées aux troubles qu’occasionne la sphère gynécologique (dans son axe reproductif surtout). Il a aussi une action sur le chakra du cœur, que de nombreuses expériences et autres vécus de type psycho-émotionnel peuvent venir faire dérailler dans sa bonne marche, engendrant indifférence et incapacité à aimer et/ou à manifester son amour par peur du rejet et de l’échec.

Ce chakra est aussi affecté par les déceptions amoureuses fréquentes, les relations amicales qui se dérobent, le manque de générosité, l’égoïsme, le repli sur soi, le sentiment de solitude, etc. Sur tout cela, l’élixir floral d’alchémille peut donc avoir une incidence marquée, préférablement en synergie avec d’autres élixirs floraux comme ceux de jasmin, d’aubépine, de violette des bois et d’une autre violette, celle dite aquatique, et qui n’est pas autre chose que le Water violet du docteur Edward Bach.

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques des parties aérienne de l’Alchémille ?

Propriétés gynécologiques :

  • Action lutéotrope :

L’alchémille régularise la sécrétion ovarienne de progestérone et facilite la sécrétion et la production lutéale, ce qui la rend cliniquement efficace dans l’endométriose et la prise en charge des troubles prémenstruels de par son activité de type progestatif, et son action emménagogue : Par conséquent, elle provoque, facilite et régularise les règles.

  • Action anti-endométriosique :

In vitro, l’alchémille réduit les lésions d’endométriose et l’activité inflammatoire qui s’y rattache.

Propriétés anti-inflammatoires, cytoprotectrices et antalgiques :

Antispasmodique et sédative, l’alchémille est également antimutagène (propriété attribuée à ses tanins).

Anti-inflammatoire et antioxydante, in vitro, l’alchémille inhibe l’élastase, la trypsine ainsi que la chymotrypsine. L’extrait aqueux piège également les anions superoxydes. Elle est en outre inhibitrice de la collagénase. En 2018, un flavonoïde, la quercétine-3-O-β-glucoronide, a toutefois été identifié dans Alchemilla vulgaris à l’aide d’une technique métabolomique basée sur la résonnance magnétique nucléaire. Il a été montré que ce composé présente non seulement une activité anti-collagénase plus élevée que les autres flavonoïdes, avec le même fragment d’aglycone, mais qu’il est également supérieur à la doxycycline (témoin positif), le seul inhibiteur de la collagénase approuvé par la FDA (Federal Drug Administration).

Les propriétés anti-inflammatoire de l’alchémille sont dues néanmoins à l’inhibition de la production de NO et de cytokines pro-inflammatoires (lutéoline-7-O-glucoside). Cette plante a montré par ailleurs une activité antibactérienne sur Staphylococcus aureus et Salmonella enteritidis.

Propriétés vasculaires :

Astringente, de par sa richesse en tanins, l’alchémille possède de fait une action hémostatique puissante, notamment en cas de règles abondantes ou hémorragiques, et donc indirectement antianémique, ainsi qu’une activité anti-diarrhéique.

Décongestionnante pelvienne, angioprotectrice et antihypertensive, in vivo, l’alchémille améliore la protection des tissus conjonctifs et élastiques. Du fait de ses flavonoïdes, elle améliore la circulation sanguine (jambes lourdes). Elle protège la structure et améliore la fonction (notamment la déformabilité) des membranes érythrocytaires au cours de l’hypertension artérielle expérimentale.

La plante exerce une activité vasorelaxante et hypotensive, démontrée ex vivo (endothélium d’artères mésentériques intactes de rat), plus importante et plus favorable avec l’extrait méthanolique d’A. vulgaris qu’avec l’extrait aqueux, dans des conditions d’hypertension normales et expérimentales, ce qui confirme son utilisation traditionnelle dans les troubles cardiovasculaires, en particulier l’hypertension.

Propriétés anti-infectieuses :

Antifongique (propriétés anti Candida albicans) et antimicrobienne, les propriétés anti-infectieuses de l’alchémille sont notamment en relation avec sa richesse en tanins.

Par ailleurs, les catéchines d’Alchemilla vulgaris ont démontré une activité antivirale in vitro sur les virus de la vaccine et de l’ectromélie de façon dépendante de la dose.

Propriétés cicatrisante et vulnéraire :

L’alchémille stimule in vitro la multiplication des cellules épithéliales et des myofibroblastes aortiques. In vivo, elle favorise donc la guérison de lésions cutanées. Localement, un topique local à la glycérine comprenant A.vulgaris s’est également montré efficace dans le traitement de la stomatite aphteuse. In vitro (fibroblastes) et in vivo (évaluation du potentiel de réparation de la barrière cutanée), plusieurs types de gel à base d’Alchemilla vulgaris ont été testés en 2019, et ont ainsi montré qu’ils accélèrent la guérison et qu’ils exercent une activité cicatrisante. L’effet le plus prononcé sur la migration des fibroblastes a notamment été obtenu avec l’extrait éthanoliques.

Propriété anti-hypothyroïdienne :

Les polyphénols de l’alchémille augmentent significativement la synthèse d’hormone thyroïdienne ainsi que la croissance des follicules (ou vésicules) de réserve thyroïdiens chez les sujets exposés au froid.

Autres propriétés :

  • Emménagogue
  • Hémostatique et antihémorragique
  • Hépato protectrice, antidiabétique

Existe-il des précautions d’emploi concernant l’Alchémille ?

  • Cette plante est déconseillée chez la femme enceinte ou allaitante
  • Elle est également contre-indiquée en cas de cancers hormonodépendants (progestérone-like)
  • L’alchémille présente par ailleurs un risque de congestion mammaire « rétentionnelle hydrique », d’œdème distal interstitiel cyclique n’englobant pas la cheville, ainsi qu’un risque d’aggravation de saignement avec des règles filamenteuses

Comment prendre l’Alchémille et à quel dosage ?

Dans ses indications hormonales, l’alchémille s’emploie habituellement en seconde partie de cycle, du 15e jour (J15, au moment de l’ovulation) jusqu’au 1er jour des règles suivantes. En cas de symptomatologie importante ou de cycle court, il est possible de commencer le traitement à partir du 10e jour du cycle (J10).

Forme liquide :

  • Extrait fluide de plante fraîche standardisé : 5 à 10 ml par jour dans un verre d’eau. La standardisation de l’extrait est importante pour l’efficacité et le reproductivité des résultats.
  • Infusions : 10 g de plante fraîche ou sèche dans 1 litre d’eau bouillante, 3 tasses par jour, consommer chaudes ou froides.

Usage local :

  • En compresse, contre la cellulite et en prévention des vergetures.
  • Bains de bouche d’extrait fluide de plante fraîche, en cas d’aphtose et/ou de stomatite.
  • Bains de siège (en cas de congestion pelvienne), ou dans l’eau du bain (en cas de lourdeurs de jambes) avec une infusion de 50 g de parties aériennes d’alchémille dans un litre d’eau ou avec 10 à 20 ml d’extrait fluide de plante fraîche standardisé.

L’Alchémille en préparation magistrale d’extraits standardisés sous forme liquide (EPS)

Association avec le gattilier :

En cas de syndrome prémenstruel avec tensions ou congestion mammaire, douleurs mammaires (mastodynies) ou encore mastose fibro-kystique.

Association avec le mélilot (1/3 pour 2/3 d’alchémille) :

Dans le traitement de syndrome prémenstruel avec congestion du petit bassin et jambes lourdes, à utiliser en seconde partie du cycle menstruel (de J15 jusqu’au 1er jour des règles suivantes).

Association avec l’hamamélis (1/3 pour 2/3 d’alchémille) :

Pour les règles abondantes ou hémorragiques, avec carence en fer, à forte dose (10 ml 2 à 3 fois par jour).

Association avec le piloselle ou l’orthosiphon (1/3 pour 2/3 d’alchémille) :

Contre le syndrome prémenstruel avec rétention hydrosodée et prise de poids, à utiliser en 2e partie de cycle.

Association avec le griffonia (1/3 pour 2/3 d’alchémille) :

Pour lutter contre le syndrome prémenstruel avec trouble de l’humeur et irritabilité, à utiliser en 2e partie de cycle.

Association avec la sauge sclarée :

Dans l’aménorrhée, cette synergie permet la relance hormonale après arrêt de la contraception orale ou les troubles de la fertilité d’origine fonctionnelle hormonale. À utiliser en continu, jusqu’au retour des règles ou jusqu’à la grossesse. L’alchémille s’utilise également en 2e partie de cycle (à partir de J15 = 15e joue après le 1er jour des règles précédentes) jusqu’aux règles suivantes, en alternance avec la sauge sclarée (de J0 à J14), pour régulariser le cycle menstruel en cas d’irrégularité, notamment avec syndrome prémenstruel.

Association avec la réglisse :

En prévention des mycoses vaginales prémenstruelles, à prendre en 2e partie de cycle.

Association avec la bardane :

En traitement et prévention des poussée d’acné survenant en période prémenstruelle, à commencer entre J10 et J5; jusqu’aux règles suivantes.

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.