La Campagne Movember pour lutter contre le Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate représente la deuxième cause de décès par cancer chez l’homme. Environ un quart des hommes atteints décèdent de cette maladie chaque année. Beaucoup de patients doivent aussi recevoir des traitements pour soulager des symptômes comme la douleur, les saignements ou l’obstruction urinaire. Le cancer de la prostate est donc une source importante de souffrance et de coûts de santé. Une partie de cette mortalité élevée vient probablement d’un dépistage encore trop tardif.

Qu’est‑ce que la campagne Movember ?

Comme l’Octobre rose sensibilise au dépistage du cancer du sein, Movember met en avant la santé masculine, et notamment le cancer de la prostate. Chaque année, en novembre, les hommes sont invités à se laisser pousser la moustache. Ce geste simple sert de prétexte pour parler de dépistage, lever des fonds pour la recherche et faire connaître les cancers masculins.

Pour participer, vous pouvez vous inscrire sur le site officiel de la fondation, movember.com. La moustache devient alors un support de discussion : famille, collègues, amis posent des questions, ce qui permet de parler des risques, du dépistage et de la prévention.

Quelles sont les causes du cancer de la prostate ?

Dans la majorité des cas, les causes exactes restent mal connues. Cependant, plusieurs facteurs semblent intervenir :

  • des facteurs hormonaux, en particulier les androgènes ;
  • des facteurs génétiques, avec l’identification de gènes impliqués dans certaines formes familiales ;
  • des facteurs environnementaux et alimentaires, qui pourraient moduler le risque.

Un cancer suspect de la prostate peut se révéler devant une élévation du PSA (antigène prostatique spécifique) dans le sang et/ou un toucher rectal anormal. Pour poser un diagnostic formel, il faut cependant une biopsie prostatique positive.

La stratégie de traitement dépend ensuite de plusieurs éléments : stade de la maladie au diagnostic, taux de PSA, grade (score de Gleason), âge du patient et état général. Pour une maladie localisée, une simple surveillance active peut convenir chez certains patients âgés, avec tumeur bien ou moyennement différenciée et espérance de vie limitée. À l’inverse, une prostatectomie radicale ou une radiothérapie (avec ou sans hormonothérapie) seront discutées dans les situations plus évolutives ou chez les patients plus jeunes.

Quelle différence entre hyperplasie bénigne prostatique et cancer de la prostate ?

L’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) et le cancer partagent plusieurs points communs. Dans les deux cas, la fréquence augmente avec l’âge. Toutefois, le cancer apparaît en moyenne 15 à 20 ans plus tard que l’HBP. De plus, ces deux affections dépendent des androgènes pour leur croissance et réagissent à certains traitements anti‑androgènes.

La plupart des cancers se développent sur des prostates qui présentent déjà une HBP (plus de 80% des cas dans certaines séries). Par ailleurs, on découvre parfois un cancer « par hasard » dans des pièces de résection pour HBP (environ 10% des cas). L’incidence clinique du cancer chez les patients opérés pour HBP reste cependant relativement basse, autour de 3%.

L’HBP pourrait donc être associée à un sous‑groupe de cancers, notamment ceux qui se développent dans la zone de transition de la prostate, parfois en lien avec une hyperplasie adénomateuse atypique.

En pratique, il reste indispensable d’exclure un cancer chez tout patient présentant des symptômes d’obstruction urinaire attribués à une HBP. Pour ces patients, on recommande un toucher rectal et, chez les sujets à risque, un dosage du PSA sérique. En cas de PSA élevé, une échographie transrectale peut aider à estimer le volume prostatique, la part de l’HBP dans ce volume et la densité du PSA.

Le rôle de l’alimentation dans le cancer de la prostate

L’alimentation pourrait jouer un rôle non négligeable dans la prévention et l’évolution du cancer de la prostate. Les données restent limitées, mais plusieurs études pointent des pistes intéressantes. Certaines suggèrent que l’alimentation influencerait davantage le comportement du cancer de la prostate que celui du sein ou du côlon.

Une étude réalisée à Athènes a par exemple étudié les liens entre grandes familles d’aliments et risque de cancer prostatique. Elle retrouve une association positive entre consommation de lait, de produits laitiers et de certains lipides ajoutés, et le risque de cancer. Parmi ces graisses, les huiles de graines sont significativement associées à une augmentation du risque, alors que le beurre et la margarine le sont de manière moins nette. L’huile d’olive, en revanche, ne montre pas d’association défavorable.

Les tomates cuites, et dans une moindre mesure les tomates crues, semblent au contraire associées à une diminution du risque. Sur le plan des nutriments, les graisses polyinsaturées apparaissent positivement associées au risque, tandis que la vitamine E montre une association inverse. Ces résultats suggèrent que plusieurs paramètres nutritionnels agissent ensemble sur la carcinogenèse prostatique.

L’intérêt du dépistage du cancer de la prostate

La détection précoce, suivie d’une prise en charge adaptée, offre les meilleures chances de traitement efficace. Le dépistage organisé fait encore débat, mais on sait que le recours au dosage du PSA augmente fortement la détection de cancers à un stade plus précoce.

Les caractéristiques cliniques et histologiques qui évoquent un cancer cliniquement significatif sont :

  • une tumeur palpable au toucher rectal ;
  • une atteinte multifocale ou diffuse ;
  • une histologie modérément ou peu différenciée.

À l’inverse, une petite lésion bien différenciée, de découverte fortuite, peut parfois être considérée comme de faible importance clinique, sous réserve d’une surveillance. La décision de dépister (ou non) se discute au cas par cas avec le médecin, en fonction de l’âge, des antécédents familiaux, des comorbidités et des préférences du patient.

Les plantes médicinales pour accompagner le cancer de la prostate

Les plantes ne remplacent jamais les traitements oncologiques (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie, chimiothérapie). En revanche, certaines peuvent être envisagées comme compléments, pour leurs effets antiprolifératifs, antioxydants ou de soutien global. Leur utilisation doit toujours se faire avec l’accord de votre équipe médicale, afin de limiter les interactions et de respecter les contre‑indications.

Soja et kudzu

Les isoflavones comme la génistine, présentes naturellement dans le soja et le kudzu, ont montré en expérimentation une réduction de l’incidence de certains cancers de la prostate. Ces résultats laissent penser à un potentiel effet chimio‑préventif, mais les données cliniques restent encore limitées et doivent être interprétées avec prudence.

Marron d’Inde

L’escine, saponoside extrait du marron d’Inde, exerce des effets cytotoxiques sur certaines lignées de cellules de cancer prostatique résistantes à l’hormonothérapie, en induisant l’apoptose et un arrêt du cycle cellulaire. Il s’agit toutefois de données précliniques, qui ne se traduisent pas encore par des recommandations en pratique courante.

Huile essentielle d’encens

Certaines fractions d’encens ont induit, en laboratoire, une apoptose de cellules cancéreuses, y compris prostatiques, via l’activation de caspases et la modulation de protéines telles que Bcl‑2. L’usage de cette huile essentielle reste néanmoins délicat et nécessite impérativement un avis spécialisé, compte tenu des contre‑indications et du risque d’effets indésirables.

Thé vert

Riche en polyphénols antioxydants, le thé vert présente des propriétés anti‑radicalaires et pro‑apoptotiques. Plusieurs travaux suggèrent un effet protecteur potentiel vis‑à‑vis du cancer de la prostate. Dans certains protocoles expérimentaux, son action pourrait être renforcée par des oligo‑éléments comme le cuivre, mais toujours avec un encadrement strict des doses.

Palmier de Floride (Serenoa repens)

Cette plante, bien connue dans l’HBP, interfère avec le métabolisme de la testostérone au niveau prostatique. Elle inhibe la 5‑alpha‑réductase et réduit la prolifération de certaines cellules de cancer prostatique in vitro, sans modifier la sécrétion de PSA. Cela permet de suivre le PSA sans biais majeur lorsqu’elle est utilisée dans un cadre adapté.

Grenadier

Le jus de grenade a été étudié comme agent protecteur, en particulier dans le cancer de la prostate. Des essais cliniques de phase II ont montré un possible ralentissement de la progression biologique, avec un allongement du temps de doublement du PSA chez certains patients déjà traités.

Nigelle (thymoquinone)

La thymoquinone, principal actif de la nigelle, possède des propriétés immunomodulantes, antioxydantes et cytotoxiques. Des études précliniques décrivent une activité antitumorale sur des cellules de cancer du côlon et de la prostate, ainsi qu’une potentialisation possible des effets de certaines chimiothérapies.

Pissenlit

Certaines fractions de pissenlit ont montré, in vitro, une activité antinéoplasique et cytotoxique sur des cellules de cancer de la prostate et du sein. Là encore, ces résultats restent expérimentaux et nécessitent des confirmations cliniques.

Canneberge

La canneberge est surtout connue pour la prévention des infections urinaires, notamment à Escherichia coli. Elle peut être intéressante chez les patients recevant une radiothérapie prostatique, car elle diminue le risque d’infections grâce à ses proanthocyanidines, qui limitent l’adhésion des bactéries à la muqueuse urinaire.

Dans l’ensemble, ces données reposent surtout sur des études précliniques ou de petits essais. Elles ouvrent des pistes, mais ne justifient pas de remplacer les traitements conventionnels. Toute utilisation de plante ou de complément doit se faire en coordination étroite avec l’oncologue et le pharmacien, afin d’assurer votre sécurité et l’efficacité globale de la prise en charge.

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

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