Le rôle des plantes médicinales dans l’hyperplasie bénigne de la prostate

Hyperplasie bénigne de la prostate et plantes médicinales

L’hyperplasie bénigne de la prostate est un développement anormal de la glande prostatique. Les symptômes sont ceux d’une obstruction de l’évacuation vésicale; jet faible, retenue mictionnelle, pollakiurie, besoin irrépressible d’uriner, nocturie, vidange incomplète et plus tardivement mictions par regorgement ou urgenturie avec incontinence, et rétention urinaire complète.

Qu’est-ce qu’une hyperplasie bénigne de la prostate ?

Chez certains hommes, avec l’âge, la prostate devient trop volumineuse et gêne l’émission d’urine. Cette croissance excessive est appelée hypertrophie bénigne de la prostate, ou adénome prostatique. Les risques de souffrir de cette maladie augmentent en vieillissant : après 60 ans, 60 % des hommes en souffrent et ce chiffre passe à 90 % après 85 ans.

Peut-on prévenir l’hyperplasie prostatique ?

  • Libérez votre prostate :

Si vous aviez une activité sexuelle importante et régulière, continuez à garder le rythme. Une étude australienne a montré que la masturbation quotidienne limitait le développement de l’hypertrophie bénigne de la prostate.

  • Urinez quand vous en avez envie :

Se retenir longtemps d’uriner peut irriter la vessie.

  • Évitez certains aliments :

Les plats épicés et salés, l’alcool, les boissons riches en caféine (café, thé, colas) et le chocolat aggravent les symptômes de l’hyperplasie prostatique. Éviter les excès de protéines animales et varier ses sources de protéines (légumineuses, noix, poissons, soja).

  • Faites de l’exercice :

Un bon tonus musculaire permet de mieux contrôler son envie d’uriner. Évitez les sports qui bousculent la vessie (VTT, équitation, tennis, volley-ball, etc.).

  • Évitez les décongestionnants :

En cas de rhume, évitez de prendre des médicaments contenant un décongestionnant (comme la pseudoéphédrine). Ces substances rendent l’émission d’urine plus difficile.

  • Évitez de boire après une certaine heure :

Après 19 heures, buvez modérément pour éviter de devoir vous lever la nuit. Éviter également les boissons abondantes ou diurétiques le soir.

  • Ayez un suivi régulier :

Faire pratiquer régulièrement un toucher rectal et/ou une urographie pour surveiller le volume de la prostate. En cas de difficulté à uriner ou en cas de douleurs ou de brûlure lors de la miction, consultez son médecin.

Existe-t-il des plantes médicinales pour soulager l’hyperplasie bénigne de la prostate ?

Pendant de longues années, les traitements à base de plantes étaient les seuls proposés aux patients. Ces plantes sont souvent utilisées en association pour soulager les troubles bénins de la prostate.

Le Palmier de Floride :

L’OMS et la Commission E allemande reconnaissent en particulier l’usage du palmier de Floride dans le traitement des troubles urinaires liés à l’hyperplasie bénigne de la prostate légère à modérée. Le palmier de Floride interagit de façon complexe avec le métabolisme de la testostérone au niveau prostatique. Il inhibe ainsi l’activité de la 3-α-cétostéroïde réductase, et celle des isoformes 1 et 2 de la 5 α-réductase.

Cette enzyme, dont l’activité augmente avec l’âge, est notamment responsable de la bioconversion de la testostérone libre en dihydrotestostérone (DHT), un androgène plus puissant, qui constitue le principal métabolite. Celui-ci stimule en effet le développement des fibroblastes du stroma conjonctif en agissant au niveau des récepteurs cytosoliques aux androgènes situés dans la prostate. Une augmentation de la DHT favorise par conséquent le développement d’une hypertrophie des constituants glandulaires et musculaires de la partie centrale de la prostate. Inversement, sa freination prévient l’hypertrophie de la glande.

Contrairement aux inhibiteurs de synthèse de la 5-alpha-réductase, l’extrait hexanique de palmier de Floride induit cet effet sans interférer avec la capacité des cellules à sécréter du PSA, permettant ainsi l’utilisation continue des mesures du PSA pour le dépistage du cancer de la prostate.

Par ailleurs, l’extrait hexanique de palmier de Floride inhibe l’activité de la méthyltriénolone, un puissant agoniste synthétique des récepteurs aux androgènes. Il empêche la fixation de cet androgène de synthèse sur les récepteurs cytosoliques prostatiques sur lesquels agit également la DHT.

L’inhibition de la 5 α-réductase par Serenoa repens s’accompagne d’une réduction de la croissance des cellules de carcinome prostatique humain in vitro. Cette action antiproliférative s’accompagne entre autres d’une induction de l’apoptose.

Plusieurs études, dont les 2 plus récentes étaient des essais multicentriques à double insu et contrôlés par placebo, dont une à long terme, ont en effet montré l’efficacité de la prise conjointe des deux plantes dans la prise en charge de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Deux essais cliniques à double insu et randomisés ont en outre montré une activité de l’association semblable à celle du tamsulosine ou du finasteride, deux médicaments de référence dans cette indication.

Les tanins contenus dans l’épilobe; oenothéine A et oenothéine B inhibent par ailleurs l’activité des enzymes 5-alpha-réductase et aromatase impliqués dans la pathogénie de l’hyperplasie bénigne de la prostate, sans être les seuls principes actifs, antiprolifératif.

Le lycopène est connu pour prévenir l’hypertrophie de la prostate ainsi que réduire les symptômes chez les hommes âgés. L’association avec le sélénium augmente l’effet anti-inflammatoire et la réduction du volume de la prostate. Elle diminue l’expression de facteurs de croissance et la prolifération cellulaire. Une étude in vitro et in vivo de 2011 a notamment confirmé l’intérêt de la prise conjointe de palmier de Floride, de lycopène et de sélénium. Une revue de la littérature de 2016 a conclu que les données actuelles suggèrent une efficacité plus élevée de l’association par rapport à la plante utilisée seule.

Une étude clinique de phase IV randomisée, ouverte, de non-infériorité par rapport au tadalafil 5 mg menée auprès de 427 patients pendant 6 mois en 2018 a en outre montré que l’efficacité de l’association Serenoa repens + sélénium + lycopène dans le traitement des symptômes du tractus urinaire inférieur consécutifs à une obstruction bénigne de la prostate n’est pas inférieure à celle de la molécule de synthèse, en termes de débit urinaire maximal (Qmax) et de questionnaire IPSS.

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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