Urticaire aiguë et médicaments homéopathiques

L’éruption urticarienne se caractérise par un ensemble de séropapules, rouges ou rosées, parfois décolorées au centre, semblables à des piqûres d’ortie. Elles résultent, sous l’influence d’un conflit antigène-anticorps, de la libération locale d’histamine, qui propose un œdème papillaire avec prurit et sensation de brûlure. Cette éruption, d’apparition brusque, est fugace. Elle disparaît le plus souvent en quelques heures ou quelques jours, sans laisser de trace. Elle peut rester localisée ou au contraire se généraliser, s’accompagnant alors d’œdèmes spectaculaires notamment au niveau des paupières. On parle dans ce cas d’urticaire géante ou d’œdème de Quincke dont la gravité provient de la concomitance d’un œdème du larynx. Nous éliminerons de cet article cette forme grave et localisée, car le traitement relève le plus souvent des moyens classiques. L’homéopathie peut cependant être un adjuvant utile dans la crise aiguë d’urticaire. Elle est primordiale dans le traitement de fond des formes récidivantes.

Conduite à tenir en cas d’urticaire aiguë

Devant une urticaire récente d’apparition brutale, il conviendra de rechercher une cause ou un allergène déclenchant :

  • Un contrat déclenchant : ortie, thuya, insectes, etc.
  • Une cause déclenchante : froid surtout, chaleur, soleil, effort, stress émotionnel, etc.
  • Un aliment connu comme pouvant provoquer des crises d’urticaire : fraises, chocolat, crustacés, poissons, etc.
  • Un médicament déclenchant : aspirine, barbiturique, sulfamide, pénicilline, vaccin, sérum, etc.

Devant une urticaire récidivante, il conviendra de rechercher une origine microbienne, parasite, mycosique, endocrinienne, une lymphomatose maligne, une néoplasie, etc. C’est dire que, comme toujours, le médecin homéopathe se doit de faire un diagnostic nosologique précis.

La thérapeutique homéopathique en cas d’urticaire aiguë

Le traitement homéopathique va utiliser trois groupes de médicaments, éventuellement en association, c’est-à-dire pris séparément à un rythme plus ou moins rapide, suivant l’acuité des symptômes, les résultats sont généralement bons et rapides.

Les médiateurs chimiques :

L’histamine est un médiateur chimique des réactions allergiques. On connaît l’action in vitro d’Histaminum 7 CH sur la dégranulation des basophiles de patient allergique.

Posologie : Prendre Histaminum 7 CH, 5 granules toutes les heures ou toutes les 2 heures, en espaçant suivant amélioration.

Ce biothérapique, préparé à partir de poumon de cobaye sacrifié pendant un choc anaphylactique, contient, outre de l’histamine, bien d’autres médiateurs chimiques : bradykinine, sérotonine, P.A.F. acéther, etc.

Posologie : Son utilisation clinique en 9 ou 15 CH, depuis des décennies, s’est souvent révélée efficace.

Aucun critère clinique, autre que l’essai thérapeutique chez un même patient, ne permet de faire un choix entre Histaminum et Poumon histamine.

Les isothérapiques d’allergènes :

Cette technique n’est possible que lorsque l’allergène est connu, puisqu’elle consiste à donner au patient des dilutions hahnemanniennes préparées à partir de son allergène personnel. Ce procédé ne peut être utilisé qu’en cas d’urticaire à répétition. Dans ce cas, en effet, on peut faire préparer la médicament à l’avance, et éventuellement le donner en préventif.

Posologie : On prescrit en 15 CH, 5 granules 1 à 2 fois par jour. Soulignons qu’il s’agit dans ces cas-là d’épisodes paroxystiques d’un terrain chronique particulier.

Les médicaments selon le phénomène de similitude :

Ce médicament est indiqué lorsque la peau est rose rouge, parfois infiltrée comme une peau d’orange. Le tissu sous-cutané est plus lâche, l’aspect devient nettement plus œdémateux et rouge comme par exemple au niveau des paupières. Dans tous les cas la peau pique et brûle comme si elle était piquée par une multitude d’aiguilles rougies au feu. Elle est améliorée par des applications froides et aggravée par la chaleur. Le prurit obéit aux mêmes modalités. L’action de ce médicament est rapide, mais courte.

Posologie : Prendre Apis 9 ou 15 CH, 5 granules toutes les trente minutes. Espacer suivant amélioration.

Ce médicament est indiqué lorsqu’il existe un œdème piquant et brûlant plus pâle que celui d’Apis et provoquant un prurit intolérable. Les symptômes sont aggravés par les applications froides, le bain, le lavage, et surtout par le toucher.

Posologie : Prendre en 5 CH, 5 granules 2 à 4 fois par jour, en espaçant suivant amélioration.

Ce grand médicament est indiqué en cas d’éruption pruriante et brûlante, chez un sujet plutôt sthénique, ayant tendance à avoir des affections périodiques cutanées, muqueuses ou séreuses. Ces affections peuvent alterner entre elles, ou avec des manifestations internes : foie, hémorroïdes, H.T.A. L’urticaire s’aggrave par la chaleur, l’eau, et améliorée par le froid.

Posologie : Prendre une dose unique en 15 CH, en association avec Apis ou Urtica urens.

Ce biothérapique peut être indiqué dans 2 cas particuliers :

– Soit chez un malade généralement asthénique et frileux, présentant une pathologie générale alternant de même type que celle de Sulfur.

– Soit chez un malade qui ne réagit pas ou réagit mal à Sulfur.

Posologie : Prendre une dose unique dans le premier cas et Psorinum en échelle (9-12-15-30 CH, une dose par jour 4 jours de suite) dans le second cas.

 

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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