L’aromathérapie est une médecine alternative qui englobe les huiles essentielles et les hydrolats. Cette thérapeutique naturelle connaît actuellement un véritable regain d’intérêt. Elle nécessite une connaissance précise de la qualité des huiles essentielles utilisées, notamment pour une application en pédiatrie. Cependant, elle n’est pas dénuée de toxicité. En suivant des règles précises d’administration et de posologie, l’aromathérapie est une thérapeutique sûre et efficace même pour un enfant.
Peut-on diffuser toutes les huiles essentielles dans la chambre d’un enfant ? Cette question mérite une attention particulière.
Quelles huiles essentielles diffuser dans la chambre de mon enfant ?
Vous pouvez cependant diffuser de l’huile essentielle de mandarine (adaptée aux enfants de plus de 7 ans), de néroli (adaptée aux enfants de plus de 8 ans) ou encore de bergamote (adaptée aux enfants de plus de 7 ans) avec certaines précautions*. Parfaitement adaptées aux enfants, ces huiles vous aideront ainsi à créer une ambiance atmosphérique douce et apaisante qui facilitera l’induction du sommeil de votre enfant tout en douceur.
*La diffusion atmosphérique d’une H.E permet d’assainir et/ou de parfumer une pièce mais elle instaure également un climat de détente.
L’activité antiseptique des essences d’agrumes constitue en effet un bon moyen de prévenir certaines infections comme la grippe ou le rhume. Cependant, certaines H.E présentent une forte agressivité pour les muqueuses, comme les origans ou les sarriettes, riches en phénols. D’autres restent toxiques pour le système nerveux, notamment les H.E de menthe poivrée et de gaulthérie. Toutes les huiles ne doivent pas être diffusée.
La diffusion convient particulièrement aux problèmes nerveux de type anxiété ou insomnie, à la purification d’une pièce et à l’élimination des insectes. En absence de diffuseur, laisser diffuser 4 à 5 gouttes dans une soucoupe ou dans un humidificateur à proximité d’une source de chaleur inférieure à 40 °C (afin d’éviter la dénaturation des molécules). Ne jamais laisser diffuser en continu dans une pièce close, surtout en présence d’enfants, de personnes âgées, animaux domestiques, asthmatiques, allergiques, épileptiques, neuro-déficientes ou de femmes enceintes (risques de convulsions dans le meilleur des cas). La durée d’une diffusion ne doit pas dépasser 20 minutes, à raison de 3 fois par jour maximum en aérant l’espace de diffusion ensuite.
Les hydrolats sont-ils adaptés aux enfants ?
Surtout adaptés aux enfants et aux femmes enceintes, l’hydrolat se compose essentiellement d’eau (eau florale) qui reste dans le vase florentin après hydrodistillation, après la séparation d’avec l’huile essentielle. Cette eau conserve des molécules odorantes hydrosolubles, et reste légèrement parfumée, en possédant des propriétés thérapeutique, telle l’eau de fleur d’oranger utilisée pour réguler le sommeil des enfants.
On préférera généralement l’utilisation des hydrolats pour les nourrissons et les jeunes enfants, aux huiles essentielles. Toutefois, lors d’une infection de type bronchiolite ou érythème fessier surinfecté, on potentialisera la formule avec une huile essentielle appropriée, tout en respectant un taux de dilution variant de 0.5 jusqu’à 2 % selon le poids du nourrisson et l’effet désiré. (cf. article sur les pathologies cutanées fréquentes chez le nourrisson).
Les hydrolats, issus de la distillation de plantes, traitent en douceur les petits maux des enfants et préviennent certaines maladies. Virginie Brevard, docteure en pharmacie et aromathérapeute, explique qu’ils contiennent jusqu’à 5% de molécules actives de la plante. On les applique sur la peau ou on les ingère dilués. Moins concentrés que les huiles essentielles, ils transmettent l’essence de la plante.
Pour la digestion, ils stimulent les glandes, protègent contre l’hyperacidité et calment les spasmes. La mélisse soulage les spasmes digestifs, la fleur d’oranger aide en cas de gastro-entérite, et la camomille noble est utile pour les coliques du nourrisson. Le thym à linalol traite les vers intestinaux. Ils soutiennent aussi le système immunitaire. Le laurier noble combat infections cutanées et mycoses, tandis que le thym à thujanol aide contre le rhume et la bronchite. Pour la peau, la lavande fine et le géranium rosat désinfectent et cicatrisent. La matricaire et la fleur d’oranger apaisent les démangeaisons et les irritations cutanées. Enfin, ils apaisent le système nerveux. La fleur d’oranger, la camomille noble et la mélisse aident à soulager l’anxiété et favorisent le sommeil chez les enfants.
Quels sont les huiles essentielles à ne jamais utiliser en présence d’enfants ?
La première règle à savoir en aromathérapie pour les enfants, c’est qu’il ne faut jamais diffuser des huiles essentielles riches en phénols, en aldéhydes, en sesquiterpénols, en sesquiterpènes, en éthers, en lactones et en cétones. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce-que les huiles essentielles qui contiennent ces substances sont dangereuses par diffusion atmosphérique.
Huiles essentielles riches en phénols :
Contre-indiquées généralement chez l’enfant de moins de 12 ans, elles ne doivent en aucun cas se diffuser. Leur causticité cutanéomuqueuse peuvent provoquer une sévère irritation des yeux, des poumons et des muqueuses nasales par voie olfactive.
Voici quelques exemples d’huiles essentielles riches en phénols:
- L’huile essentielle de thym est riche en phénols, en particulier en thymol et en carvacrol. Cette huile est souvent utilisée chez les adultes en aromathérapie pour ses propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires, et est également utilisée en cuisine comme assaisonnement pour les viandes et les légumes.
- L’huile essentielle de romarin est également riche en phénols, en particulier en rosmarinic acid. Cette huile a des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, et est souvent utilisée pour stimuler la circulation sanguine et améliorer la mémoire. On l’utilise également en cuisine comme assaisonnement pour les viandes, les légumes et les sauces.
- L’huile essentielle de clou de girofle est riche en phénols, en particulier en eugénol. Cette huile est utilisée en médecine traditionnelle pour soulager la douleur, en particulier la douleur dentaire. On l’utilise également en cuisine pour ajouter de la saveur aux plats.
- L’huile essentielle de cannelle est riche en phénols, en particulier en cinnamaldehyde. Cette huile a des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, et est souvent utilisée pour améliorer la digestion et stimuler la circulation sanguine. On l’utilise également en cuisine pour ajouter de la saveur aux plats sucrés.
Huiles essentielles riches en aldéhydes
Contre-indiquées chez les enfants de moins de 10 ans, elles sont plus caustique encore que les phénols. Elles ne doivent de fait ni se diffuser, ni même s’inhaler.
L’huile essentielle de citron est riche en aldéhydes. On l’obtient par pression à froid des zestes de citron et contient principalement de l’aldéhyde citrique. On l’utilise pour ses propriétés antiseptiques, tonifiantes et rafraîchissantes. Elle s’utilise couramment en cosmétique pour son action purifiante sur la peau et en aromathérapie pour ses propriétés énergisantes et stimulantes.
L’huile essentielle de lavande est également riche en aldéhydes. Elle est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des fleurs de lavande et contient principalement de l’aldéhyde linalyle. On peut l’utiliser chez l’adulte pour ses propriétés calmantes, apaisantes et régénérantes. Cette huile essentielle s’utilise souvent en aromathérapie pour ses propriétés relaxantes et apaisantes. On peut également l’utiliser en cosmétique pour son action régénérante sur la peau.
L’huile essentielle de cannelle est également riche en aldéhydes. On l’obtient par distillation à la vapeur d’eau des feuilles de cannelle et contient principalement de l’aldéhyde cinnamique. Elle est utilisée pour ses propriétés antimicrobiennes, antiseptiques et tonifiantes. On l’utilise souvent en aromathérapie pour ses propriétés stimulantes et réchauffantes, ainsi qu’en cuisine pour son parfum caractéristique.
Huiles essentielles riches en sesquiterpénols et sesquiterpènes
Réservées à l’adulte ou aux adolescents pubères, y compris en diffusion atmosphérique, elles ne sont en revanche pas spécialement indiffusables. En effet, elles sont généralement œstrogen-like, ce qui signifie simplement qu’elles vont stimuler l’organisme à synthétiser des hormones. Leur action s’effectue essentiellement sur la prolifération des cellules de l’endomètre (revêtement interne de l’utérus), mais aussi sur les glandes du col de l’utérus et sur le métabolisme des glucides et des lipides. Formellement contre-indiquées chez les enfants n’ayant achevé leur puberté.
Il existe plusieurs huiles essentielles qui sont riches en sesquiterpénols et sesquiterpènes. Ces deux types de composants chimiques ont des propriétés thérapeutiques uniques. Les sesquiterpénols sont des alcools sesquiterpéniques qui ont des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques. Les sesquiterpènes sont des hydrocarbures sesquiterpéniques qui ont des propriétés anti-infectieuses et immunostimulantes. Certaines huiles essentielles sont particulièrement riches en ces composants :
- l’huile essentielle de patchouli, utilisée pour traiter les problèmes de peau,
- l’huile essentielle de cèdre de l’Atlas, utilisée pour soulager les douleurs articulaires et musculaires,
- l’huile essentielle de bois de santal, utilisée pour calmer l’anxiété et améliorer la qualité du sommeil.
- l’huile essentielle de palmarosa,
- l’huile essentielle de géranium rosat,
- l’huile essentielle de cumin,
- l’huile essentielle de cistus,
- l’huile essentielle de carotte,
- l’huile essentielle de camomille romaine
- l’huile essentielle de benjoin.
Huiles essentielles riches en éthers
Elles sont un mélange de tout ce qu’il faut éviter pour les enfants ; Neurotoxiques, œstrogen-like, irritantes cutanées, et de fait, interdites à la diffusion. Voici quelques exemples d’huiles essentielles fortement déconseillés aux enfants:
- Huile essentielle de Thym : riche en phénol méthyl-éther, on l’emploie pour renforcer le système immunitaire et soulager les maux de gorge.
- Huile essentielle de Clou de girofle : chez les adultes, elle soulage la douleur dentaire et les maux de tête.
- Huile essentielle de Menthe poivrée : riche en phénol méthyl-éther, on l’utilise couramment pour soulager les maux de tête et les nausées.
- Huile essentielle de Cannelle : chez les personnes de plus de 15 ans, elle renforce le système immunitaire et soulage les douleurs articulaires.
- Huile essentielle de Eucalyptus : riche en phénol méthyl-éther, on l’utilise pour s oulager les maux de tête et les douleurs articulaires.
- Huile essentielle de Sarriette : pour une utilisation chez les adultes, on la conseille pour renforcer le système immunitaire et soulager les douleurs articulaires.
Huiles essentielles riches en lactones et en cétones
Réservées à l’adulte à cause de leur risque élevé de neurotoxicité, elles peuvent induire des crises épileptiques même en diffusion (olfaction). Les lactones étant encore plus puissants que les cétones.
Quelques exemples d’huiles essentielles riches en lactones incluent la camomille romaine, la lavande, la mélisse et la verveine. Les exemples d’huiles essentielles riches en cétones incluent la menthe poivrée, le romarin, la sauge sclarée et le thym. Il faut noter que la composition des huiles essentielles varie. Cette variation dépend de la méthode d’extraction, de la variété de plante et de la région de culture. Ainsi, vérifier la composition chimique est crucial avant d’utiliser une huile essentielle à des fins thérapeutiques.
FAQ : aromathérapie et huiles essentielles dans la chambre de bébé
Peut-on utiliser des huiles essentielles dans la chambre d’un nourrisson ?
Chez le nourrisson, l’utilisation des huiles essentielles demande une prudence maximale, car sa peau et ses voies respiratoires sont très immatures et sensibles. Beaucoup d’organismes de santé recommandent d’éviter les huiles essentielles chez les tout‑petits, en particulier avant 3 mois, et de ne jamais les diffuser pendant le sommeil de l’enfant ni en direction de son visage.
Si l’on souhaite profiter d’une ambiance olfactive douce, il est souvent préférable de se tourner d’abord vers les hydrolats (eaux florales) et les huiles végétales, bien mieux tolérés, ou de réserver l’aromathérapie à des usages ponctuels encadrés par un professionnel de santé formé.
Quelles huiles essentielles sont les plus souvent citées comme compatibles avec la chambre de bébé ?
Dans les ouvrages d’aromathérapie pédiatrique, certaines huiles essentielles douces sont parfois mentionnées à partir d’un certain âge (souvent après 3 mois) comme la lavande vraie ou fine, la camomille romaine ou le petit grain bigarade, pour leurs propriétés calmantes et réconfortantes. Elles sont utilisées en très faible quantité, toujours fortement diluées, et jamais en diffusion continue.
Même pour ces huiles dites « douces », les précautions restent strictes : pas de diffusion en présence de bébé, pas de diffusion prolongée dans une pièce fermée, pas d’application pure sur la peau et respect impératif des posologies adaptées à l’âge. En cas de doute, il est préférable de demander l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant toute utilisation dans la chambre de bébé.
Comment diffuser les huiles essentielles en toute sécurité dans la chambre de bébé ?
Si la diffusion d’huiles essentielles est envisagée, elle doit se faire uniquement avant l’arrivée de bébé dans la chambre : on diffuse quelques minutes (par exemple 5 à 10 minutes) avec un diffuseur adapté, puis on coupe l’appareil et on aère si besoin, avant d’installer l’enfant. Il ne faut jamais diffuser pendant le sommeil, ni laisser le diffuseur tourner en continu.
On limite le nombre de gouttes (souvent une à deux gouttes suffisent) et on choisit des huiles essentielles adaptées à l’âge, en évitant toutes celles qui sont neurotoxiques, agressives pour les voies respiratoires ou dermocaustiques. L’appareil doit être placé hors de portée de l’enfant et orienté de façon à ne pas diriger directement le flux aromatique vers son lit.
Existe-t-il des alternatives plus sûres que les huiles essentielles dans la chambre de bébé ?
Oui, les hydrolats (eaux florales) représentent une alternative intéressante pour créer une atmosphère douce et apaisante dans la chambre de bébé. Des hydrolats comme la fleur d’oranger ou la camomille peuvent parfois être utilisés en vaporisation légère dans la pièce ou sur le linge, selon l’avis de votre professionnel de santé, car leur concentration en composés aromatiques est bien plus faible que celle des huiles essentielles.
Les huiles végétales neutres (amande douce, noyau d’abricot, calendula…) sont aussi très utiles pour les soins quotidiens (massage, hydratation de la peau) sans diffusion dans l’air. Associées à une routine calme du soir (lumière tamisée, rituel de coucher, environnement rassurant), elles contribuent à créer un climat de détente sans recourir systématiquement aux huiles essentielles.
Quelles précautions générales respecter avec les huiles essentielles chez le nourrisson ?
Les huiles essentielles doivent toujours être conservées hors de portée de bébé et ne jamais être rangées avec ses produits de soin pour éviter les confusions. Elles ne s’appliquent pas pures sur la peau d’un nourrisson, encore moins sur les muqueuses, et leur utilisation orale est formellement proscrite sans prescription médicale spécifique.
En présence d’antécédents d’allergies, d’asthme ou de pathologie respiratoire, ou en cas de prématurité, la prudence doit être maximale et l’aromathérapie souvent évitée ou strictement encadrée. En cas de réaction (rougeurs, toux, difficultés respiratoires, agitation inhabituelle) après exposition à des huiles essentielles, il faut arrêter immédiatement l’utilisation, aérer la pièce et consulter un médecin si les symptômes persistent.



