La Canneberge, son utilisation thérapeutique dans ses indications urinaires

canneberge

Utilisée en premier lieu par les Amérindiens d’Amérique du Nord à des fins alimentaires et thérapeutiques (pour désinfecter les voies urinaires), la canneberge fut ensuite découverte par les Européens, qui l’employèrent tout d’abord à bord des navires qui traversaient l’Atlantique pour lutter contre le scorbut, compte tenu de sa richesse en vitamine C.

Un peu d’histoire

Dès le milieu du XIXe siècle, des médecins allemands contribuèrent à répandre dans le monde leur usage médicinal pour prévenir et traiter les infections urinaires. À partir de 1920, le recours au jus de canneberge dans le traitement des infections urinaires se généralise. Délaissé après la Seconde Guerre mondiale, avec l’apparition des antibiotiques de synthèse, cet usage est redevenu progressivement pertinent aux États-Unis dans les années 1960, lorsque l’on a recommencé à s’intéresser aux vertus médicinales des fruits frais de la plante, en même temps que l’on constatait les premières résistances aux antibiotiques. Son utilisation thérapeutique dans ses indications urinaires est ainsi devenue courante depuis la fin des années 1990.

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques des fruits de Canneberge ?

Propriétés préventives dans les infections urinaires à colibacilles :

Une étude pilote de 2015 confirme en effet l’intérêt d’un extrait de canneberge dans la prévention des infections urinaires basses non sévères. Une revue des études scientifiques publiées assortie d’une méta-analyse réalisée en 2017 indique que la canneberge réduit le risque d’infection urinaire de 26 %. Elle conclut que la canneberge peut être efficace pour prévenir la récurrence des infections urinaires chez les femmes habituellement en bonne santé.

Propriété acidifiante :

La canneberge semblerait par conséquent avoir un pouvoir acidifiant sur le pH urinaire via sa haute teneur en acides. Ceci s’explique en effet par l’inhibition du développement de bactéries Escherichia coli qui prolifèrent en pH neutre.

Propriété inhibitrice de l’adhérence d’Escherichia coli :

La canneberge inhibe également l’adhérence de bactéries gram négatif (Escherichia coli) et gram positif (Enterococcus faecalis). Elle agit notamment en diminuant la synthèse de la paroi bactérienne et celle des protéines d’adhésion au niveau des pili de type P du colibacille. Ces inhibitions entraînent une diminution de l’adhérence des bactéries sur les parois des voies urinaires, et sont dues à la présence de ses proanthocyanidines de type A (PAC-A) également appelés oligomères procyanidoliques de type A (OCP-A). Les acides hippurique et hydroxy hippurique de la canneberge exercent également cette activité antiadhésive antibactérienne.

Une étude de 2016 montre qu’outre les proanthocyanidines, d’autres composés, principalement des flavonoïdes, peuvent agir contre la formation de biofilms d’Escherichia coli et modifier également l’hydrophobicité de surface de souches uropathogéniques d’Escherichia coli in vitro, l’une des premières étapes de l’adhésion.

Le fructose exerce également une action antiadhésive sur les bactéries. Il rentre notamment en compétition avec les D-mannoses, des sucres qui tapissent les parois vaginales, vésicales, périnéales et auxquelles s’accrochent normalement les Escherichia coli avec des pili de type 16. En remplaçant le mannose, le fructose permet de fait l’élimination des bactéries par les voies descendantes.

Un autre intérêt des extraits de canneberge est que leur utilisation ne modifie cependant pas les résultats des examens cytobactériologiques des urines (ECBU).

Propriété anti-lithiasique :

Le jus de canneberge augmenterait le risque de lithiase d’oxalate de calcium. Pourtant, il diminuerait par ailleurs le risque de lithiase phosphocalcique.

Propriétés antibactériennes et antivirales :

  • Action inhibitrice de l’adhérence de H. pylori :

La canneberge diminue in vivo et in vitro l’adhérence de la bactérie Helicobacter pylori (responsable de gastrites et d’ulcères) sur la muqueuse gastrique. Cette propriété est due notamment à des molécules de haut poids moléculaire contenues dans le totum de la canneberge, les NDM.

  • Action inhibitrice de la plaque dentaire :

Cette propriété des NDM de la canneberge ouvre notamment la voie à la prévention et/ou le traitement de la carie dentaire ainsi que de la maladie parodontale.

  • Action antivirale :

La canneberge a des propriétés antiviralesin vitro, sur des virus d’espèces différentes : rotavirus de primate SA-11, bactériophages T2 et T413. Les NDM extraits de la canneberge inhibent l’adhérence du virus de la grippe aux cellules hôtes, bloquant ainsi sa contamination et sa propagation.

Propriétés antioxydantes :

  • Activité anti-inflammatoire :

In vivo, l’ingestion d’un extrait méthanolique de baies de canneberge améliore également le statut antioxydant, et limite de fait l’inflammation dans un modèle d’œdème de la patte. Sur des cellules intestinales, les polyphénols de canneberge diminuent donc le stress oxydant, l’inflammation et le dysfonctionnement mitochondrial. Chez les plus de 50 ans, les composés phénoliques et les flavonoïdes du jus de canneberge sont ainsi biodisponibles, et ont un effet bénéfique sur le statut antioxydant.

Une étude de 2016 a montré que les NDM de la canneberge pourraient être utiles en tant qu’agents thérapeutiques modulateurs pour prévenir ou traiter les arthropathies inflammatoires de l’ATM en limitant toutefois in vitro la production de cytokines (IL-6, IL-8, VEGF) par des fibroblastes humain de synovie de l’articulation temporo-mandibulaire stimulés par l’IL-1β.

  • Activité anticancéreuse :

Dans plusieurs études, les extraits de la canneberge inhibent en définitive plus efficacement in vitro la croissance des cellules cancéreuses que d’autres composants naturels.

  • Activité cardiovasculaire et métabolique :

La canneberge modifie entre autres certains paramètres sanguins (augmentation des HDL, diminution des LDL oxydées). On a montré une diminution significative des LDL oxydées (responsables du développement de l’athérosclérose) chez des hommes ayant pris une supplémentation en jus de canneberge pendant 14 jours. Cela suggère un effet bénéfique de cette plante dans la prévention des maladies cardiovasculaires en relation avec l’athérosclérose.

Existe-il des précautions d’emploi concernant la Canneberge ?

Précautions d’emploi :

  • Contre-indiquée en cas d’hyperuricémie ou antécédents de lithiase urique et de diabète.
  • Boire beaucoup d’eau en accompagnement d’un traitement à base de canneberge.

Interactions médicamenteuses :

  • Des études in vitro montrent que le jus de canneberge pourrait augmenter l’effet anticoagulant de la warfarine ainsi qu’entraîner des saignements.
  • Risque théorique d’augmentation de l’élimination urinaire d’oxalates de calcium.

Comment prendre la Canneberge et à quel dosage ?

Forme sèche de la Canneberge :

Forme liquide de la Canneberge :

La Canneberge en préparation magistrale d’extraits standardisés sous forme liquide (EPS)

En association avec la piloselle :

Dans la prévention des infections urinaires récidivantes à colibacilles, prévention des lithiases phosphocalciques.

En association avec la réglisse :

Pour les parodonthopathie, en prévention de la plaque dentaire.

En association avec la reine des prés :

Pour l’amélioration du confort urinaire.

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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