Le syndrome de fatigue chronique d’un point de vu naturopathique

Le syndrome de fatigue chronique ou encéphalomyélite myalgique se classe dans les maladies rares et demeure peu connue en France. L’OMS reconnaît cette maladie depuis 1993. Le diagnostic requiert un certain nombre d’étape et répond à des critères stricts relatifs à la définition du syndrome de fatigue chronique.

Comment détecter un syndrome de fatigue chronique ?

L’encéphalomyélite myalgique est une maladie chronique et complexe caractérisée par une fatigue récurrente et persistante majorée par l’exercice physique et mental, associée à des symptômes cognitifs et des douleurs musculosquelettiques diffuses, qui dure plus de 6 mois. Ce syndrome est à l’origine d’un retentissement marqué. Cependant, son existence reste controversée. Le syndrome de fatigue chronique a été longtemps assimilé à un trouble névrotique ou anxiodépressif.

Les personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique voient souvent des dizaines de médecins avant la pose d’un diagnostic. Sans ce diagnostic le malade demeure seul face à la maladie et ses douloureux symptômes et n’est reconnu par personne : médecins, employeur, services sociaux, assurances, entourage. Ceci, en plus de l’absence de traitement approprié, peut avoir des conséquences professionnelles et familiales catastrophiques, avec à la longue un risque de déprime majeure.

Quels sont les symptômes du syndrome de fatigue chronique ?

  • Une fatigue handicapante :

Cette fatigue persistante n’est pas due à l’effort en cours, et n’est pas vraiment non plus soulagée par le repos. La fatigue n’était pas présente avant, et réduit considérablement les niveaux d’activité.

  • Des troubles du sommeil :

Un sommeil non réparateur s’accompagne souvent d’un rythme circadien perturbé.

  • Des troubles de l’humeur :

Ces troubles peuvent notamment inclure la sensibilité émotionnelle, une labilité émotionnelle (émotion instable ou exagérées) et l’irritabilité.

  • Un malaise après l’effort :

Un effort physique ou mental trop important peut en effet aggraver les symptômes. Cela apparaît juste après l’effort, parfois plusieurs heures ou jours plus tard. Cet état peut malheureusement durer des jours ou des semaines.

  • Des douleurs abdominales :

Ces douleurs se ressentent au niveau de l’intestin et/ou du côlon et peuvent par conséquent provoquer de la diarrhée.

  • Des difficultés neurologiques et cognitives :

Ces troubles comprennent la perte de la mémoire à court terme, des difficultés de concentration, l’affaiblissement de la capacité à trouver ses mots, la désorientation, des troubles sensoriels (vue, audition, toucher), l’hypersensibilité à la lumière, au bruit, à la surcharge émotionnelle, la confusion, la lenteur de la pensée, des problèmes d’équilibre, la faiblesse musculaire et des troubles de la coordination des mouvements.

  • Une intolérance orthostatique :

Une posture droite (debout) peut créer des symptômes tels que la fatigue, des étourdissements, des nausées, un rythme cardiaque considérablement augmenté, une transpiration, des vertiges, une baisse de la pression artérielle, ainsi que parfois des évanouissements.

  • Des algies :

Ces douleurs affectent par ailleurs les muscles et/ou les articulations, elles sont souvent disséminées et migratrices (douleurs, faiblesses, picotements). On peut souvent observer des maux de tête graves.

  • Des problèmes des systèmes nerveux autonome, neuroendocriniens et immunitaires :

    • Nerveux autonome :

Hypotension ou tachycardie au changement de position ; vertige ; pâleur extrême ; palpitations ; dyspnée à l’effort ; urines fréquentes ; syndrome de l’intestin ou du côlon irritable ; nausées…

  • Neuroendocrinien :

Température corporelle basse ; extrémités froides ; sudation ; intolérance au chaud ou au froid ; réduction de la tolérance au stress ; aggravation des autres symptômes au stress ; changement de poids ; appétit anormal…

  • Immunitaire :

Symptômes grippaux récidivants ; maux de gorge ; sensibilité des ganglions lymphatiques ; fièvre ; nouvelles intolérances ou allergies (aliments, médicaments, odeurs, produits chimiques)…

En ce qui concerne la fièvre au long cours ?

Très souvent, les jeunes femmes adressées en consultation ou en hospitalisation pour fièvre au long cours sont en fait porteuses d’un syndrome d’asthénie chronique sans fièvre réellement objectivable. Une des raisons à cela est qu’il est plus facile d’obtenir un rendez-vous d’hospitalisation ou de consultation pour une fièvre au long cours que pour une simple fatigue ou un syndrome poly algique d’aspect peu organique. La seconde raison, plus sérieuse, est que la fièvre fait partie de la vie quotidienne du ou de la fatigué(e) : il s’agit en fait d’une sensation de chaleur ressentie après un effort modéré, comme par exemple le fait de faire des courses. Cette impression entraîne la prise immédiate de la température qui est alors entre 37°5 et 38°5.

Certains médecins considèrent que cette fébrilité est suffisamment objective pour que l’on puisse parler de dysrégulation thermique autonome.
Lorsque ce syndrome d’asthénie avec fébrilité survient et récidive chaque hiver, il est possible de le rapprocher du rythme circadien qui serait sensible à la photothérapie.

La fatigue avec fébrilité doit donc être une maladie certes parfois très invalidante mais atteignant des sujets jeunes et en bonne santé, sans antécédents médicaux très significatifs.

Plus de 30 ans après son individualisation, le syndrome de fatigue chronique laisse entrevoir une origine multifactorielle avec des facteurs déclenchants (infections) et d’entretien (psychologiques) et la persistance d’anomalies inflammatoires (inflammation à bas bruit, activation microgliale et astrocytaire), immunitaires (diminution des lymphocytes NK, production anormale de cytokines, réactivité à différents allergènes, rôle des estrogènes) et musculaires (dysfonction mitochondriale et défaut de performance bioénergétique) à l’origine des dysfonctionnements multiples (endocriniens, neuromusculaires, cardiovasculaires, digestifs).

Quelques conseils naturopathiques afin de mieux gérer les symptômes du syndrome de fatigue chronique au quotidien :

  • La psychothérapie naturopathique :

Apprendre à gérer votre énergie de manière judicieuse et redéfinir vos limites de stress afin qu’elles ne soient plus dépassées est l’une des premières étapes d’une approche holistique de cette pathologie. Si l’on apprend à s’aligner sur le corps extrêmement affaibli et que l’on accepte le début rapide de l’épuisement, d’autres symptômes comme les douleurs musculaires et articulaires, souvent dues à une réaction de surcharge, s’améliorent souvent.

Le repos, la réduction de toutes les activités physiques et l’évitement du stress sont  en définitive importants dans la douleur ou la phase aiguë.

Il ne faut en aucun cas entamer un travail en profondeur dans la phase aiguë, car il n’y a tout simplement pas assez de force pour le faire. Les séances de thérapie doivent être courtes, peut-être 20 à 30 minutes seulement. Les pauses doivent être délibérément recherchées au sein des sessions avec la possibilité de s’allonger. Les intervalles entre les sessions peuvent être plus longs que d’habitude, deux à trois semaines d’intervalle étant tout à fait suffisantes. Les séances de thérapie trop fréquentes et trop longues sont contre-indiquées dans ce tableau clinique.

Dans le cadre d’une thérapie, il devrait toujours s’agir de calmer le système nerveux autonome. Des exercices calmants pourraient notamment être proposés (exercices de relaxation, exercices de respiration, musique choisie, massage soigneux, méditation etc.).

En général, il est conseillé de toujours rester un peu en dessous des limites de stress possibles. Un soutien à orientation psychothérapeutique peut aider à établir un espace de guérison dans lequel il est possible de contribuer à une stabilisation de la maladie et à une amélioration des symptômes. Les forces d’auto-guérissons se déploient naturellement dans une attitude de calme, d’acceptation, de patience ainsi que de confiance.

  • L’exercice physique ou le qigong  :

Il semble qu’une telle thérapie pourrait aider à gérer les symptômes du syndrome de fatigue chronique en permettant de réintroduire progressivement l’activité physique dans la vie quotidienne. Ces thérapies sont, pour la plupart, à base d’exercices aérobies tels que la marche, la natation, le vélo ou la danse ; mais d’autres sont des exercices anaérobies.

Côté alimentation :

  • Privilégier les féculents, ainsi que les fruits et légumes :

Les premiers fournissent beaucoup de glucides complexes, tandis que les fruits et légumes apportent les glucides et les vitamines indispensables pour l’énergie et pour la résistance aux infections.

  • Zinc et vitamine C pour renforcer le système immunitaire :

Pour que le système immunitaire fonctionne bien, mangez des aliments riches en zinc et en vitamine C.

  • Davantage d’acides gras essentiels :

Parmi les symptômes de cette pathologie, les ganglions et l’inflammation des articulations seront soulagés, du moins temporairement, par la consommation d’aliments riches en acides gras essentiels.

  • Plus de magnésium :

Un surplus de magnésium, participant à la contraction et au relâchement des muscles, pourrait soulager les douleurs musculaires liées à cette pathologie.

  • Plus de sel :

L’hypotension favorise la fatigue chez les personnes sujettes au syndrome de fatigue chronique. En général, la pression artérielle monte un peu durant les périodes de stress ou d’activité physique, mais, chez certaines personnes, elle reste constante ou descend, ce qui occasionne de la fatigue. Il pourrait s’agir d’une résistance au sel ; dans ce cas, les sujets devraient prendre plus de sel pour faire monter leur pression sanguine. Certains patients sujets au syndrome de fatigue chronique ont effectivement une alimentation hyposodée, ce qui pourrait expliquer leur hypotension et leur fatigue. Les symptômes ont diminué quand ils ont augmenté leur consommation de nourriture salée.

FAQ sur le syndrome de fatigue chronique et la naturopathie

Qu’est-ce que le syndrome de fatigue chronique ?

Le syndrome de fatigue chronique, aussi appelé encéphalomyélite myalgique, est une maladie chronique complexe caractérisée par une fatigue intense, persistante depuis plus de 6 mois et non soulagée par le repos. Il s’accompagne de douleurs diffuses, de troubles cognitifs, de malaise après l’effort et d’un retentissement majeur sur la vie quotidienne.

Quels sont les principaux symptômes du syndrome de fatigue chronique ?

Les personnes concernées présentent une fatigue handicapante, un sommet non réparateur, des troubles de l’humeur et un malaise post-effort pouvant durer plusieurs jours. On retrouve aussi des douleurs musculaires et articulaires, des troubles digestifs, des difficultés de concentration, des troubles sensoriels et parfois une intolérance orthostatique (vertiges, palpitations en position debout).

Le syndrome de fatigue chronique est-il une maladie d’origine psychologique ?

Le syndrome de fatigue chronique n’est pas une simple fatigue psychologique, même si le stress et les facteurs émotionnels peuvent aggraver les symptômes. Les données actuelles évoquent une origine multifactorielle associant des dysfonctionnements immunitaires, neuroendocriniens, neurologiques et mitochondriaux, avec une véritable sensibilisation du système nerveux.

Comment la naturopathie aborde-t-elle le syndrome de fatigue chronique ?

La naturopathie propose une approche holistique visant à rééquilibrer le terrain, en travaillant sur l’hygiène de vie, l’alimentation, la gestion du stress et le soutien des systèmes immunitaire et neuroendocrinien. Elle cherche à respecter les limites de la personne, à préserver l’énergie et à accompagner les mécanismes d’auto-guérison plutôt qu’à lutter contre les symptômes de manière brutale.

Pourquoi la gestion de l’énergie est-elle centrale dans la prise en charge naturopathique ?

En naturopathie, on insiste sur la nécessité d’adapter les activités pour rester en dessous du seuil de surcharge qui déclenche les rechutes. Apprendre à écouter ses limites, à fractionner les efforts et à prévoir de véritables temps de repos permet souvent de diminuer les douleurs, le malaise post-effort et la sensation de débordement permanent.

Quel type de travail psychothérapeutique est recommandé ?

Une psychothérapie adaptée, douce et centrée sur la régulation du système nerveux autonome, peut aider à mieux gérer le stress, les et le vécu de la maladie. Des séances courtes, espacées, intégrant des exercices de relaxation, de respiration, de méditation ou de visualisation contribuent à créer un véritable espace de récupération et de stabilisation.

L’activité physique est-elle conseillée ou contre-indiquée ?

Une activité physique adaptée (comme la marche douce, la natation lente, le vélo tranquille ou le qigong) peut être bénéfique si elle est introduite de manière très progressive et respectueuse des limites. L’objectif est de remobiliser doucement l’organisme sans déclencher de malaise post-effort, en privilégiant la régularité plutôt que l’intensité.

Quelles recommandations alimentaires peuvent aider en cas de fatigue chronique ?

Sur le plan alimentaire, on conseille de privilégier les féculents complets, les fruits et légumes riches en vitamines et antioxydants pour soutenir la production d’énergie et la résistance aux infections. Un apport suffisant en protéines de qualité, en acides gras essentiels, en zinc, en vitamine C et en magnésium contribue à mieux gérer la fatigue musculaire, les douleurs et la fragilité immunitaire.

Pourquoi parle-t-on d’augmentation du sel chez certains patients ?

Chez des personnes présentant une hypotension et une intolérance orthostatique, une légère augmentation contrôlée des apports en sel peut parfois aider à remonter la pression artérielle. Cela peut contribuer à réduire les vertiges, la fatigue liée aux changements de position et certains symptômes d’épuisement, toujours sous surveillance médicale pour éviter les excès.

Les approches naturelles suffisent-elles à traiter le syndrome de fatigue chronique ?

Les approches naturelles (naturopathie, alimentation, gestion du stress, activité adaptée) peuvent améliorer significativement le confort et aider à mieux vivre avec la maladie, mais elles ne remplacent pas une prise en charge médicale complète. Une collaboration entre médecin, thérapeutes et professionnels de santé naturelle permet d’élaborer une stratégie personnalisée, évolutive et adaptée à chaque patient.

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