Quelles sont les causes d’une constipation chronique ?

Rédigé par Julie, relu et validé médicalement par Arnaud, Docteur en Pharmacie, titulaire de la Pharmacie Soin et Nature. Mis à jour le 19 août 2026.

La constipation se définit par moins de trois selles par semaine et/ou des selles dures ; elle est qualifiée de chronique lorsque les symptômes durent plus de six mois (Assurance Maladie, SNFGE). Elle concerne plus souvent les femmes, les personnes de plus de 60 ans et celles qui prennent un traitement au long cours — certains antidouleurs, antidépresseurs, anticonvulsivants, diurétiques ou anti-acides ralentissent le transit. Dans la majorité des cas, elle s’améliore par des mesures simples avant tout recours médicamenteux : apport en fibres, hydratation régulière et activité physique quotidienne.

Dans cet article, nous passons en revue les causes les plus fréquentes, les solutions naturelles dont l’efficacité est documentée, les aliments qui aident réellement, la place des laxatifs, et les signaux qui doivent conduire à consulter.

L’essentiel en 30 secondes

  • On parle de constipation à partir de moins de trois selles par semaine et/ou de selles dures — et de constipation chronique au-delà de six mois.
  • Les trois leviers de fond restent les mêmes : fibres (20 à 40 g par jour selon la SNFGE), hydratation régulière et activité physique quotidienne.
  • Le psyllium blond est une fibre soluble bien tolérée, à introduire progressivement et avec un grand verre d’eau.
  • Les laxatifs ne sont pas la première réponse : ils viennent après les mesures d’hygiène de vie, et les laxatifs stimulants se réservent à un usage ponctuel et court.
  • Certains signes imposent un avis médical sans attendre (voir plus bas) : sang dans les selles, amaigrissement inexpliqué, forte douleur abdominale, fièvre.

Par quoi commencer ? Les compléments alimentaires du rayon constipation — fibres et mucilages — agissent sur la consistance des selles, tandis que les probiotiques pour la flore intestinale travaillent sur son équilibre. Les deux se complètent souvent.

Ces informations sont d’ordre général et ne remplacent pas un avis médical personnalisé. Demandez conseil à votre pharmacien avant de commencer une cure, en particulier en cas de grossesse, d’allaitement ou de traitement en cours.

Quelles sont les causes principales de la constipation chronique ?

La constipation chronique résulte le plus souvent d’un apport insuffisant en fibres, d’une hydratation trop faible et d’une activité physique réduite. S’y ajoutent le stress, les changements d’habitudes, certains médicaments (antidouleurs, antidépresseurs, anticonvulsivants, diurétiques, anti-acides) et certaines maladies chroniques.

Pourquoi tout semble s’arrêter ? Le plus souvent, notre transit ne fait que refléter notre rythme de vie. Entre les repas pris sur le pouce (trop pauvres en fibres) et les journées passées assis devant un écran, le côlon finit par devenir paresseux. Ajoutez à cela un stress qui se « noue » dans le ventre ou une hydratation oubliée, et le blocage s’installe.

Bon à savoir : Parfois, le coupable se cache aussi dans votre armoire à pharmacie (certains antidépresseurs ou médicaments contre la douleur ralentissent mécaniquement le système) ou dans les changements hormonaux, notamment au moment de la ménopause.

Quels remèdes naturels peuvent améliorer le transit ?

Le psyllium blond, les aliments fermentés et une marche quotidienne sont les mesures naturelles les mieux documentées pour régulariser le transit. Elles agissent progressivement, sur plusieurs jours à plusieurs semaines, et complètent les mesures d’hygiène de vie plutôt qu’elles ne les remplacent.

L’adoption de nouvelles habitudes alimentaires, l’activité physique et les fibres comme le psyllium sont les premières mesures recommandées. Les probiotiques et les boissons fermentées peuvent aussi contribuer à rétablir l’équilibre intestinal.

La bonne nouvelle, c’est que la nature regorge d’alliés. Notre « chouchou » en pharmacie ? Le Psyllium blond. C’est une fibre incroyablement douce qui gonfle au contact de l’eau pour faciliter l’évacuation sans irriter.

  • Le petit conseil Soin et Nature : Commencez par une petite dose de psyllium (5g) et augmentez progressivement pour laisser votre corps s’habituer. Et surtout, buvez un grand verre d’eau juste après ! Le psyllium est déconseillé en cas d’occlusion ou de rétrécissement digestif et de troubles de la déglutition. Il doit toujours être pris avec une quantité d’eau suffisante et à distance des autres médicaments, qu’il peut gêner dans leur absorption. Demandez conseil à votre pharmacien pour le dosage adapté à votre situation.
  • Bougez un peu : Une marche de 15 minutes après le repas suffit parfois à relancer la machine.
  • Chouchoutez votre microbiote : Pensez aux aliments fermentés (kéfir, kombucha) qui agissent comme de véritables « jardiniers » pour votre flore intestinale.

Quels aliments ou boissons aident à soulager la constipation chronique ?

Les fibres solubles (psyllium, légumineuses, fruits mûrs), les eaux riches en magnésium et les produits fermentés soutiennent le transit au quotidien. La SNFGE retient un apport de 20 à 40 g de fibres par jour, à augmenter par palier pour limiter les ballonnements le temps que l’intestin s’adapte.

Les fruits secs, les céréales complètes, les légumineuses, le kéfir et le kombucha sont recommandés. Ces aliments apportent des fibres et des probiotiques utiles à la régulation du transit.

Le top des alliés naturels pour votre transit
Votre allié dans l’assiette Son super-pouvoir Pourquoi ça marche ?
Psyllium blond Le champion du confort Il crée un gel protecteur qui aide les selles à glisser en douceur. Fibre soluble mieux tolérée que le son, notamment en cas d’intestin sensible.
Kéfir & Kombucha Les amis du microbiote Leurs ferments naturels rééquilibrent la flore pour un transit régulier et sans gaz.
Eaux magnésiennes Le coup de pouce minéral Le magnésium aide naturellement les muscles de l’intestin à se contracter.
Légumineuses (Lentilles, pois chiches) Le carburant naturel Leurs fibres forcent l’intestin à travailler plus efficacement.

Constipation : comment reconnaître son profil ?

Toutes les constipations ne se ressemblent pas : certaines se caractérisent par une absence totale d’envie, d’autres par un effort long qui n’aboutit pas, d’autres encore par une sensation d’évacuation incomplète. Décrire précisément ce que fait le corps — et pas seulement la fréquence des selles — est ce qui permet à votre pharmacien de vous orienter utilement.

La matière médicale homéopathique classique décrit plusieurs « terrains » de constipation, distingués par la sensation ressentie plutôt que par la cause. Ces descriptions, issues des travaux de référence du XIXe siècle (notamment la Materia Medica de Boericke), servent de repères de discussion au comptoir. Elles ne remplacent ni un examen clinique, ni les mesures de fond décrites plus haut : l’apport en fibres, l’hydratation et l’activité physique restent la première ligne, quel que soit le profil.

1. Aucune envie pendant plusieurs jours, puis des selles très dures et sèches

Le transit ne donne aucun signal pendant des jours. Quand l’évacuation vient enfin, les selles sont dures, sèches, difficiles à expulser. Ce tableau s’accompagne souvent d’une sécheresse générale : lèvres gercées, bouche sèche, soif marquée avec envie de boire de grandes quantités. La personne se sent mieux au repos et supporte mal le mouvement. C’est le terrain décrit sous Bryonia alba.

2. La selle s’engage, sort en partie, puis repart en arrière

L’envie est là, l’effort aussi — mais l’évacuation reste inachevée. La selle s’engage, ressort partiellement, puis remonte. On pousse longtemps, on ressort des toilettes avec l’impression que rien n’est terminé, parfois avec une sensation d’irritation. Le rectum semble « sans force ». C’est le terrain décrit sous Silicea.

3. Aucune envie, jamais — et un effort nécessaire même quand la selle est molle

Ici, c’est l’inertie qui domine : le besoin ne se manifeste pas, et l’évacuation demande un effort même lorsque la consistance est normale ou molle. On retrouve fréquemment une sécheresse des muqueuses et de la peau. Ce tableau concerne souvent les transits qui ralentissent avec les années, ou dans un mode de vie très sédentaire. C’est le terrain décrit sous Alumina.

4. Une sensation de boule dans le rectum qui ne part pas

La sensation persiste même après être allé aux toilettes : une pesanteur dans le bas-ventre, l’impression d’un corps étranger qui ne s’évacue pas, souvent associée à une fatigue de fond. C’est le terrain décrit sous Sepia officinalis, également documenté dans notre article sur l’homéopathie dans les syndromes dyspeptiques.

En pharmacie, c’est la description de la sensation qui fait la différence. Beaucoup de personnes arrivent en demandant « quelque chose pour la constipation » ; les quelques questions qui suivent — depuis quand, avec ou sans envie, selle dure ou molle, évacuation complète ou non — changent complètement l’orientation. C’est aussi ce qui permet de repérer les situations qui relèvent d’un avis médical plutôt que d’un conseil de comptoir.

La dilution et la façon de prendre le médicament dépendent du profil et de la situation de chacun : demandez conseil à votre pharmacien plutôt que de choisir seul. Chez le nourrisson, l’approche est différente : voir notre article dédié à la constipation du bébé.

Médicaments homéopathiques. Ces informations sont d’ordre général et ne remplacent pas un avis médical. Une constipation récente et inhabituelle, douloureuse, ou accompagnée de sang, de vomissements, d’un amaigrissement ou d’un arrêt des gaz nécessite un avis médical sans attendre.

Les laxatifs sont-ils nécessaires en cas de constipation chronique ?

Les laxatifs ne sont pas la première réponse : les mesures diététiques et l’activité physique passent avant, puis les laxatifs de lest et osmotiques si elles ne suffisent pas. Les laxatifs stimulants se réservent à un usage ponctuel et court, car ils provoquent fréquemment douleurs abdominales et diarrhée ; un usage prolongé justifie l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Ils peuvent être utiles en seconde intention, si les mesures naturelles restent insuffisantes. Les laxatifs osmotiques et de lest sont ceux dont l’usage prolongé est le mieux encadré ; au-delà de quelques semaines, un suivi par un médecin ou un pharmacien reste recommandé.

Les recommandations préconisent une approche graduée :

  1. 1re ligne : fibres, hydratation, exercice
  2. 2e ligne : laxatifs osmotiques (PEG, lactulose)
  3. 3e ligne : laxatifs stimulants (bisacodyl, séné), uniquement si besoin ponctuel

Utilisés ponctuellement et sur une courte durée, les laxatifs stimulants restent une option de dernier recours. La SNFGE rappelle qu’ils provoquent fréquemment douleurs abdominales et diarrhée : leur usage prolongé doit être encadré par un médecin ou un pharmacien.

Peut-on prévenir durablement la constipation chronique ?

Oui, dans une large majorité de cas : répondre sans attendre au besoin d’aller à la selle, bouger chaque jour, boire régulièrement et maintenir un apport suffisant en fibres stabilisent durablement le transit. Les effets se jugent sur plusieurs semaines et varient d’une personne à l’autre, notamment après 60 ans ou sous traitement au long cours.

Oui, en adoptant une hygiène de vie adaptée et en réagissant tôt à tout ralentissement du transit. L’écoute des signaux corporels est essentielle.

Voici les recommandations clés pour prévenir la chronicité :

  • Répondre immédiatement au besoin d’aller à la selle
  • Éviter la sédentarité prolongée
  • Maintenir un apport quotidien de 20 à 40 g de fibres (repère retenu par la SNFGE)
  • Boire régulièrement, même en l’absence de soif

Une vigilance accrue est requise chez les femmes ménopausées, les personnes âgées et les sujets sous traitement chronique.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Une constipation d’apparition récente et inhabituelle, ou accompagnée de sang dans les selles, d’un amaigrissement inexpliqué ou de fortes douleurs abdominales, justifie un avis médical sans attendre. Ces situations ne relèvent pas de l’automédication, même lorsque les mesures naturelles ont déjà été essayées.

La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) retient notamment comme signaux d’alarme :

  • des glaires ou du sang dans les selles ;
  • une anémie ou une fatigue excessive ;
  • de la fièvre ;
  • une forte douleur abdominale ;
  • une perte d’appétit ou un amaigrissement inexpliqué.

Une exploration par coloscopie est par ailleurs discutée après 50 ans, ou en cas d’antécédents personnels ou familiaux de polypes ou de cancer colorectal. Un avis est également utile lorsque la constipation apparaît après l’introduction d’un nouveau médicament, ou lorsqu’elle ne s’améliore pas après plusieurs semaines de mesures diététiques bien conduites.

En pharmacie, nous observons que la constipation est souvent installée depuis des mois avant la première question au comptoir : beaucoup de personnes la considèrent comme une fatalité personnelle plutôt que comme un motif légitime de conseil. C’est précisément l’inverse : plus le point est fait tôt — sur les fibres, l’hydratation, les médicaments en cours — plus les mesures simples suffisent.

Sources : SNFGE — Constipation chronique · Assurance Maladie — Constipation de l’adulte

Le conseil de votre pharmacien

Vers quel rayon s’orienter selon son transit ?

Un transit qui ralentit ne se traite pas de la même façon selon qu’il manque de fibres, que la flore est déséquilibrée ou que la digestion est globalement lente. Voici les rayons vers lesquels s’orienter, en gardant à l’esprit que l’effet se juge sur plusieurs semaines et varie d’une personne à l’autre.

Un doute sur la marche à suivre ? Si la constipation est récente et inhabituelle, douloureuse, ou apparue après un nouveau médicament, parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin avant de commencer quoi que ce soit : c’est le meilleur moyen de cibler la bonne piste.

Ces informations sont d’ordre général et ne remplacent pas un avis médical personnalisé. En cas de symptômes persistants, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.

FAQ sur la constipation chronique

À quel moment parle-t-on de constipation chronique ?
On parle de constipation à partir de moins de trois selles par semaine et/ou de selles dures. Elle est qualifiée de chronique lorsque les symptômes durent plus de six mois. Au-delà des chiffres, c’est le confort qui compte : devoir forcer régulièrement ou ressortir des toilettes avec une sensation d’évacuation incomplète mérite déjà d’en parler à son pharmacien.
La constipation chronique peut-elle provoquer d’autres troubles ?
Oui, elle peut entraîner des fissures anales, des hémorroïdes, un prolapsus rectal ou une altération de la qualité de vie.
Les probiotiques sont-ils efficaces ?
Les données actuelles montrent une amélioration de la fréquence et de la consistance des selles, en particulier avec les symbiotiques (association de probiotiques et de prébiotiques). L’ampleur de l’effet varie d’une personne à l’autre.
Combien de temps faut-il pour ressentir les effets du psyllium ?
Chez la plupart des personnes, les premières améliorations apparaissent en quelques jours, avec un bénéfice qui se consolide sur plusieurs semaines. Ce délai varie d’une personne à l’autre. Demandez conseil à votre pharmacien pour la quantité adaptée à votre situation.
Quand faut-il consulter un médecin ou un pharmacien pour une constipation ?
Sans attendre en cas de sang ou de glaires dans les selles, d’amaigrissement inexpliqué, de fièvre ou de fortes douleurs abdominales. Un avis est également utile lorsque la constipation est apparue récemment, après l’introduction d’un nouveau médicament, ou lorsqu’elle ne s’améliore pas après plusieurs semaines de mesures diététiques bien conduites.

Sources:

Le service naturo de la pharmacie

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