La Reine des prés, symbole de virginité

reine des prés

Pour déterrer les plus anciennes traces écrites liées à la reine des prés, il faut attendre le Moyen Âge, mais elles n’ont encore rien à voir avec sa valeur médicinale. On en fit des couronnes, surtout lors des mariages, car ses fleurs avaient pour symbolisme la virginité.

Un peu d’histoire

Ce n’est en fait qu’à la Renaissance que l’on a pu affirmer que les médecins utilisaient la reine des prés à des fins thérapeutiques.

Épisodiquement par Léonard Fuchs, Hieronymus Bock ou encore Jean de Gaddesden, la reine des prés doit patienter jusqu’au XVIIIe siècle afin de pouvoir à nouveau faire parler d’elle, à travers, par exemple, les voix de Haller (1742) et de Gilibert (1792).

Plus tard, le Suisse Pagenstecher s’appliqua à distiller les fleurs de reine des prés et remarqua dans l’huile essentielle ainsi obtenue la présence d’aldéhyde salicique, un composé chimiquement très proche de la salicine (principe actif de l’aspirine). De fait, l’on s’interrogea : se pourrait-il que le saule et la reine des prés soient unis par des liens invisibles, la Nature les ayant dotés de vertus analogues ?

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques des sommités fleuries de la Reine des prés ?

Propriétés anti-inflammatoires et gastroprotectrices :

La reine des prés contient des salicosides, prodrogue métabolisé en saligénine dans l’intestin, qui est, après absorption, transformée en acide salicylique (et non en acide acétylsalicylique). De ce fait, elle n’a pas les effets indésirables de l’aspirine. La plante n’en possède pas moins les mêmes propriétés et réduit la synthèse des prostaglandines et des thromboxanes en inactivant la cyclooxygénase. Elle exerce de fait une action anti-inflammatoire, antalgique et antiagrégante plaquettaire.

Cette activité démontrée in vitro passe par la réduction de l’interleukine 6 (IL-6) et du facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α), et par l’inhibition des cyclooxygénases COX-1 et COX-2, avec une efficacité confirmée in vivo.

Propriétés immunomodulantes :

La reine des prés inhibe l’action du complément et la prolifération des cellules T. Ses propriétés immunomodulantes présentent un intérêt en thérapeutique ORL, en particulier pour les maladies des voies respiratoires supérieures et les infections aiguës et chroniques.

Propriétés anticoagulantes :

La reine des prés contient une substance analogue à l’héparine d’origine animale, et possède donc une activité anticoagulante et fibrinolytique importante.

Propriétés astringentes :

La reine des prés est par ailleurs astringente. Elle entraîne une diminution de la perméabilité capillaire et des membranes cellulaires, ainsi qu’une vasoconstriction locale, et elle exerce une activité antidiarrhéique. C’est un excellent détersif pour laver les plaies et les ulcères, dont elle accélère l’assèchement.

Propriétés diurétiques :

La reine des prés est natriurétique, kaliurétique, et uricolytique (malgré l’inhibition de la sécrétion tubulaire proximale d’acide urique par l’acide salicylique).

Propriétés antioxydantes et cytoprotectrices :

La reine des prés possède une haute activité antioxydante : l’extrait phénolique de la reine des prés inhibe à hauteur de 75 % l’oxydation du linoléate de méthyle. Les fractions eau, méthanol et acétate d’éthyle de la reine des prés possèdent la capacité de piéger les radicaux libres et les ions superoxydes.

L’administration locale d’une décoction de reine des prés s’est montrée efficace in vivo (39 % de baisse de fréquence d’apparition de cellules carcinomateuses) et chez l’humain (réponse positive chez 32 patientes, soit 67 %, dont 25 cas, soit 52 %, de régression complète) pour traiter les dysplasies du col utérin, et pour prévenir le cancer du col utérin.

Propriétés antibactériennes :

La reine des prés exerce une activité antibactérienne contre les bactéries Gram (+) et Gram (-). Elle est active notamment contre le staphylocoque doré et le colibacille (effet attribué aux flavonoïdes et à l’acide salicylique).

Existe-t-il des précautions d’emploi concernant la Reine des prés ?

Contre-indications :

  • Allergie ou hypersensibilité aux dérivés salicylés (aspirine).
  • Chez les personnes qui doivent éviter l’aspirine en raison d’une autre médication, ou sous certaines conditions médicales, en cas d’allergie à d’autres anti-inflammatoires (par exemple, antécédents d’œdème de Quincke, spasme ou urticaire chronique), d’asthme déclenché par l’aspirine, de syndrome de Widal.
  • Néphrite.
  • La reine des prés est déconseillée chez les enfants fiévreux, en raison du risque du syndrome de Reye associé à la consommation de salicylates.
  • La reine des prés pourrait augmenter le tonus utérin et stimuler l’activité utérine. Compte tenu de l’absence de données suffisantes, l’EMA ne recommande pas la plante en cas de grossesse ou d’allaitement, ainsi que chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans.

Effets secondaires :

  • Les effets secondaires théoriques de la reine des prés sont ceux de l’acide salicylique contenu dans la plante. Par ailleurs, la présence importante de tanins exerce un effet astringent protecteur au niveau des muqueuses digestives et des vaisseaux sanguins.

Précaution d’emploi :

  • Le salicylate de méthyle est régulièrement à l’origine d’intoxications dont la symptomatologie est celle de l’intoxication salicylée : 1 ml de salicylate de méthyle est équivalent à 1,4 g d’acide acétylsalicylique (aspirine) et les quantités ingérées sont parfois supérieures à 10 ml.

Interactions médicamenteuses :

  • Prudence en cas de co-administration d’antiagrégants, d’anticoagulants et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. L’EMA recommande un suivi médical en cas d’association.
  • Surveiller la biologie (INR) en cas d’association avec les anticoagulants.
  • Interactions potentielles avec la warfarine.
  • Contre-indication avec l’héparine et dérivés.

Comment prendre la Reine des prés et à quel dosage ?

Forme sèche :

Forme liquide :

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.