Troubles bipolaires et approches naturelles

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Affections mentales et troubles bipolaires

Les troubles bipolaires sont caractérisés par une alternance de périodes d’humeur extrêmement élevée (manie), d’humeur extrêmement basse (dépression) et de périodes d’humeur normale. Les troubles débutent généralement à l’adolescence, entre 20 et 30 ans ou entre 30 et 40 ans.

L’hérédité, des facteurs sociaux ou des troubles au niveau des neurotransmetteurs du cerveau (dysrégulation de la sérotonine, de la noradrénaline et de la dopamine) peuvent effectivement être à l’origine de ces pathologies. La prévalence sur la vie entière est de près de 4%. Les taux de troubles bipolaires de type I sont presque égaux entre l’homme et la femme.

Des facteurs psychosociaux peuvent être impliqués. Des événements de vie stressants sont souvent associés à l’apparition des symptômes et aux aggravations suivantes, bien que le lien entre la cause et les conséquences n’ait pas encore été établi d’une façon certaine.

On distingue plusieurs types de troubles bipolaires :

  • Le trouble bipolaire de type I :

Il se définit par l’alternance d’accès maniaques à part entière et d’importants épisodes dépressifs. Il débute fréquemment par la dépression. L’intervalle entre dépression et accès maniaque peut néanmoins s’exprimer en mois ou en années.

  • Le trouble bipolaire de type II :

Il est déterminé par un antécédent d’au moins un épisode dépressif majeur et au moins un épisode hypomaniaque. L’hypomanie est en fait un état dans lequel l’hypomaniaque est proche de l’excitation maniaque, c’est une forme atténuée de la manie. Cet état se compare par ailleurs à l’euphorie.

Le concept d’hypomanie a été décrit par Mendel en 1881 :

  1. Variations de l’humeur : de la gaieté à la tristesse et même à l’hostilité
  2. Augmentation de la créativité et de la sociabilité
  3. Gain d’énergie, diminution du sommeil, entre autres.
  • La cyclothymie :

La personne présente des épisodes d’hypomanie récidivants ainsi que des symptômes de dépression. La plupart des accès ont une durée inférieure à 3 mois. La durée des cycles a tendance au fil du temps à diminuer d’épisode en épisode.

 

Les facteurs de risques :

Intrinsèques :

  • L’hérédité

La mutation de plusieurs gènes est en conséquence corrélée avec l’apparition de troubles bipolaires.

  • L’hémochromatose

D’origine génétique, l’hémochromatose se traduit par des taux de fer sérique élevés. Le fer en excès catalyse en définitive la réaction de Fenton qui produit des radicaux libres. Il est associé à un stress oxydatif important, qui touche l’ensemble des organes, y compris le cerveau.

 

Extrinsèques :

  • Un traumatisme durant l’enfance

Cela peut être de la maltraitance, un abus sexuel mais aussi la perte d’êtres chers, etc.

  • Le stress, le burn-out

Le stress dérègle les circuits hormonaux et les neurotransmetteurs (taux de cortisol élevé puis épuisement du cortisol dans le cas du burn-out). Il est en lien avec la dépression et induit une baisse de l’immunité, pouvant rendre la personne plus sensible aux agents infectieux.

  • La consommation de cannabis

Selon une méta-analyse de 2019, 24% des personnes atteintes de troubles bipolaires consommeraient du cannabis. Cette corrélation étant plus élevée chez les hommes jeunes, célibataires, avec parfois un niveau d’éducation moindre. Cette fraction des personnes bipolaires connaît aussi une apparition précoce des symptômes, une utilisation de substances addictives (tabac, alcool ; etc.) et un taux de tentatives de suicide élevé.

 

Conseils naturopathiques afin d’atténuer les crises de bipolarité :

  • S’assurer du soutien des proches

Cette phase est effectivement cruciale pour prévenir des épisodes plus importants.

  • Une thérapie de groupe

Elles est souvent recommandée aux personnes atteintes de bipolarité et à leurs conjoints; ils y apprennent des généralités sur les troubles bipolaires, leurs conséquences sociales ainsi que le rôle central des stabilisateurs de l’humeur dans le traitement.

  • La psychothérapie individuelle

Elle permet également de mieux gérer les problèmes journaliers et de s’adapter à sa nouvelle façon de vivre.

Les personnes bipolaires ont des taux de folates ou vitamine B9, vitamine B12 et SAM plus basses que la population générale, en lien entre autres avec une cause génétique. La SAM et les vitamines du groupe B sont utilisées dans la phase dépressive de la maladie.

Selon une étude de 2016 menée sur un échantillon de personnes bipolaires ou présentant d’autres affections psychiatriques, la carence en vitamine D serait 4,7 plus fréquente chez ces personnes‌. Selon une hypothèse proposée en 2015, des niveaux insuffisants de vitamine D et d’acides gras oméga 3, en combinaison avec des facteurs génétiques, à certaines périodes clés du développement de l’individu, mèneraient à une dysfonction du métabolisme de la sérotonine. Ceci pourrait être un des mécanismes explicatifs d’un niveau trop faible de sérotonine dans le trouble bipolaire et la dépression. La supplémentation en oméga 3 (EPA et DHA) et vitamine D améliore les symptômes des personnes bipolaires en phase de manie et de dépression. Elle augmenterait aussi la durée des phases de rémission.

  • Adopter un rythme de vie régulier

Privilégier le respect du temps de sommeil, l’activité physique, l’éviction des intoxicants comme l’alcool, le café, le tabac, le cannabis ou d’autres drogues, sont notamment autant de recommandations de base utiles pour stabiliser la maladie.

  • Penser à s’hydrater

En cas de troubles bipolaires, outre l’alimentation, l’hydratation ne doit pas être négligée. L’eau est la meilleure des boissons; elle subvient à nos besoins hydriques. Oublier la caféine et l’alcool en excès, car ces derniers sont également responsables de faire varier l’humeur. Le thé en revanche, la camomille plus précisément, a fait ses preuves comme un traitement alternatif naturel à l’anxiété et l’insomnie.

  • Se supplémenter en magnésium

Minéral essentiel, il présente de nombreux bienfaits pour la santé et contribue à la fonction musculaire et neuronale.

  • Faire des cures de sélénium

Le sélénium est un minéral essentiel, qui semblerait maintenir la santé du cerveau. Ce dernier trouve sa source dans les produits de la mer, les fruits oléagineux, les abats ou les volailles.

Cet acide aminé composant les protéines semblerait améliorer la qualité du sommeil, ce qui permettrait de remédier à l’insomnie, généralement rencontrée dans les troubles bipolaires. Précurseur de la sérotonine, , il permet notamment de limiter l’impact des états dépressifs. La déplétion rapide en tryptophane est une méthode dont l’effet obtenu est une réduction des symptômes de manie.

  • Accordez-vous un peu de chocolat noir

Pour l’humeur, la consommation de chocolat noir, par sa composition en magnésium, semble « calmer les esprits ».

Le chrome agit sur les neurotransmetteurs de la catégorie des monoamines, ainsi que sur le métabolisme du glucose et des lipides. Il améliore la sensibilité à l’insuline dans l’hypothalamus, ce qui améliore l’utilisation du glucose et donc le fonctionnement du cerveau.
Un apport en choline réduirait la sévérité de la manie chez des patients bipolaires à cycles rapides traités au lithium.
Dans une étude publiée en 2020, des personnes atteintes de troubles bipolaires en phase euthymique ont été supplémentées pendant 3 mois avec un mélange de 9 souches probiotiques. Ces personnes ont montré une amélioration de leur fonction cognitive, avec un meilleur fonctionnement de l’individu sur le plan psychosocial et professionnel.
  • L’acupuncture

En cas de troubles bipolaires, l’acupuncture est également un traitement naturel recommandé. Elle peut accompagner la phase dépressive et la phase hypomaniaque de la maladie.
  • La méditation pleine conscience

Des essais récents suggèrent que la méditation pleine conscience pourrait améliorer l’intensité des états anxieux chez des jeunes à risque de développer un syndrome bipolaire.

 

Côté alimentation :

À favoriser :

  • Légumes
  • Aromates
  • Épices
  • Champignons
  • Fruits
  • Fruits secs
  • Oléagineux
  • Légumineuses
  • Céréales :
    • avec gluten (complètes et bio)
    • sans gluten
    • petit-déjeuner
  • Graines
  • Produits laitiers
  • Soja et dérivés, tofu
  • Boissons végétales
  • Crèmes végétales
  • Algues
  • Condiments
  • Tubercules
  • Graines germées
  • Matières grasses végétales
  • Produits lactofermentés
  • Thé
  • Protéines concentrées végétales
  • Viandes blanches
  • Poissons maigres
  • Poissons gras
  • Crustacés
  • Œufs

 

À limiter :

  • Viande rouge
  • Matières grasses animales
  • Condiment
  • Produits céréaliers (blanc, non complets)
  • Café
  • Pâtisserie/viennoiserie
  • Céréales petit-déjeuner
  • Charcuteries
  • Les boissons
  • Produits transformés et industriels
  • Additifs alimentaires
  • Alcools
  • Les fritures, tempuras, panures
  • Matières grasses
  • Les aliments allégés
  • Le sucre raffiné et les glucides complexes (la consommation de sucre impacte directement l’humeur des sujets. En effet, l’irritabilité est un effet secondaire provoqué par le sucre. L’impact du sucre sur la glycémie peut se répercuter sur le fonctionnement du cerveau. Une glycémie trop élevée accentue les symptômes de fatigue, d’irritabilité, d’insomnie, de soif intense, de baisses d’attention et d’états dépressif)

Quelles plantes en cas de troubles bipolaires ?

La Valériane est la plante la plus documentée pour lutter contre l’insomnie et l’anxiété résiduelles dans les troubles bipolaires en phase euthymique.
Les mécanismes d’action proposés sont l’amélioration de la transmission du GABA, des effets sérotoninergiques, et potentiellement des effets sur les récepteurs à l’adénosine et à la mélatonine. Cette plante inhibe la recapture et stimule la libération du GABA (neuromédiateur inhibiteur), l’acide valérénique est un ligand pour les récepteurs au GABA et inhibe la GABA-transaminase.

L’hypericine et l’hyperforine, substances actives identifiées dans le Millepertuis, agiraient sur la modulation de plusieurs neurotransmetteurs : sérotonine, dopamine et norépinéphrine. Le Millepertuis a un effet anti inflammatoire, modulateur de linterleukine-6, un médiateur de l’inflammation.

Il a des répercussions bien connues contre la dépression et semble avoir un effet contre l’anxiété mais pas l’insomnie. Il est utilisé dans la dépression légère à modérée dans le trouble bipolaire pour les personnes qui ne tolèrent pas les antidépresseurs. Mal dosé ou mal utilisé, il pourrait induire des phases de manie, un syndrome sérotoninergique.
Un essai de 2013 mené en double-aveugle sur patients bipolaires en phase euthymique et sous traitements stabilisateurs de l’humeur, a révélé l’efficacité et la sécurité de l’Aschwaganda comme agent pro-cognitif.
Utilisée dans la phase dépressive, son utilisation est néanmoins controversée car elle pourrait déclencher une phase de manie. Elle est cependant déconseillée en phase maniaque.
Cette plante de la médecine ayurvédique est utilisée dans les phases de manie avec le lithium, dont elle augmente l’efficacité sans risque d’interaction toxique.

Les plantes susceptibles de déclencher un épisode maniaque sont : le Millepertuis, le Ma-Huang, le Gingko, le Ginseng, la Rhodiole. Dans les cas reportés, ces plantes étaient utilisées à forte dose pour le Millepertuis, ou avec usage concomitant de médicaments ou de drogues récréatives. Attention toutefois, certaines plantes provoquent de nombreuses interactions médicamenteuses et présentent plusieurs précautions d’emploi. En aucun cas les conseils proposés dans cet article ne sont susceptibles de se substituer à eux seuls à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé, ainsi que votre degré de bipolarité lors d’une consultation individuelle.

 

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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