Chikungunya, comment utiliser l’aromathérapie pour lutter contre les moustiques tigres ?

Faute de traitement spécifique contre le chikungunya, la protection contre les moustiques devient une priorité, et l’aromathérapie s’impose comme une solution complémentaire intéressante pour se défendre contre le moustique vecteur. Les huiles essentielles, reconnues pour leurs propriétés anti-inflammatoires et immunostimulantes, offrent une réponse naturelle à certains symptômes chroniques. Après un bref aperçu de la prise en charge de cette maladie, nous décrirons les principales huiles essentielles actives contre les moustiques et les douleurs articulaires liées au chikungunya. Nous proposerons également un protocole pratique ainsi que des alternatives en phytothérapie et en gemmothérapie.

Quelle est la position de l’OMS sur le chikungunya et son traitement ?

La position de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant le chikungunya et son traitement s’inscrit dans le cadre du Global Arbovirus Initiative, qui soutient les pays dans la surveillance et la lutte contre les arbovirus.
En ce qui concerne le chikungunya, l’OMS est impliquée dans plusieurs actions :

  • Aider les pays à confirmer les épidémies grâce à son réseau de laboratoires collaborateurs.
  • Fournir un appui technique et des lignes directrices pour une gestion efficace des flambées de maladies transmises par les moustiques.
  • Évaluer les efforts de développement de nouveaux moyens, y compris les insecticides et leurs méthodes d’application.
  • Élaborer des stratégies, politiques et plans de gestion des épidémies fondés sur des données probantes.
  • Apporter un soutien technique pour un meilleur traitement des cas et une gestion efficace des épidémies.
  • Aider les pays à renforcer leurs systèmes de notification.
  • Organiser des formations en gestion clinique, diagnostic et lutte antivectorielle en collaboration avec les centres régionaux.
  • Publier des directives et manuels destinés aux États membres sur la surveillance épidémiologique, l’analyse en laboratoire, la prise en charge clinique et la lutte contre les vecteurs.
  • Promouvoir des approches intégrées et multidisciplinaires pour la gestion des arbovirus.

L’OMS encourage également les pays à développer et maintenir les capacités nécessaires pour détecter et confirmer les cas, traiter les patients et mettre en œuvre des stratégies de communication visant à réduire la présence des moustiques vecteurs.

Quels sont les progrès récents de la recherche sur le chikungunya ?

Bien qu’il n’existe pas encore de traitement spécifique, les connaissances sur le virus progressent. Les épidémies de chikungunya à La Réunion et dans les Antilles françaises ont donné lieu à des recherches épidémiologiques et cliniques. Ces travaux ont permis une meilleure compréhension de la maladie, de ses conséquences à long terme et des risques de transmission de la mère à l’enfant.
Le programme DAG2, soutenu par Aviesan, a collecté des échantillons biologiques en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane française. Il a constitué une cohorte incluant différents arbovirus comme Zika et la dengue. L’étude CHIKHITA a suivi des adultes durant la phase aiguë du chikungunya et pendant trois ans. Cependant, la diminution du nombre de cas a limité l’achèvement de cette recherche.

Les travaux scientifiques ont identifié des cibles thérapeutiques potentielles, en particulier la protéine FHL1, indispensable au virus pour pénétrer dans les cellules humaines et murines. Le blocage de FHL1 pourrait ainsi freiner l’infection.

La mise au point de vaccins avance également. Le vaccin CHIKV VLP, développé par les NIH américains, utilise des particules pseudo-virales pour déclencher une réponse immunitaire sans risque de réplication. Après une étude clinique de phase 2 concluante, son efficacité en conditions épidémiques doit encore être évaluée.

Les recherches montrent aussi que les cellules dendritiques plasmacytoïdes (pDC) jouent un rôle clé dans la réponse immunitaire contre le chikungunya et la dengue. Bien qu’elles soient minoritaires, elles produisent rapidement des interférons de type I, qui bloquent la réplication virale et mobilisent d’autres cellules immunitaires.

En l’absence de traitement curatif, la prise en charge du chikungunya reste symptomatique : antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, corticoïdes, et parfois méthotrexate ou anti-TNF alpha dans les formes chroniques. Le vaccin VLA1553 de Valneva SE, commercialisé sous le nom Ixchiq, a été approuvé en 2023 par la FDA. Il s’agit du premier vaccin contre le chikungunya destiné aux adultes exposés au risque.

Comment se protéger efficacement contre le moustique du chikungunya ?

Que faire ? Contre le chikungunya, comme contre le paludisme, la prévention des piqûres reste la mesure la plus efficace. Il suffit d’adopter des gestes simples : porter des vêtements couvrants, utiliser des répulsifs naturels, installer des moustiquaires et éviter les eaux stagnantes.

Si vous voyagez dans une zone à risque, vous pouvez, en complément des mesures de protection classiques, appliquer une prévention à base d’huiles essentielles pour renforcer la protection.

Huile essentielle d’Eucalyptus citronné

L’eucalyptus citronné est un véritable insecticide naturel. Son huile essentielle agit efficacement contre les larves de moustiques vecteurs de la dengue et du chikungunya, ainsi que contre les acariens. Son parfum frais et citronné éloigne les moustiques grâce aux molécules de citronellal et de citronellol. En cas de piqûre, elle procure un soulagement rapide grâce à ses puissantes propriétés antidouleur et anti-inflammatoires. Elle est également utilisée comme répulsif en médecine vétérinaire.

L’huile essentielle d’eucalyptus citronné possède aussi de fortes propriétés anti-rhumatismales. Le citronellal, un aldéhyde monoterpénique, représente plus de 60 % de sa composition et en constitue le principal actif.

Huile essentielle de Litsée citronnée (Verveine exotique)

La litsée citronnée agit contre les moustiques Aedes, Anopheles et Culex. Connue aussi sous le nom de verveine exotique, elle se distingue par son odeur citronnée due à une forte concentration en citrals (isomères géranial et néral), qui représentent près de 75 % de son huile essentielle. Cette plante est particulièrement intéressante pour son double rôle répulsif et insecticide, notamment contre les moustiques du genre Aedes.

Huile essentielle d’Ylang-ylang

L’ylang-ylang possède un puissant effet répulsif sur les moustiques, en particulier sur le vecteur de la dengue (Aedes aegypti). Cependant, son action insecticide et ovicide (destruction des œufs) reste limitée sur les vecteurs de la dengue, du paludisme et du culex.

Huile essentielle de Citronnelle de Ceylan

La citronnelle est connue comme un répulsif naturel contre les moustiques. L’association du géraniol et du citronellol assure une protection active pendant deux à quatre heures. Elle repousse moustiques et guêpes (en prévention) et aide aussi à apaiser les piqûres.

L’huile essentielle de citronnelle de Ceylan appartient au genre botanique Cymbopogon spp. et présente une composition similaire à celle de la citronnelle de Java. Des recherches japonaises ont confirmé son activité antifongique, identifiant notamment : géraniol (35,7 %), trans-citral (22,7 %), cis-citral (14,2 %), acétate de géranyle (9,7 %), citronellal (5,8 %), citronellol (4,6 %). La citronnelle de Ceylan se distingue par son faible taux de citronellal (environ 5 %, contre 32 % pour la citronnelle de Java).

Huile essentielle d’Armoise blanche

L’armoise blanche agit comme répulsif naturel contre les insectes, en particulier Aedes albopictus (vecteur de la dengue et du chikungunya).

Huile essentielle de Géranium rosat

L’huile essentielle de géranium rosat, également appelée géranium d’Égypte, est efficace contre les moustiques. Grâce à la présence de géraniol (≈ 10 %) et de citronellol (jusqu’à 36 %), elle développe de fortes propriétés répulsives. Ces composants lui confèrent une efficacité notable contre les moustiques et d’autres insectes.

Quels traitements naturels pour soulager les douleurs du chikungunya ?

Si la vigilance face au moustique tigre n’a pas suffi et que le diagnostic de chikungunya est posé, certaines huiles essentielles de qualité peuvent accompagner le processus de guérison et stimuler l’immunité.

Préparation pour application locale par massage

  • Ravintsara (Cinnamomum camphora) : 5 ml
  • Citronnelle de Ceylan (Cymbopogon citratus) : 3 ml
  • Palmarosa (Cymbopogon martinii var. motia) : 3 ml
  • Girofle (Eugenia caryophyllus) : 1 ml
  • Katrafay (Cedrelopsis grevei) : 2 ml
  • Huile végétale de noyau d’abricot : 16 ml

Mode d’emploi : appliquer 25 gouttes du mélange sur la poitrine et 25 gouttes sur le dos, 8 fois par jour pendant 48 h, puis 6 fois par jour pendant 48 h, puis 4 fois par jour pendant 3 jours.

Précautions :

  • Enfants de 6 à 12 ans : dose réduite de moitié.
  • Enfants de 3 à 6 ans : dose réduite à 1/4.
  • Même durée de traitement.
  • Déconseillé aux enfants de moins de 3 ans.
  • Interdit aux femmes enceintes et allaitantes.

Autres approches naturelles pour le chikungunya

  • Homéopathie : un protocole adapté, élaboré avec votre médecin, peut aider à cibler les symptômes.
  • Gemmothérapie :
  • Ribes nigrum (cassis) : action anti-inflammatoire et tonique générale.
  • Ampelopsis veitchii (vigne vierge) : effet ciblé sur les articulations.

Comme en naturopathie en général, la lutte contre les symptômes doit rester secondaire. La priorité est de soutenir le système immunitaire.

Plantes et compléments utiles

  • Échinacée : stimule efficacement les défenses immunitaires.
  • Gingembre : puissant antiviral reconnu contre le virus du chikungunya.
  • Chlorure de magnésium : considéré par certains praticiens comme un outil efficace de stimulation immunitaire. Il se prend en grandes quantités, un sachet dilué dans un litre d’eau, consommé tout au long de la journée, sur quelques jours comme « protocole d’attaque ». Bien que controversée et critiquée par les autorités, de nombreux témoignages rapportent des effets bénéfiques.

Utilisée avec précaution et sous supervision de professionnels de santé, l’aromathérapie peut représenter un soutien naturel intéressant dans la gestion des symptômes du chikungunya. En combinant certaines huiles essentielles avec la phytothérapie, la gemmothérapie ou l’homéopathie, il est possible de soulager les douleurs articulaires persistantes, de renforcer l’immunité et d’améliorer le confort du patient. La prévention des piqûres de moustiques demeure toutefois l’arme la plus efficace, mais ces approches complémentaires ouvrent la voie à une prise en charge plus douce, globale et personnalisée.

Sources :

  • Wikipedia – Chikungunya
  • MSD Manuals – Chikungunya
  • ARS Occitanie – Dengue, Chikungunya et Zika
  • Vidal – Santé et voyage : chikungunya

FAQ sur les huiles essentielles contre le moustique tigre et le chikungunya

Pourquoi se protéger du moustique tigre en cas de chikungunya ?

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est le principal vecteur du chikungunya, mais aussi d’autres arboviroses comme la dengue ou le Zika, d’où l’importance de limiter les piqûres pour réduire le risque d’infection.
En l’absence de traitement spécifique, la stratégie repose sur la lutte antivectorielle : vêtements couvrants, moustiquaires, répulsifs cutanés et, en complément, des huiles essentielles répulsives adaptées et bien utilisées.

Quelles huiles essentielles sont les plus efficaces contre le moustique tigre ?

Les huiles essentielles les plus documentées contre le moustique tigre sont celles d’Eucalyptus citronné, de Citronnelle (Ceylan ou Java), de Litsée citronnée (verveine exotique) et de Géranium rosat, riches en molécules comme le citronellal, le citronellol ou le géraniol.
D’autres, comme l’Ylang‑ylang ou certaines armoises, présentent également un effet répulsif intéressant, surtout lorsqu’elles sont intégrées dans une synergie d’huiles essentielles appliquée sur la peau ou les vêtements, toujours diluée dans une huile végétale.

Comment préparer une synergie d’huiles essentielles répulsive contre le moustique tigre ?

Une préparation répulsive peut associer plusieurs huiles essentielles complémentaires (par exemple Eucalyptus citronné, Citronnelle, Palmarosa, Géranium rosat) diluées dans une huile végétale légère comme le jojoba ou le noyau d’abricot.
On applique ensuite quelques gouttes du mélange sur les zones découvertes (bras, jambes, chevilles) en évitant le visage et les muqueuses, avec une renouvellement régulier (toutes les 2–3 heures environ) et en respectant les précautions d’emploi propres à l’aromathérapie.

Les huiles essentielles peuvent-elles remplacer les répulsifs classiques contre le moustique tigre ?

Les huiles essentielles répulsives offrent une alternative naturelle intéressante, mais elles ne doivent pas se substituer aux répulsifs homologués lorsque le risque de chikungunya ou de dengue est élevé, notamment chez les personnes fragiles.
L’approche la plus prudente consiste à les utiliser comme complément, en combinaison avec les mesures de protection recommandées par les autorités de santé (vêtements couvrants, moustiquaires, gestion des eaux stagnantes) et, si besoin, avec un répulsif cutané conventionnel correctement choisi.

Ces huiles essentielles sont-elles adaptées aux enfants et aux femmes enceintes ?

De nombreuses huiles essentielles répulsives sont contre‑indiquées chez la femme enceinte, la femme allaitante et les jeunes enfants, en particulier en dessous de 3 ou 7 ans selon les essences, en raison de leurs molécules potentiellement irritantes ou neurotoxiques.
Dans ces situations à risque, il est préférable de privilégier des répulsifs spécifiquement formulés pour ces publics et validés par les autorités sanitaires, en demandant toujours l’avis de votre pharmacien pour adapter la stratégie de protection contre le moustique tigre.

Comment utiliser les huiles essentielles en cas de douleurs articulaires liées au chikungunya ?

Certaines huiles essentielles comme le Ravintsara, le Katrafay, la Citronnelle ou le Girofle peuvent être utilisées en massage local diluées dans une huile végétale pour soulager les douleurs articulaires persistantes après un chikungunya.
Elles sont intégrées dans un protocole aromathérapeutique encadré, en association avec d’autres approches naturelles ( phytothérapie, gemmothérapie, homéopathie ) et toujours en complément de la prise en charge médicale mise en place par le médecin ou le spécialiste.

Quelles précautions prendre avant d’appliquer des huiles essentielles répulsives sur la peau ?

Avant toute application cutanée, il est recommandé d’effectuer un test de tolérance en déposant une goutte du mélange dilué au creux du coude et en surveillant l’absence de rougeur ou de picotements dans les 24 heures.
Il faut toujours diluer les huiles essentielles dans une huile végétale, éviter toute application sur les muqueuses, les yeux, les plaies et les zones très sensibles, et respecter les contre‑indications d’âge, de grossesse, d’allaitement ou d’antécédents allergiques.

Les huiles essentielles suffisent-elles pour se protéger du chikungunya ?

Les huiles essentielles répulsivesmaillon de la prévention du chikungunya : la priorité reste la lutte contre les moustiques (élimination des gîtes larvaires, moustiquaires, vêtements couvrants, répulsifs adaptés).
En cas de voyage en zone à risque ou de symptômes évocateurs ( fièvre brutale, douleurs articulaires importantes ), il est indispensable de consulter rapidement un médecin et de suivre les recommandations officielles en matière de diagnostic, de prise en charge et, si indiqué, de vaccination.

1 réflexion au sujet de « Chikungunya, comment utiliser l’aromathérapie pour lutter contre les moustiques tigres ? »

  1. Merci pour ces recettes très utiles ! Je ne pars pas en Afrique mais dans le sud il faut aussi se protéger des moustiques, surtout qu’en ce moment il y a le moustique tigre :s

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