Le Caralluma, le prince de la satiété

caralluma

Les fleurs de caralluma dégagent une telle odeur putride que les nomades arabes la surnommèrent qahr al-luhum (plaie charnelle, abcès). Au fil du temps et des échanges commerciaux, la plante arriva en Occident où son nom fut latinisé en Caralluma. C’est une plante dite “succulente” : elle est capable d’emmagasiner de l’eau dans ses tiges et ses feuilles. De fait, elle était traditionnellement utilisée par les Indiens pour étancher la soif, mais aussi réduire ou supprimer l’appétit, et augmenter la résistance durant les périodes de chasse.

Un peu d’histoire

Utilisée en médecine ayurvédique, le caralluma est malgré tout considéré comme un aliment en Inde, où il pousse de manière sauvage dans plusieurs régions et où les populations rurales l’ont toujours consommé. La plante est généralement préparée et employée comme un légume, cru, cuit ou mis en conserve. Elle est parfois utilisée comme “aliment de famine” pendant les périodes de pénurie alimentaire.

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques des parties aériennes de Caralluma ?

Effet modérateur de l’appétit :

Caralluma adscendens est de la même famille que Hoodia gordonii, cactus venu d’Afrique du Sud, connu pour ses effets positifs sur la satiété. Leur mode d’action pour réduire la faim est similaire. Les composés responsables de cette action semblent être les glycosides de prégnane.

Ces principes actifs, abondants dans le caralluma, envoient un signal de satiété au cerveau et plus précisément à l’hypothalamus, responsable du contrôle de la faim, ce qui explique l’action coupe-faim du caralluma.

Propriétés lipolytiques :

Les glycosides de prégnage du caralluma freinent le stockage des graisses dans le corps, en inhibant des enzymes impliquées dans la lipogenèse dont la citrate lyase.

Une étude menée par un laboratoire, mentionnée par l’institut Européen des Substances Végétales (IESV), a évalué l’activité lipolytique d’un extrait fluide de plantes fraîches standardisé en solution glycérinée sur des explants de tissus adipeux en culture (ex vivo). Cette étude d’une durée de 10 jours suivait le protocole suivant :

  • Traitement équivalent à 10ml/jour chez un individu de 90 kg
  • Dosage des lipides excrétés (dans le milieu)
  • Analyse morphologique des adipocytes

Les résultats obtenus ont mis en évidence une augmentation de l’excrétion des acides gras de 92 % et une diminution significative de la taille des adipocytes, ce qui montre que le caralluma semble exercer un effet lipolytique.

Une étude in vitro a montré que des extraits de caralluma à diverses concentrations inhibent la division des cellules pré-adipocytaires, limitant le développement des adipocytes.

Propriétés hypoglycémiantes et métaboliques :

Suite à plusieurs études, le caralluma diminue la prise alimentaire de façon dose-dépendante, mais protège contre l’athérosclérose et améliore le profil lipidique sanguin. Il contribue également à réduire le tour de taille, comme l’indique une étude australienne de 2013. D’où son intérêt dans la prévention cardio-vasculaire du sujet obèse ou en surpoids.

Autres propriétés :

Une revue de la littérature de 2014 mentionne l’efficacité du genre végétal Caralluma dans plusieurs activités pharmacologiques in vitro et in vivo, notamment antimicrobienne, antioxydante et anticancéreuse. Cette bio activité pourrait être due à la présence des glycosides de prégnane, des glycosides de flavonoïdes et les flavones présents dans le caralluma.

En particulier, une étude de 2019 a montré que l’extrait hydrométhanolique de Caralluma adscendens var. attenuata exerce un effet cytotoxique à médiation apoptotique sur des lignées cellulaires canéreuses du colon et du foie.

Existe-il des précautions d’emploi concernant le Caralluma ?

Précaution d’emploi :

  • Malgré l’absence de toxicité, par principe de précaution du fait du manque d’études scientifiques, le caralluma est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants de moins de 12 ans.
  • Aucune interactions médicamenteuses n’a été rapporté jusqu’à présent.

Comment prendre le Caralluma et à quel dosage ?

Forme sèche :

  • En complément alimentaire, seul, sous forme de poudre ou en gélules.

Forme liquide :

Le Caralluma en préparation magistrale d’extraits standardisés sous forme liquide (EPS)

En association avec le guarana :

Dans la modération de l’appétit, en particulier dans l’aide à la perte de poids.

En association avec le griffonia :

Pour la modération de l’appétit et des pulsions sucrées, notamment en accompagnement d’un régime amaigrissant.

En association avec l’orthosiphon et le mélilot :

Dans l’ aide à l’amaigrissement en cas de surpoids avec rétention hydrique et mauvais retour veinolymphatique.

En association avec la piloselle et la vigne rouge :

Dans le cas de cellulite et de surcharge pondérale.

En association avec le curcuma :

Pour traiter la surcharge pondérale et l’obésité, avec ou sans stéatose hépatique, en particulier dans l’aide à la stabilisation pondérale dans les suites d’une phase de perte de poids.

En association avec le chardon-Marie :

Dans l’aide à l’amaigrissement ou la stabilisation pondérale dans un contexte de syndrome métabolique ou de diabète de type 2.

En association avec le ginseng :

Pour la régulation de la glycémie chez un sujet en surpoids ou obèse, notamment en cas de surmenage et de stress.

En association avec l’olivier :

Pour la régulation de la glycémie chez un sujet en surpoids ou obèse, notamment dans un contexte d’hypertension artérielle.

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *