Diététique et gestion du surpoids dans l’obésité

Prise en charge diétetique et nutritionnelle des déséquilibres de poids : surpoids et obésité
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L’obésité correspond à un excès de poids, définie comme un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 kg/m2. Les complications comprennent les pathologies cardiovasculaires (en particulier chez le sujet présentant un excès de graisse abdominale → profil androïde), un diabète sucré, certains cancers, une lithiase biliaire, une stéatose hépatique, une cirrhose, une arthrose, des troubles de la reproduction chez l’homme et la femme, des troubles psychologiques et, pour le sujet dont l’IMC est ≥supérieur à 35, un décès prématuré.

Le diagnostic se base en effet sur l’indice de masse corporelle. Le traitement comprend la modification du mode de vie (régime alimentaire, activité physique et comportement) et, dans certains cas particuliers, la chirurgie bariatrique.

Quelles sont les causes de l’obésité ?

Les causes de l’obésité sont probablement multifactorielles et peuvent comprendre une prédisposition génétique. Au final, l’obésité est causée par un déséquilibre de longue date entre l’apport énergétique et l’utilisation d’énergie, notamment les dépenses d’énergie pour les besoins métaboliques de base et les dépenses d’énergie liées à l’activité physique. Cependant, de nombreux autres facteurs semblent augmenter la prédisposition à l’obésité, dont les perturbateurs endocriniens, le microbiome intestinal, les cycles veille/sommeil et des facteurs environnementaux.

Surpoids, obésité… Zoom sur les troubles du comportement alimentaire

La prise de poids liée à l’obésité est associée à 2 principaux troubles du comportement alimentaire :

  • L’hyperphagie boulimique :

Elle correspond à la consommation impulsive de grandes quantités d’aliments avec notamment un sentiment subjectif de perte de contrôle pendant l’épisode et à une culpabilité au décours de l’épisode. Ce trouble ne comporte pas cependant de comportements compensatoires, tels que les vomissements. L’hyperphagie boulimique se produit chez environ 3,5% des femmes et 2% des hommes au cours de leur vie et chez environ 10 à 20% des sujets qui participent à des programmes de perte de poids. L’obésité associée à ces désordres peut être importante et par conséquent, souvent caractérisée par des fluctuations pondérales ainsi que des difficultés psychologiques.

  • Le syndrome de polyphagie nocturne :

Elle comprend une anorexie matinale, une hyperphagie le soir et une insomnie, avec notamment le fait de manger au milieu de la nuit. Dans cette situation, plus de 25 à 50% de la prise alimentaire quotidienne ont lieu après le repas du soir. En conséquence, environ 10% des personnes qui consultent pour traitement d’une obésité sévère présentent ce trouble aux États-Unis.

D’autres troubles du comportement alimentaires, proches mais moins marqués contribuent probablement à une prise de poids chez un plus grand nombre de sujets. Par exemple, s’alimenter après le repas du soir contribue à une prise de poids excessive chez nombre de personnes qui n’ont pas de syndrome d’alimentation nocturne.

Quels sont les risques de complication de l’obésité ?

Les complications de l’obésité incluent :

  • Le diabète sucré :

Une résistance à l’insuline, une dyslipidémie et une hypertension artérielle (syndrome métabolique) peuvent se développer, prédisposant souvent à terme au diabète sucré et à la coronaropathie. Ces complications sont cependant plus fréquentes en cas d’adiposité abdominale, de niveau élevé de triglycérides, d’antécédents familiaux de diabète de type 2 ou de maladie cardiovasculaire prématurée ou d’association de ces facteurs de risque.

  • L’apnée obstructive du sommeil :

Une apnée obstructive du sommeil peut par ailleurs se produire en cas d’excès de graisse au niveau du cou comprimant les voies respiratoires pendant le sommeil. L’apnée se manifeste par des pauses respiratoires répétitives durant le sommeil. Ce trouble, souvent non diagnostiqué, peut toutefois provoquer de forts ronflements et une somnolence excessive pendant la journée et augmenter le risque d’hypertension, d’arythmies cardiaques et de syndrome métabolique. L’obésité peut également entraîner un syndrome obésité-hypoventilation (“syndrome de Pick Wick”).

  • Troubles cutanés (infections intertrigineuses) :

Les dermatoses sont effectivement fréquentes; la sueur et les sécrétions cutanées retenues dans les épais replis favorisent en particulier les développements bactériens et mycosiques, fréquemment responsables d’infections (intertrigo).

  • Problèmes sociaux, économiques et psychologiques :

L’obésité peut être génératrice de problèmes sociaux, économiques et psychologiques, du fait de préjugés, de discrimination et stigmatisation et d’une mauvaise image de soi. Par exemple, les personnes obèses rencontrent des difficultés d’embauche et de salaire.

Les complications de l’obésité incluent également :

  • Les troubles du système reproducteur, dont infertilité, taux de testostérone sérique bas, chez les hommes, et syndrome des ovaires polykystiques chez les femmes
  • De nombreux cancers (en particulier les cancers du côlon et cancer du sein)
  • Arthrose
  • Troubles tendineux et faciaux
  • Le syndrome métabolique

L’importance de l’analyse de la composition corporelle dans la gestion du surpoids

La composition corporelle, le pourcentage de masse grasse et de masse non grasse, donne une définition plus précise de l’excès de graisse, donc d’obésité. L’analyse de composition corporelle peut être utile pour déterminer si une élévation de l’IMC est due à un excès de graisse ou de masse musculaire.

Le pourcentage de graisse corporelle peut être estimé en mesurant l’épaisseur du pli cutané (habituellement au-dessus du triceps) et de la surface musculaire médio brachiale.

L’impédancemétrie bioélectrique permet d’estimer le pourcentage de la masse graisseuse, simplement et de manière non invasive. L’analyse d’impédance bioélectrique estime directement le pourcentage de la quantité totale d’eau corporelle; le calcul du pourcentage de graisse corporelle en est dérivé indirectement. L’impédancemétrie bioélectrique est cependant plus fiable chez les personnes en bonne santé ou qui présentent un nombre limité de pathologies chroniques pouvant ainsi modifier l’hydratation (obésité modérée, diabète sucré).

Quelques conseils naturopathiques d’aide à la gestion du surpoids dans l’obésité :

Une alimentation équilibrée est particulièrement importante pour la perte de poids et son maintien.

Les stratégies comprennent les actions suivantes :

  • Manger de petits repas en évitant ou en choisissant soigneusement les collations
  • Remplacer par des fruits et légumes frais et des salades les glucides raffinés et les aliments transformés
  • Remplacer par de l’eau, les boissons sucrées ou les jus de fruit
  • Limiter la consommation d’alcool à des taux modérés
  • Inclure des produits laitiers sans matière grasse ou allégés qui font partie d’une alimentation saine et contribuent à fournir une quantité suffisante de vitamine D
  • Les régimes hypocaloriques et riches en fibres qui limitent modestement les calories (de 600 kcal/jour) et qui incorporent des protéines maigres semblent donner les meilleurs résultats à long terme. Les aliments à faible indice glycémique et les huiles de poissons marins ou acides gras monoinsaturés d’origine végétale (huile d’olive) réduisent le risque de pathologies cardiovasculaires et de diabète
  • Les substituts de repas Protifast permettent de perdre du poids et de le stabiliser; ces produits peuvent s’utiliser en continu ou par intermittence
  • Les régimes trop restrictifs sont peu susceptibles d’être suivis ou de provoquer une perte de poids durable. Les régimes qui limitent l’apport calorique à < 50% de la dépense énergétique de base, dits régimes très hypocaloriques, peuvent ne comprendre que 800 kcal/jour
  • L’exercice physique augmente la dépense énergétique, le métabolisme basal et la thermogenèse induite par le repas. L’activité physique semble également réguler l’appétit vers des consommations caloriques plus appropriées aux besoins

Côté sport :

Les exercices, y compris d’endurance (résistance), augmentent la masse musculaire. Le tissu musculaire brûle plus de calories au repos que le tissu adipeux, l’augmentation de la masse musculaire entraîne donc des augmentations durables du métabolisme basal. Des exercices intéressants et agréables sont plus susceptibles d’être pratiqués de façon soutenue. Une association d’exercices d’aérobie et de résistance est de fait préférable à ces exercices pratiqués seuls. Les lignes directrices suggèrent toutefois une activité physique de 150 min/semaine pour obtenir un bénéfice en termes de santé. 300 à 360 min/semaine pour obtenir une perte de poids et son maintien. Développer un mode de vie physiquement plus actif peut en effet permettre de perdre du poids et son maintien.

D’autres avantages associés à l’activité physique comprennent de surcroît une augmentation de sensibilité à l’ insuline, une amélioration du profil lipidique, une réduction de la pression artérielle, une augmentation de la capacité aérobie, un bien-être psychologique, un risque de cancer du sein et du côlon diminué et une espérance de vie accrue.

Sources :

  • Ajslev TA, Andersen CS, Gamborg M, et al. Childhood overweight after establishment of the gut microbiota: The role of delivery mode, pre-pregnancy weight and early administration of antibiotics. Int J Obes 35 (4): 522–529, 2011. doi: 10.1038/ijo.2011.27.
  • Heindel JJ, Newbold R, Schug TT: Endocrine disruptors and obesity. Nat Rev Endocrinol 11 (11):653–661, 2015. doi: 10.1038/nrendo.2015.163.
  • Williamson DF, Thompson TJ, Anda RF, et al: Body weight and obesity in adults and self-reported abuse in childhood. Int J Obes Relat Metab Disord 26(8):1075-82, 2002. doi: 10.1038/sj.ijo.0802038.
  • Anda RF, Felitti VJ, Bremner JD, et al: The enduring effects of abuse and related adverse experiences in childhood. A convergence of evidence from neurobiology and epidemiology. Eur Arch Psychiatry Clin Neurosci 256(3):174-86, 2006. doi: 10.1007/s00406-005-0624-4.

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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