L’ÉCHINACÉE (Echinacea purpurea) Propriétés Bienfaits et Indications

échinacée
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L’ECHINACÉE (Echinacea purpurea)

 

D’où vient-elle ?

D’utilité quotidienne dans la pathologie infectieuse, tant en prévention qu’en curatif, l’échinacée constitue une plante majeure de l’arsenal thérapeutique du médecin phytothérapeute. Elle est maniable et d’une parfaite innocuité quelque que soit l’âge du patient. L’échinacée est une plante utilisée depuis toujours en Amérique du Nord, et depuis d’ailleurs un siècle en Europe. Les Amérindiens furent les premiers à l’employer notamment dans des affections variées : blessures, maladies vénériennes, fièvres, morsures de serpent. Au 19ème siècle, les colons l’adoptèrent également et en firent le commerce. Introduites ainsi en Europe vers 1895, son usage s’y est répandu dans le traitement de multiples affections. Le nom vient d’ailleurs du grec “echinos” (hérisson) pour rappeler l’aspect du capitule à la fructification.

 

Comment la décrire botaniquement ?

L’Echinacea purpurea est une plante vivace à tiges dressées, épaisses, ramifiées et velues à aspect ciré. Elle mesure de 60 à 180 cm de hauteur. Ses feuilles basales sont ovales ou ovales-lancéolées, aiguës, grossièrement ou nettement dentées. Les bractées sont linéaires, lancéolées, atténuées, entières, pubescentes sur la surface externe. Ses fleurs sont pourpres. Les fleurs tubulées sont réunies en boule et les ligulées sont tombantes. On la trouve dans les forêts rocheuses claires, les fourrés et les prairies.

 

De quoi est-elle composée ?

L’échinacée se compose essentiellement d’alkylamides, de composés phénoliques, d’ acide cichorique, d’échinacoside, de polysaccharides complexes, d’alcaloïdes indolizidiniques, d’acides gras à longues chaines et d’huile essentielle à humulène.

 

Quelles sont ses principales propriétés pharmacologiques ?

L’échinacoside possède une action dose-dépendante antibactérienne inhibitrice in vitro sur la croissance de certains germes. Cette activité préventive et curative est plus spécifique de Staphylococcus aureus, de Streptococcus pyogènes et du colibacille. Elle présente également une activité antivirale sur Herpes simplex démontrée in vitro avec un effet protecteur antiviral de type interféron sur des fibroblastes en culture. L’acide caféique et l’acide chicorésique possèdent notamment in vitro une activité antivirale curative et préventive. Cette action dure cependant de 24 à 48 heures.

L’activité de l’échinacée a en effet été démontrée sur Candida Albicans et epidermophyton interdigitale. Elle est corroborée par les excellents résultats cliniques, en particulier, sur la prévention des infections uro-génitales de la femme.

L’échinacée est par ailleurs utilisée pour stimuler les mécanismes de défense non spécifiques de l’organisme. Elle peut constituer un traitement adjuvant à la chimiothérapie des infections banales, ainsi qu’à la prophylaxie des états infectieux, en particulier vis-à-vis des staphylocoques, streptocoques et candida albicans.

Son tropisme particulier pour la muqueuse ORL explique en conséquence son efficacité dans les états inflammatoires : pharyngite, amygdalite, phlegmon, abcès dentaires, sinusites, surtout chez le sujet attiré par les aliments sucrés, pléthorique, voire prédiabétique. L’échinacée se montre ainsi active dans les infections ORL et broncho-pulmonaires, aiguës ou à répétition, lors d’un usage précoce, de manière préventive et curative. Elle est potentiellement intéressante néanmoins dans les gastrites en relais des traitements classiques. Son tropisme uro-génital constitue un outil thérapeutique remarquable comme anticollibacillaire et antimycosique dans les cystites récidivantes à colibacille, urétrites, infections prostatiques ainsi que dans les infections génitales récurrentes. Son activité d’immunomodulation explique notamment les résultats intéressants obtenus dans les séquelles de maladies ganglionnaires récurrentes et chroniques type MNI.

 

Quelles sont les indications de l’échinacée ?

  • Prophylaxie et thérapie des infections grippales et infections septiques, diminue les symptômes du rhume, la revue de littérature Cochrane datant de 2014 montre un effet faible dans le traitement du rhume, mais une efficacité constante sur la prévention des récidives, avec en outre des différences significatives en raison du choix d’espèces et organes de la plante, et de formes galéniques différentes
  • Stimulation immunitaire, immunostimulante : agit aussi bien en prévention (infections bactériennes, grippe, herpès, cystites, candidoses, etc…) qu’en curatif où elle potentialise les autres thérapeutiques
    • Prévention de la COVID-19
  • Traitement local des retards de cicatrisation et des dermatites
  • De préférence jus frais de plante du fait de la présence de polysaccharides insolubles dans l’alcool
  • Indications homéopathiques :
    • Septicémies ou suppurations avec atteinte de l’état général, torpeur, douleurs profondes, déshydratation, et anthrax, furonculoses, adénites, lymphangite, phlegmons, gangrène

 

Quelles sont les précautions d’emplois ?

  • Contre-indiquée chez les patients présentant une maladie auto-immune si prise au long cours
  • Contre-indiquée dans les maladies systémiques progressives
  • Attention au risque d’hépatotoxicité
  • Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez l’enfant de moins de 12 ans
  • Prudence en cas d’allergie aux astéracées

 

Il y a t-il des risques d’interactions médicamenteuses ?

Comme toutes substances contenant des principes actifs, le risque d’interactions médicamenteuses est néanmoins à prendre en compte.

L’échinacée ne dérogeant pas à cette règle, voici la liste des interactions médicamenteuses à considérer :

  • Eviter en association avec les stéroïdes et les immunosuppresseurs

 

Comment le prendre et à quel dosage ?

  • Extrait fluide : 1 gramme ou 50 gouttes par jour en une prise
  • Teinture-mère : 50 gouttes deux fois par jour
  • EPS : 5 ml par jour
  • En prévention, toujours en cures discontinues, 10 à 15 jours par mois
  • En aigu : Jus d’Echinacea purpurea 2 à 3 ml ou 1 à 2 ml d’extrait, 1 à 4 fois par jour, soit mélangée à l’eau, soit en prise sublinguale
  • Extrait sec (ratio de concentration 6,5:1) d’Echinacea purpurea 3 fois par jour 150 à 300 mg
  • Teinture alcoolique (1:5, éthanol 45 %), 1 à 5 ml 3 fois par jour

Il est conseillé de prescrire l’échinacée en discontinu, par périodes courtes et à intervalles réguliers : 5 jours/semaine ou 20 jours/mois.

 

En préparation magistrale :

Préparation d’Extraits fluides de plantes fraîches standardisés en solution glycérinée (EPS) :

Aigu : Enfant : 6ml/10kg/jour – Adulte : 4 càc/jour pendant 7 jours

Prévention : enfant : 1ml/10kg/jour – 1 càc/jour pendant 12 jours

 

  • Infection virale aiguë (grippe, bronchiolite, virose, rougeole, varicelle, zona) : Cyprès + Echinacée 
  • Bronchite avec température et toux grasse : Echinacée + Pin 
  • Bronchite avec température et toux sèche : Echinacée + Plantain 
  • Herpès récidivant : Echinacée + Cyprès : 1 càc/jour pendant 15 jours
  • Infections ORL et pulmonaires récidivantes chez l’enfant –Prévention : Echinacée + Cassis  : 1 ml/10kg/jour, 3 mois renouvelable
  • Infections urinaires récidivantes, cystalgies à urines claires – Prévention : Echinacée + Busserole  : 2 càc/jour, 15 jours/mois
  • Mycoses génitales – Prévention : Echinacée (1/3) + Alchémille (2/3) : 1 à 2 càc/jour en dehors des règles, 3 mois renouvelable
  • Parodontite : Echinacée + Gentiane : 2 càc/ jour, 1 mois renouvelable
  • Sinusite – Prévention : Echinacée + Radis noir : 1 à 2 càc/ jour pendant trois mois
  • Toux grasse : adulte : Echinacée + Pin : 3 càc/jour – enfant 3ml/10kg/jour pendant 10 jours

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomedecine

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