L’Olivier, grand symbole aux nombreux pouvoirs thérapeutiques

olivier

Bien que l’olivier soit petit, il possède de grands pouvoirs symboliques, tant dans le domaine culinaire que thérapeutique. Cet arbre a su montrer de nombreuses capacités de guérison, et ce, depuis fort longtemps.

Un peu de mythologie

La massue d’Héraclès (celui que l’on a romanisé en Hercule) était en bois d’olivier ; il créa ainsi le premier de ces arbres après avoir touché le sol… Bien avant Letô, il y avait une divinité orientale plus ancienne, Lat ; déesse de la fertilité, des olives ainsi que des palmiers.

Poséidon et Athéna se querellaient. Le dieu au trident revendiquait davantage de royaumes terrestres dont l’Attique (région grecque dont Athènes est la capitale). Afin de les départager, un défi leur fut lancé ; fournir à la cité la chose la plus utile, valeureuse et précieuse. Poséidon planta son trident dans le sol : il en naît un puits d’eau salée (dans certains textes antiques, il est d’ailleurs question d’un cheval fougueux). Athéna, que cet exploit ne désarme pas, déjà équipée de sa lance, fait de même, et au point d’impact un olivier surgi, déployant ses branches. Les dieux soutinrent Poséidon, les déesses, Athéna, mais Cécrops se rangea en faveur d’Athéna, alors que Zeus s’abstint, décidé à ne pas émettre d’avis sur cette question. Ainsi, Pallas Athéna l’emporta sur Poséidon, et l’olivier devint le symbole de cette ville qui tira son nom de celui de la déesse.

Un peu d’histoire

Originaire d’Asie Mineure, on le rencontre sur l’ensemble du bassin méditerranéen, ainsi qu’au Proche-Orient. Mais il ne s’agit là que d’un olivier d’importation, cultivé. Or, avant cela, des fouilles archéologiques ont montré que l’olivier, à l’état sauvage, faisait déjà l’objet d’une récolte il y a quelque 20 000 ans, avant qu’on ne procède à sa culture durant l’âge du bronze, il y a 4000 ans, date à partir de laquelle l’olivier est diffusé par le truchement des Phéniciens, puis, plus tard, des Grecs et enfin des Romains, lesquels en développent la propagation sur l’ensemble des zones méditerranéennes.

Il est impossible de concevoir l’Antiquité grecque sans le symbole de l’olivier, porteur de l’olive pourvoyeuse d’huile, dont la préciosité imposait d’élaborer les meilleurs modes de conservation et d’imaginer, après culture et récolte, la mise en œuvre de procédés qui existent encore de nos jours ; la conservation des olives par la saumure, le pressage à froid et l’extraction à chaud étaient déjà connus en ce temps de l’époque égéenne préhellénique.

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques des feuilles d’Olivier ?

Propriétés antihypertensives et vasculoprotectrices :

En 2002, une étude in vivo sur un sujet hypertendu a montré notamment une normalisation de la pression artérielle de façon dépendante de la dose après la prise d’un extrait de feuilles d’olivier.

Une étude clinique à double insu, randomisée, parallèle et contrôlée avec un médicament actif menée en 2011 a par ailleurs comparé l’effet de l’administration d’un extrait standardisé de feuille d’olivier et celle de captopril chez des patients hypertendus au stade I pendant 8 semaines. Les deux drogues ont en effet permis une réduction notable de la pression artérielle systolique et diastolique sans différence significative entre les deux groupes de patients traités. Une diminution significative entre les deux groupes de patients traités. Une diminution significative du taux de triglycérides a été observée dans le groupe olivier, mais pas dans celui prenant le captopril.

Une revue de la littérature de 2014 confirme que les composés phénoliques présents dans les feuilles d’olivier, en particulier l’oleuropéine, sont associés à une activité antihypertensive doublée de propriétés antioxydantes, hypoglycémiantes, hypocholestérolémiantes et cardioprotectrices.

Un essai croisé randomisé à double insu, contrôlé par placebo mené en 2015 chez 18 patients des deux sexes a montré que l’extrait de feuille d’olivier améliore la fonction vasculaire et réduit la production d’interleukine-8 (IL-8), un marqueur inflammatoire impliqué dans l’atteinte vasculaire.

Un essai contrôlé randomisé mené par la même équipe en 2017 a confirmé que l’extrait de feuille d’olivier riche en composés phénoliques réduit significativement la tension artérielle, ainsi que les lipides plasmatiques (cholestérol total et LDL, triglycérides) et l’IL-8.

Propriétés antioxydantes :

Les flavonoïdes exercent leur activité antioxydante via leur groupe hydroxyle. Cette action est généralement due à la présence de triterpènes. Des études ont montré le rôle protecteur d’extraits d’olivier dans la prévention des lésions de reperfusion suite à une ischémie cardiaque, générées majoritairement par des radicaux libres. Une étude de 2012 a montré que l’oleuropéine peut prévenir les dommages de la muqueuse gastrique induits par l’éthanol, en augmentant l’activité des enzymes de la défense antiradicalaire (SOD, catalase, GPX), ainsi qu’en diminuant la peroxydation des lipides.

La bonne biodisponibilité de l’oleuropéine ainsi que de l’hydroxytyrosol contenus dans la feuille d’olivier a été confirmée en 2013, avec la mise en évidence de leur présence dans le plasma après ingestion, les résultats étant meilleurs chez les hommes que les femmes, meilleurs également avec les extraits liquides qu’avec ceux délivrés en gélule. Les métabolites de l’hydroxytyrosol étaient bien retrouvés dans les urines au bout de 8 heures.

En modulant le stress oxydatif, l’oleuropéine exercerait un effet protecteur potentiel dans l’ostéoporose. Une étude de 2014 effectuée chez des femmes pré- et post-ménopausées a montré chez ces dernières une meilleure biodisponibilité des composés devraient être proposés lors de la ménopause pour prévenir les processus liés au vieillissement et au stress oxydatif, tels que l’ostéoporose.

Propriétés hypolipémiantes et antiathéromateuses :

L’extrait de feuille d’olivier exerce une action antiathérogène et hypocholestérolémiante, qui passe par une diminution du cholestérol LDL, des LDL oxydées et des triglycérides.

Cette action permet également de limiter le développement de la stéatose et de la fibrose hépatique . La diminution de la concentration sanguine de lipides pourrait en effet être due à une action agoniste de l’olivier sur le récepteur aux acides biliaires, TGR5.

Propriétés cardioprotectrices :

L’extrait de feuille d’olivier protège le myocarde par un effet non seulement hypolipidémiant, mais aussi par des activités antioxydantes, anti-inflammatoires, anti-athérosclérose, et anti-ischémiant. In vitro il protège les cardiomyocytes contre la toxicité induite par le 4-hydroxynonénal.

Propriétés antidiabétiques :

L’olivier inhibe l’alpha-amylase et l’alpha-glucosidase, en relation avec sa teneur en lutéoline et ses dérivés. L’hydroxytyrosol et l’oleuropéine contenus dans la feuille exercent un effet antidiabétique qui pourrait notamment être dû à leurs activités antioxydantes. Ce dernier composé réduit par conséquent les complications liées au diabète.

Un essai croisé randomisé, contrôlé par placebo mené en 2013 chez 46 patients d’âge moyen en surpoids présentant un risque de développer un syndrome métabolique pendant 12 semaines a montré que les polyphénols de feuilles d’olivier améliorent en définitive significativement la sensibilité à l’insuline et la capacité de sécrétion des cellules β du pancréas.

Autres propriétés :

  • Action antimicrobienne
  • Action anticancéreuse
  • Activité thyréostimulante
  • Antiagrégant plaquettaire
  • Action antispasmodique sur la musculature lisse (intestin, trachée, artère…)

Existe-t-il des précautions d’emploi concernant l’Olivier ?

Contre-indications :

  • Maladies nécessitant une consommation réduite de liquides (problèmes cardiaques ou rénaux sévères).
  • Selon l’EMA, l’utilisation de l’olivier n’est pas recommandée chez la femme enceinte ou allaitante en l’absence de données de sécurité suffisantes pour exclure tout risque lié à son utilisation. Pour les mêmes raisons, l’agence européenne précise donc que l’utilisation chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans n’a pas été établie.

Interactions médicamenteuses :

  • Interactions pharmacocinétiques très modérées de l’oleuropéine avec les cytochromes P450 (inhibition faible du CYP1A2)
  • Inhibition faible de l’acide maslinique sur l’activité du CYP3A4, peu de risques d’interaction médicamenteuse
  • Interactions pharmacodynamiques potentielles avec les médicaments antidiabétiques et antihypertenseurs

Comment prendre l’Olivier et à quel dosage ?

Forme sèche :

Forme liquide :

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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