Le Radis Noir, un alicament sacré du monde souterrain

radis noir

Dans le monde souterrain des racines, rien n’est vraiment très simple, et ça l’est d’autant plus avec le radis noir dont l’origine demeure encore incertaine, même si l’on a bien voulu voir dans le sud de l’Asie sa terre natale.

Un peu d’histoire

Ce que l’on sait en revanche, c’est que dans le plus ancien traité chinois portant sur la matière médicale, le Shennong bencao jing ou Classique de la matière médicale du laboureur céleste, le radis est bel et bien présent, et tout porte à croire que différentes sortes de radis étaient cultivées en Chine environ 3000 ans avant notre ère. Lors de la dynastie Tang (618-907), le radis est usité comme stimulant de la digestion, et son importance pour les peuples orientaux est telle que l’on fait fermenter des radis avec d’autres plantes dans des pots en terre ou en porcelaine pour des durées qui oscillent entre quelques années et plus de quarante ans.

À une époque aussi ancienne que les prémices de culture du radis chinois, l’Égypte se fait fort d’en assurer la production à l’identique. Durant la construction de la pyramide de Khéops, l’on sait que les ouvriers attelés à son édifice étaient nourris d’ail, d’oignon et de radis, ce qui semble signifier que, il y a déjà plus de 4500 ans, ce légume était largement entré dans les mœurs égyptiennes.

Le noun, tel qu’on l’appelait alors, était tant un aliment qu’un remède, des variétés rondes et longues sont figurées, bien visibles, dans le temple de Karnak (18e dynastie) et la nécropole de Kahoum (12e dynastie), comme le rapporte l’historien grec Hérodote au Ve siècle avant J.-C. Cultivé pour sa racine et sa graine oléagineuse par les Égyptiens, cette pratique se rapporte par Pline au Ier siècle comme étant encore d’actualité.

Quelles sont les principales propriétés pharmacologiques de la racine de Radis noir ?

Action détoxiquante hépatique :

Les propriétés détoxiquantes du radis noir sont essentiellement liées à l’action des produits d’hydrolyse des glucosinolates. La première réaction d’hydrolyse est réalisée par la myrosinase, enzyme inactivée lors de la cuisson des légumes. Lorsque les tissus de la plante s’altèrent, les glucosinolates et la myrosinase ainsi libérés vont réagir ensemble. L’hydrolyse des glucosinolates produit alors du soufre et des isothiocyanates, lesquels exercent une activité détoxiquante vis-à-vis des xénobiotiques exogènes, y compris ceux qui sont carcinogènes, avec une action anticancérogène au niveau du côlon. Il existe également une hydrolyse colique des glucosinolates en isothiocyanates par le microbiote intestinal, laquelle peut être perturbée en cas de dysbiose.

Propriétés digestives et métaboliques :

Le radis noir s’utilise traditionnellement pour ses propriétés cholérétiques et cholagogues, permettant une régulation de la fonction biliaire.

  • Action hypolipémiante :

In vivo, le radis noir diminue le cholestérol intrahépatique, et contribue à la prévention des lithiases cholestéroliques.

  • Action intestinale :

R. sativus L. var niger agit également favorablement sur l’intestin en accentuant les mouvements péristaltiques, ce qui peut expliquer son indication en cas de troubles dyspeptiques avec constipation.

Propriétés mucolytiques et antitussives :

Traditionnellement, le radis noir s’utilise dans le traitement des affections bronchiques bénignes, car il fluidifie les mucosités, notamment en raison de sa teneur en soufre. In vivo, les extraits (notamment alcooliques) de radis noir (racines et graines) exercent une importante activité antitussive et expectorante à forte concentration.

Propriétés anti-infectieuses :

Le radis noir est également considéré comme un antiseptique des muqueuses. En effet, différents extraits ont montré des actions antibactériennes, notamment vis-à-vis de Staphylococcus, et des propriétés antifongiques. De plus, 12 isothiocyanates, dont le sulphoraphane, exercent une activité antimicrobienne sur Helicobacter pylori, que cela soit dans sa forme extracellulaire ou intracellulaire.

Propriétés anticancéreuses et antioxydantes :

Les isothiocyanates, et plus particulièrement le sulforaphane, se retrouvent dans les légumes crucifères, comme le radis noir, mais aussi les brocolis, les choux de Bruxelles ou les choux-fleurs. Ces composés soufrés inhibent de manière dose-dépendante la viabilité des cellules cancéreuses du col utérin humain, du pancréas humain, de l’ovaire humain, des cellules de carcinome hépatocellulaire humain. Ils possèdent des propriétés anti-inflammatoires dans le traitement des cellules leucémiques à cellules T humaines. Cet effet protecteur peut être dû à l’amélioration du statut antioxydant.

La capacité sélective des isothiocyanates à induire les enzymes de détoxification de phase II dans la vessie pourrait expliquer le résultat des études épidémiologiques montrant une diminution de l’incidence du cancer de cet organe chez les individus ayant un apport alimentaire élevé en brassicacées.

In vitro, l’extrait de radis noir exerce une efficacité potentielle chimiopréventive, et induit l’apoptose sur des lignées de cellules cancéreuses humaines, par la modulation des gènes impliqués dans la voie de signalisation apoptotique.

Propriétés anti-inflammatoires :

In vivo, l’administration orale du jus fraîchement pressé de feuilles et de racines de R. Sativus a montré une action anti-inflammatoire significative dans des modèles aigus et chroniques d’inflammation par rapport au groupe contrôle.

Existe-t-il des précautions d’emploi concernant le Radis noir ?

Contre-indications :

  • Éviter en cas de gastrite.
  • Pas d’usage prolongé en cas d’affection thyroïdienne (les thiocyanates végétaux captent l’iode et empêchent sa fixation thyroïdienne).

Précautions d’emploi :

  • Assurer un suivi médical en cas de calculs biliaires symptomatiques, en particulier infracentimétriques, et commencer par de faibles posologies.
  • Tenir compte de la teneur en potassium en cas d’insuffisance rénale modérée à sévère.

Interactions médicamenteuses :

  • Le radis noir montre des propriétés inductrices des CYP 1A1, 1A2 et 1B1 in vitro, demandez conseil à votre pharmacien.

Comment prendre le Radis noir et à quel dosage ?

Forme sèche :

Forme liquide :

 

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

 

 

Clémentine. M.
Rédactrice d’articles scientifiques
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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