Plantes médicinales et contre-indications en fonction des pathologies

plantes médicinales

La plupart des plantes médicinales ne présentent pas de risque important pour la santé; cependant, il y a des cas où certaines plantes peuvent produire des effets indésirables. Par conséquent, leur utilisation se limite à certaines situations.

Pour évaluer le degré de toxicité d’une substance, il convient de prendre en considération les facteurs propres au sujet exposé comme l’âge, le poids, le sexe, l’état physiologique, etc., ainsi que des facteurs environnementaux.

Plantes médicinales et contre-indications en fonction des pathologies

La colite et la gastrite :

La colite est une inflammation du côlon. Rarement limitée au gros intestin, elle est généralement associée à une inflammation de l’intestin grêle (entérocolite). La colite peut présenter des formes plus graves : colite bactérienne, hémorragique, ulcéreuse, etc.

Une forme particulière, appelée syndrome de l’intestin irritable est également une colite spasmodique. Elle est caractérisée par des symptômes chroniques intermittents (douleurs abdominales récidivantes, essentiellement au niveau du côlon gauche, avec crampes paroxystiques calmées par l’émission de gaz ou de selles), avec en même temps; diarrhées ou constipation. Ce sont surtout les personnes stressées et/ou anxieuses qui sont touchées par cette pathologie. Le traitement repose sur une bonne hygiène alimentaire.

La gastrite est une inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse de l’estomac. Les causes d’une gastrite peuvent être très nombreuses : ingestion de substances toxiques, hyperacidité, dyspepsies nerveuses, ulcères, etc.

Dans le cas d’une inflammation du tractus gastro-intestinal ou digestif, mieux vaut éviter de consommer toutes plantes médicinales à action irritantes comme le gingembre, la moutarde, le poivre, le café, le thé ou le maté, ainsi que les plantes ayant une action purgatives.

L’ulcère gastroduodénal :

Comme pour les autres ulcères, il s’agit d’une plaie qui se constitue progressivement, avec perte de substance. Il apparaît généralement après des agressions répétées de la muqueuse gastrique, notamment par des médicaments (AINS ou anti-inflammatoires non stéroïdiens, corticostéroïdes, entre autres). L’évolution est chronique et la cicatrisation ne se fait pas spontanément (c’est-à-dire sans intervention médicale, chirurgicale ou médicamenteuse).

Au début des années 80, les chercheurs découvrent qu’une bactérie présente dans l’estomac du nom d’Helicobacter pylori. Cette bactérie est responsable de l’apparition de certaines formes d’ulcères susceptibles d’induire un cancer, même plusieurs années après la guérison. Le génome de H. pylori est maintenant totalement décrypté. Un congrès réunissant les plus grands spécialistes de gastroentérologie, a lieu chaque année. Le traitement de cette forme bactérienne d’ulcère repose aujourd’hui sur 3 médicaments. L’un destiné à diminuer la sécrétion gastrique (inhibiteur de la pompe à protons), les deux autres étant des antibiotiques. On parle d’ulcère gastroduodénal lorsque cette pathologie touche simultanément l’estomac et le duodénum, première partie de l’intestin grêle, et d’ulcère duodénal lorsqu’il est localisé à ce même duodénum. L’ulcère gastroduodénal peut se qualifier de calleux lorsqu’il est ancien et que ses bords se sont relevés et sclérosés.

Dans le cas de ce type de pathologie, mieux vaut éviter d’ingérer des plantes médicinales ayant pour action l’augmentation de sécrétion de sucs gastriques ; c’est-à-dire les plantes apéritives et amères telles que la gentiane, l’armoise, ou les plantes irritantes telles que le café, le thé ou le maté, etc.

Les hémorroïdes :

Les hémorroïdes sont des varices des veines de la muqueuse anale et de celle du rectum. On distingue les hémorroïdes internes, visibles par anuscopie, et les hémorroïdes externes qui font saillie au bord de l’anus. Selon leur gravité, il existe plusieurs moyens pour soulager les hémorroïdes ou même les supprimer. Le premier concerne les règles d’hygiène alimentaire : il faut consommer beaucoup d’aliments contenant des fibres (légumes et fruits) et éviter les aliments tels que les épices, l’alcool, le café. Pour les hémorroïdes internes, le médecin peut utiliser la photocoagulation des zones hémorroïdaires, ou l’azote liquide.

Lors d’hémorroïdes, mieux vaut éviter tout laxatif chimique contenant des anthraquinones, car ils provoquent un afflux sanguin vers la région pelvienne et peuvent aggraver les hémorroïdes. Évitez également des plantes médicinales telles que le séné ou la bourdaine.

Les pyélonéphrites ou les néphrites :

Pyélique est l’adjectif qui se rapporte au bassinet. Une pyélite est l’infection inflammatoire aiguë ou chronique, de la muqueuse interne du bassinet. C’est une pathologie relativement grave, d’autant plus qu’elle est souvent due à la présence de colibacilles et qu’elle est susceptible de s’étendre à tout le rein (c’est alors une pyélonéphrite) ou à la vessie (pyélocystite). Les urologues distinguent en fait plusieurs formes de pyélites.

Une forme relativement fréquente : la pyélite calculeuse ou pyélite lithiasique est due à la présence d’un calcul, le plus souvent agressif, dans le bassinet. D’autres formes de pyélites sont nommées en fonction de la voie infectieuse. C’est ainsi que l’on parle de pyélite ascendante ou pyélite urogène pour des infections inflammatoires migrant des voies inférieures, c’est-à-dire se déclarant généralement dans l’urètre ou la vessie, et de pyélite hématogène lorsque l’infection se transmet par voie sanguine. Dans ce dernier cas, il s’agit le plus souvent d’une pyélonéphrite.

Pour les pathologies rénales telles que la pyélonéphrite ou la néphrite, mieux vaut éviter de consommer du genièvre.

Le prostatisme et la prostatite :

C’est l’inflammation de la prostate. La prostatite peut être aiguë ou chronique et se traduit par de la fièvre associée à des douleurs pelviennes et à un toucher rectal douloureux, une miction douloureuse et une urine trouble. Pour déterminer la présence éventuelle d’un germe microbien, on pratique un ECBU (examen cytobactériologique des urines) et éventuellement un antibiogramme.

Un traumatisme périnéal (bicyclette, équitation, etc.) peut être à l’origine d’une prostatite : lors d’un reflux d’urine dans la prostate, des germes peuvent ainsi s’y installer (Escherichia coli par exemple) et développer une infection. Le traitement est une antibiothérapie de 1 à 4 semaines. La prostatite peut s’étendre à certains organes voisins : associée à la vessie, c’est une prostatocystite ou prostatocystite ; lorsque l’inflammation s’étend aux vésicules séminales, c’est une prostatovésiculite (ou prostatovésiculite).

Afin de lutter contre le prostatisme, mieux vaut éviter de consommer de l’oignon cru ainsi que les plantes médicinales aux propriétés diurétiques telles que la sabline, la prêle des champs, le pissenlit ou encore le maïs.

L’hypertension artérielle :

L’hypertension est l’augmentation aiguë ou chronique de la tension en général (ou au repos). Quand on parle d’hypertension, il s’agit presque toujours de l’HTA ou hypertension artérielle qui est l’un des facteurs pouvant amener à l’athérosclérose. La tension artérielle augmente normalement lors d’un effort physique, d’un stress, de l’absorption de certains médicaments, entre autres, mais les médecins s’accordent à parler d’hypertension artérielle lorsque les valeurs dépassent régulièrement 140 mm de mercure (ou 14 cm) à la systole (moment où le cœur se contracte) et 8,5 cm de mercure à la diastole, pendant la phase de remplissage (repos) du cœur.

À noter aussi que ces valeurs doivent être corrigées pour les personnes âgées, chez lesquelles la pression artérielle augmente de façon physiologique, ainsi que pour les enfants qui ont des valeurs normalement inférieures.

Aujourd’hui, on commence à trouver des causes génétiques à l’hypertension. Chez environ 10% des hypertendus, la cause est connue : néphropathie (maladie des reins), coarctation ou rétrécissement de l’aorte, dysfonctionnement des glandes surrénales, etc. Pour une hypertension à cause connue, les médecins parlent d’hypertension artérielle symptomatique. Chez les femmes enceintes, on connaît aussi une forme d’hypertension artérielle sans gravité, qui disparaît spontanément après l’accouchement. Les principaux signes qui doivent faire rechercher une hypertension sont cérébraux, cardiaques, oculaires ou rénaux.

Il faut par conséquent respecter certaines règles essentielles : pas d’alcool ni de tabac, réduire l’obésité par un régime alimentaire équilibré avec réduction de la consommation de graisses, suppression du surmenage et limitation du stress, diminuer sa consommation de sel, exercer une activité sportive régulière et adaptée à son âge et à sa morphologie.

Il faut également éviter, pour leur tendance à augmenter la pression artérielle lors d’hypertension artérielle : la réglisse, la menthe, le thé, le café, le maté, etc.

Grossesse et plantes :

La gestation est la période pendant laquelle une femme porte son ou ses embryons dans son utérus. En médecine et plus particulièrement en gynécologie obstétrique, ce terme désigne la durée de la grossesse, entre la fécondation et l’accouchement. Cette durée est d’environ 9 mois, soit 273 jours à partir de la date de fécondation. Les obstétriciens comptent plutôt en semaines d’aménorrhée S.A (semaines pendant lesquelles une femme n’a plus ses règles). Dans ce cas, le début de la grossesse se fixe au premier jour des dernières règles normales et sa durée moyenne est de 41 S.A.

En cas de grossesse, mieux vaut évitez les plantes à action emménagogue ou à action purgative, telles que l’armoise, le souci, la bourdaine, le persil, la réglisse, la rhubarbe, la sauge, le séné, etc.
Ces plantes médicinales produisent un afflux sanguin vers les organes pelviens pouvant provoquer des contractions utérines et de fait un risque de fausse couche.

Plantes et allaitement :

Lors de l’allaitement, mieux vaut éviter de prendre toutes plantes médicinales à action purgative, amère ou excitante. Leurs principes actifs passant dans le lait maternel peuvent en effet nuire à votre enfant.

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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