Tout savoir des bienfaits de l’Aloe vera sur notre santé

aloe vera

L’aloe vera est une plante médicinale permettant divers usages, selon que l’on utilise sa sève (latex) séchée ou le gel translucide présent au cœur de ses feuilles. Séchée, la sève est un laxatif puissant. Le gel s’utilise dans le traitement des plaies, des brûlures légères, ainsi que pour lutter contre certaines infections de la peau.

Un peu d’histoire :

Originaire d’Afrique du Nord, l’aloe vera a été introduit en Amérique où il s’est propagé aux Antilles et au Venezuela pour être ensuite très cultivé dans les régions subtropicales des Etats-Unis.

Malgré le consensus actuel qui redore le blason de l’aloe vera, il faut savoir que l’usage médicinal de cette plante médicinale est très ancien, 6 000 ans au bas mot. La plus vieille trace écrite le concernant nous fait remonter au temps des Sumériens. Sur une tablette d’argile, on évoque déjà ses propriétés laxatives. On la rencontre aussi chez les Assyriens et les Égyptiens, à travers de vieux documents listant les plantes employées dans les pharmacopées d’alors. Le papyrus d’Ebers est l’un de ceux-là.

Des témoignages sous forme hiéroglyphique mettent en avant les propriétés anti-âge de l’aloe vera. Très présent sur le pourtour méditerranéen durant l’Antiquité, on découvre l’aloès au sein d’une recette tinctoriale sur le papyrus de Leyde (Thèbes, IIIe siècle ap. J.C.), soit le plus ancien document « alchimique » connu. On le disait aussi apte à guérir les blessures et à les cicatriser rapidement. On en aurait également fait un préventif contre les poisons.

Quelles sont les usages du “jus” d’aloe vera ?

L’usage du jus d’aloès est “bien établi” pour traiter les constipations occasionnelles selon l’EMA¹. Il constitue un traitement de courte durée de la constipation occasionnelle selon l’OMS et la Commission E allemande. L’OMS confirme ces usages et cite son utilisation en médecine traditionnelle pour les dermatites séborrhéiques, les ulcères gastro-intestinaux, la tuberculose et les infections dues à des champignons. Cette organisation reconnaît également l’usage traditionnel du gel comme cicatrisant, notamment sur les brûlures.

Laxatif puissant du colon² : Comme les autres drogues à anthracénosides, contenues dans le séné ou la bourdaine, l’aloe vera agit de la même manière que les sennosides de la première ou les anthraquinones de la seconde. Cet effet laxatif, devenant purgatif à forte dose, serait notamment lié à l’interaction de l’aloïne et de ses dérivés avec la synthèse de prostaglandines. Au niveau du côlon, la dégradation enzymatique de l’aloïne entraîne par conséquent la formation d’anthrones qui stimulent le péristaltisme intestinal, augmente les sécrétions, inhibe la réabsorption de l’eau et d’électrolytes (Na+, Cl-) et favorise les pertes en potassium.

L’efficacité est telle que l’usage du jus d’aloès répond aux mêmes règles de prudence et de courte durée de traitement qu’avec les autres laxatifs anthraquinoniques, idéalement sur prescription médicale dans les indications spécifiques comme la préparation à une coloscopie ou à une chirurgie anorectale.

Quelles sont les propriétés du “gel” d’aloe vera ?

Action sur le métabolisme :

Une action antidiabétique a notamment été montrée dans un modèle de diabète induit par la streptozotocine. Le gel d’aloès exerce une action anti-inflammatoire dans le cadre du diabète non insulino-dépendant.

Anti-inflammatoire :

En agissant sur la voie de l’acide arachidonique par inhibition de la cyclo-oxygénase³, cette activité a été démontrée dans plusieurs modèles d’inflammation et d’exposition à des agents irritants.

Immunomodulante :

L’aloe vera augmente la réponse immunitaire humorale et diminue l’immunité à médiation cellulaire.

Cicatrisante⁴ :

En relation avec sa richesse en eau conférant au gel des propriétés hydratantes isolantes et protectrices, et du fait de sa teneur en polysaccharides immunostimulants et de l’activité anti-inflammatoire de la plante, le gel d’aloès s’utilise beaucoup en usage externe dans des produits cosmétiques et en traitement d’appoint apaisant et antiprurigineux au cours d’affections dermatologiques, ou comme substance topique à visée protectrice dans le traitement des brûlures et des petites lésions cutanées.

Sur les brûlures :

Le gel d’aloès réduit légèrement le temps de guérison de brûlures au 2e degré, par rapport à une crème contenant de la sulfadiazine d’argent.

En radioprotection⁵ :

L’aloe vera peut être efficace au niveau cutané, mais seulement lorsque les doses de rayonnement cumulatives sont supérieures à 2700 cGy et pour la rectite aiguë.

Sur l’herpès génital⁶ :

Le gel d’aloès favorise la guérison des lésions.

Sur le lichen plan⁷ :

Bien que les corticoïdes soient toujours la méthode de référence, l’aloe vera donne des résultats prometteurs, notamment sans effets indésirables comparés à divers effets indésirables des corticoïdes.

Sur le psoriasis⁸ :

Une crème contenant 70 % d’aloès est un peu plus efficace pour réduire la gravité des lésions et améliore de fait la qualité de vie des personnes que le topique local conventionnel contenant 0,1 % de triamcinolone acétonide.

  • Sur d’autres affections de la peau et les muqueuses externes :

Dermite séborrhéique, aphtose, gingivite, gale, lésions cutanées, douleur et cicatrisation post-hémorroïdectomie.

Principales indications thérapeutiques du “jus” d’aloe vera :

  • Constipation aiguë :

Le jus d’aloès aide pour la préparation à la resto-coloscopie ou à la chirurgie digestive basse. Utilisation pendant une période courte, n’excédant jamais 8 à 10 jours.

Principales indications thérapeutiques du “gel” d’aloe vera :

En ce qui concerne les modalités d’utilisation :

  • Quelles sont les contre-indications ?

    • Le jus d’aloès est contre-indiqué chez les enfants de moins de 12 ans, ainsi qu’en cas d’obstruction et de sténose intestinale, d’atonie intestinale, d’appendicite, de maladies inflammatoires de l’intestin, de douleur abdominale d’origine inconnue, d’état grave de déshydratation avec déplétion en eau et en électrolytes.
    • Le jus d’aloès est déconseillé chez les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable, d’hémorroïdes, d’ulcères digestifs, de troubles cardiaques (bradycardie) ou rénaux, d’hypothermie, de malaises.
    • Le latex séché d’aloès doit être évité pendant la grossesse. Les femmes qui allaitent doivent également s’abstenir d’en prendre, les substances actives de l’aloès passant dans le lait en petites quantités. L’application locale de gel d’aloès pendant la grossesse ou l’allaitement est possible, si l’on évite toute application sur le mamelon.
    • Compte tenu du risque lié à leur consommation alimentaire, les feuilles fraîches de cette plante, parfois proposées à la vente pour être cuisinées, présentent par principe de précaution, les mêmes contre-indications que pour le jus d’aloès, notamment chez les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les personnes fragiles.
    • La prise de latex séché d’aloès est contre-indiquée chez les personnes souffrant d’obstruction ou de rétrécissement intestinal, de maladie de Crohn, de colite ulcérative ou hémorragique, de douleur abdominale ou de déshydratation importante.
  • Existe-t-il des effets secondaires ?

La prise de latex séché d’aloès peut être responsable de douleurs abdominales ou de diarrhées. En cas d’usage régulier, elle peut provoquer, comme tous les laxatifs dits irritants, une perte de sels minéraux, notamment de potassium. La baisse de la concentration de potassium dans le sang expose à des problèmes cardiaques potentiellement graves.

Un surdosage chronique en latex séché d’aloès peut avoir des conséquences dramatiques : constipation rebelle aux autres traitements (phénomène de dépendance), décalcification, troubles cardiaques, œdèmes, fatigue, etc. Enfin, la prise d’aloès modifie la couleur des urines, qui deviennent brun rougeâtre.

La prise répétée de jus d’aloès peut cependant entraîner la maladie des laxatifs : nausées, vomissements, troubles inflammatoires intestinaux avec diarrhée, mélanose recto-colique, déséquilibre électrolytique avec hypokaliémie, dysfonctionnement rénal, congestion et irritation des organes pelviens.

L’EMA rappelle que l’utilisation à long terme de laxatifs stimulants doit être évitée, car si son utilisation dépasse une brève période de traitement, cela peut entraîner une altération de la fonction intestinale et une dépendance aux laxatifs. Si des laxatifs sont nécessaires quotidiennement, alors la cause de la constipation devrait être étudiée. Les préparations de jus d’aloès ne doivent cependant être utilisées que si une efficacité thérapeutique sur le transit ne peut être obtenue par un changement de régime. Le gel d’aloès en usage local peut également entraîner une dermatite de contact, un érythème ou encore une phototoxicité.

  • Il y a t-il des risques d’interactions médicamenteuses ?

Le latex séché d’aloès interagit notamment avec de nombreux médicaments utilisés pour soigner les troubles cardiaques, le diabète ou l’insuffisance rénale. Toute personne qui prend un médicament pour le cœur, les reins ou contre le diabète doit impérativement consulter son médecin avant une prise éventuelle d’aloès.

La prise d’aloès peut perturber les tests urinaires qui mesurent les taux d’estrogènes et d’urobilinogène (une substance mesurée en cas de suspicion d’anémie ou de troubles du foie).

L’usage prolongé du jus d’aloès (plus de 10 jours) expose de surcroît au risque d’interaction avec divers médicaments comme les cardiotoniques digitaliques ou les diurétiques hypokaliémiants, etc.

Le gel est un inhibiteur du CYP3A4 et CYP2D6. Il présente en effet des risques d’interactions médicamenteuses avec les anticancéreux (bortézomib, gefitinib, imatinib) et le tamoxifène.

Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :

  1. EUROPEAN MEDICINES AGENCY, European Union herbal monograph on Aloe barbadensis Mill. And on Aloe (various species, mainly Aloe ferox Mill. and its hybrids), folii succus siccatus, 22 November 2016.
  2. DE WITTE P., The metabolism of anthranoid laxatives, Hepatogastroenterology, 1990 Dec.
  3. VAZQUEZ B. et al., Antiinflammatory activity of extracts from Aloe vera gel, J Ethnopharmacol., 1996 Dec.
  4. DAVIS R.H. et al., The isolation of an active inhibitory system from an extract of aloe vera. J Am Podiatr Med Assoc. 1991 May.
  5. FARRUGIA C.E. et al., The use of aloe vera in cancer radiation. An updated comprehensive review, Complement Ther Clin Pract., 2019 May.
  6. SYED T.A. et al. Aloe vera extract 0,5 % in ahydrophilic cream versus Aloe vera gel for the management of genital herpes in males. A placebo-controlled, double-blind, comparative study [letter], J Eur Acad Dermatol Venereol, 1996.
  7. CHOONHAKARN C. et al., The efficacy of aloe vera gel in the treatment of oral lichen planus. Arandomizedcontrolled trial, Br J Dermatol. 2008 Mar.
  8. CHOONHAKARN C. et al. A prospective, randomized clinical trial comparing topical aloe vera with 0.1 % triamcinolone acetonide in mild to moderate plaque psoriasis. J Eur Acad Dermatol Venereol., 2010 Feb.

 

Clémentine. M.
Naturopathe – Aromathérapeute / Herboriste – Phytothérapeute
Consultante en phyto-aromathérapie Clinique et Ethnomédecine

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