L’ Aromathérapie

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L’aromathérapie est l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques. Le terme “Aromathérapie” fut créé en 1928 par un parfumeur-chimiste français du nom de René-Maurice Gattefossé. Il désigne l’utilisation des plantes aromatiques et médicinales dont sont extraites les huiles essentielles.

En application cutané, les huiles essentielles passent à travers les pores de la peau, pénètrent dans les capillaires sanguins qui les guident jusqu’à l’organe cible et peuvent ainsi agir en profondeur dans tout l’organisme. Après absorption, elles sont ensuite éliminées par les poumons, la peau ou les urines. Il est donc indispensable d’utiliser des huiles essentielles de qualité, 100% pures et naturelles, d’origine et de chémotype contrôlés, non déterpénées, de dénomination HEBBD (ce qui signifie que l’ huile essentielle est botaniquement et biochimiquement définie), de les conserver dans de bonnes conditions (flacon hermétiquement fermé à l’abri de la lumière) et de les utiliser toujours diluées et à faible dose.

Peut-on utiliser des huiles essentielles sur les enfants et les femmes enceintes ?

En règle générale, il est déconseillé d’utiliser des huiles essentielles sur les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les enfants sans avoir consulté un thérapeute au préalable. En effet, certaines huiles essentielles peuvent être toxiques et dangereuses sans en maîtriser leur contre-indications.

Il est préconisé de se diriger alors vers l’homéopathie ou la phytothérapie pour les femmes enceintes ou allaitantes, et les hydrolats (eaux florales) pour les enfants.

Les huiles essentielles par voie orale, est-ce dangereux ?

Il est fortement déconseillé de prendre une huile essentielle par voie orale sans avoir consulté un thérapeute au préalable. En effet, certaines huiles essentielles peuvent être toxiques et dangereuses pour le foie, les reins, le système digestif et le système nerveux. En cas de doutes, privilégiez alors l’application cutané ou la voie respiratoire (inhalation, olfaction, diffusion).

Comment conserver les huiles essentielles ?

Une huile essentielle se conserve dans un flacon teinté à l’abri de la chaleur et de la lumière, la tête vers le haut et hermétiquement fermée en général 5 ans. Mais la conservation d’une huile essentielle peut varier en fonction de son contenu :

Familles des agrumes (citrus) Bergamote, citron, mandarine, etc…

Elles sont considérées comme des huiles essentielles légères et peuvent se conserver jusqu’à 3 ans dans de bonnes conditions.

Huiles chargées en Phénols → Giroflier, cannelle, etc…

Elles sont considérées comme des huiles essentielles lourdes et peuvent se conserver jusqu’à 10 ans dans de bonnes conditions.

Comment reconnaître une huile essentielle potentiellement dangereuse ?

Il y a une chose essentielle à savoir; une huile essentielle est un extrait de plante aromatique liquide, concentré et complexe, obtenu par distillation par entraînement à la vapeur d’eau de plantes aromatiques ou d’organe de cette plante (fleur, feuille, bois, racine, écorce, fruit…). C’est l’essence distillée de la plante aromatique. De ce fait, elles concentrent des molécules actives dont il serait intéressant d’en connaître certaines familles biochimiques à utiliser avec précaution :

Les huiles essentielles riches en phénol (acide phénique), aldéhyde et terpénique

(litsée citronnée, marjolaine, ylang-ylang, etc…)

Ce sont des huiles dermocaustiques, allergisantes et irritantes pour les muqueuses et pour la peau. Elles sont potentiellement dangereuses puisqu’elles peuvent provoquer à l’état pur des brûlures, des irritations, voire des nécroses. C’est pour cela qu’il est indispensable de toujours les diluer à 20% au maximum dans un corps gras (huile végétale, beurre végétal, etc…). A savoir que le Phénol par voie orale est hépatotoxique.

Les huiles essentielles riches en coumarine

(Bergamote, petit grain de bigarade, citron, etc…)

Ce sont des huiles essentielles généralement photosensibilisantes pour la peau, ce qui signifie qu’elles peuvent provoquer une augmentation de la sensibilité de la peau aux rayonnements solaires, notamment aux ultraviolets, se traduisant par une éruption cutanée. Cette réaction due au soleil provoquerait des mutations de l’épiderme favorisant le cancer de la peau. C’est pour cela qu’il est indispensable d’appliquer une huile essentielle photosensibilisante environ 6h avant de s’exposer au soleil ; privilégiez le soir au coucher par exemple. En cas de brûlure avec une huiles essentielle, il est fortement déconseillé de mettre de l’eau dessus, diluez immédiatement avec de l’huile végétale !

Les huiles essentielles riches en lactone et en cétone

(Menthe poivrée, achillée mille feuille, hélicryse italienne, etc…)

Ce sont des huiles qui, en fonction d’un mauvais dosage peuvent avoir une toxicité neurologique. Certaines peuvent également être abortive (risque de fausse couche), en fonction du taux de cétone qu’elles contiennent.

Les huiles essentielles riches en apiol

(Persil)

Ce sont des huiles interdites par voie orale puisqu’elles sont néphrotoxique ; ce qui signifie qu’elles sont très toxique pour les reins.

Les huiles essentielles riches en sesquiterpénol

(Cyprès, sauge sclarée, niaouli, etc…)

Ce sont des huiles que l’ont qualifie d’oestrogen-like ; c’est à dire qu’elles vont stimuler les hormones féminines qui agissent sur le système uro-génital, la glande mammaire, le squelette, le système cardiovasculaire, le cerveau, le système digestif, la peau et les muqueuses. Seulement, elles sont contre-indiquées en cas de cancers hormonaux-dépendants, mastoses, fibroses, etc…

Et un hydrolat, c’est quoi ?

Un hydrolat est une eau de distillation ou eau florale obtenue lors de la distillation à la vapeur d’eau d’une plante aromatique, en vue d’obtenir une huile essentielle. Lors du processus de distillation dans l’alambic, les molécules aromatiques des matières premières distillées sont entraînées avec la vapeur d’eau, condensées et récupérées dans un décanteur. Le distillat obtenu est composé d’huile essentielle surnageant et d’eau de distillation, dans laquelle s’est solubilisée une infime partie de l’huile essentielle.

Est-ce aussi puissant qu’une huile essentielle ?

Non, mais l‘hydrolat étant constitué par l’eau (eau florale), conserve des molécules odorantes hydrosolubles, et reste légèrement parfumée, en possédant certaines propriétés en thérapeutique ; telle que l’eau de fleur d’oranger utilisée pour réguler le sommeil des enfants.

On préférera un hydrolat pour mettre dans des plats cuisinés plutôt qu’une huile essentielle, et

on préférera également soigner les bébés et les enfants avec des hydrolats plutôt que des huiles essentielles.

Les hydrolats se conservent-ils comme les huiles essentielles ?

Les hydrolats se conservent de préférence dans le bas du réfrigérateur jusqu’à 2 mois après l’ouverture. Il est possible de rallonger de quelques semaines la durée de conservation en y ajoutant de la vitamine E qui est un anti-oxydant.

Les conseils de l’aromatologue : Personnellement je dirai que l’aromathérapie est certes une médecine naturelle, mais elle est loin d’être une médecine douce comme on a pour habitude de la qualifier. Mieux vaut éviter de jouer avec votre santé en mélangeant certaines huiles essentielles sans en connaître le contenu moléculaire ainsi que les dosages appropriés. Prévalez toujours de vous adresser à un thérapeute qualifié, et n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

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