Le post-partum désigne la période qui s’étend de l’accouchement à la réapparition des règles (ou retour de couches). Il dure en moyenne 45 jours chez une femme qui n’allaite pas son bébé, et peut se prolonger jusqu’à 10 à 12 semaines si la mère nourrit son bébé au sein. Le post-partum se caractérise par des modifications très importantes, sur les plans anatomique, physiologique et psychique. Des modifications du psychisme sont souvent observées (très variables d’une femme à l’autre) telles que l’ insomnie, l’hypersensibilité ou encore l’irritabilité, et plus rarement la dépression.
Quels sont les symptômes de la dépression post-partum ?
Bien que toutes les femmes soient à risque, les femmes qui présentent les facteurs suivants le sont plus :
- Baby blues (sautes d’humeur rapides, irritabilité, anxiété, diminution de la concentration, insomnie, crises de larmes)
- Épisode antérieur de dépression du post-partum
- Antécédents de diagnostic de dépression
- Antécédents familiaux de dépression
- Facteurs de stress importants de la vie (conflits conjugaux, événements stressants lors de l’année précédente, chômage du partenaire, pas de partenaire, partenaire en dépression)
- Manque de soutien des partenaires ou des membres de la famille (soutien financier ou garde d’enfants)
- Antécédents de changements d’humeur temporellement associés à des cycles menstruels ou à l’utilisation de contraceptifs oraux
- Antécédents ou situation obstétricale actuelle défavorables (antécédent de fausse couche, d’accouchement prématuré, nouveau-né admis en unité de soins intensifs néonataux, d’enfant porteur de malformations congénitales)
- Ambivalence antérieure ou actuelle au sujet de la grossesse (si celle-ci elle n’était pas planifiée ou parce qu’une interruption a été envisagée)
- Problèmes d’allaitement
L’étiologie exacte de la dépression du post-partum est inconnue; cependant, une dépression antérieure est un risque majeur, ainsi que des modifications hormonales pendant la période puerpérale, la privation de sommeil ainsi qu’ une prédisposition génétique peuvent y contribuer.
Quelle est la différence entre la dépression post-partum et le baby blues ?
Une dépression transitoire » baby blues » est notamment très fréquente pendant la première semaine après l’accouchement. Le baby blues diffère de la dépression du post-partum parce que le baby blues, qui dure généralement de 2 à 3 jours (jusqu’à 2 semaines), est relativement modéré; alors que la dépression du post-partum dure généralement plus de 2 semaines et est invalidante, perturbant les activités de la vie quotidienne.
Pourquoi fait-on une dépression post-partum ? Il y a t’il une explication scientifique ?
En effet, la grossesse et le post-partum s’associent à des altérations dramatiques des hormones stéroïdes et peptidiques qui modifient les axes hypothalamo-hypophyso-surrénalien et hypothalamo-hypophyso-gonadique des mères. Les dérèglements de ces axes endocriniens sont liés aux troubles de l’humeur et, en tant que tels, il ne faut pas s’étonner que la grossesse et la période post-partum puissent avoir des effets profonds sur l’humeur maternelle.
La grossesse et le post-partum sont ainsi associés à un risque accru de développer des symptômes dépressifs chez la femme. La dépression post-partum affecte environ 10 à 15 % des femmes après un accouchement et altère par conséquent les interactions mère-enfant qui à leur tour sont importantes pour le développement de l’enfant.
Peut-on prévenir la dépression post-partum ?
Depuis 2005, dans le cadre du plan périnatalité, les femmes enceintes peuvent bénéficier au quatrième mois de grossesse d’un entretien non médical permettant une évaluation. Le dépistage précoce des femmes à risque permet un encadrement attentif et un suivi des mères; soutien psychologique, réassurance, éducation anténatale, préparation aux tâches maternelles, information et implication du conjoint ainsi que prise en charge sociale.
Existe t-il des traitement naturels pour lutter contre la dépression post-partum ?
L’huile essentielle de fleurs de Lavande vraie :
L’inhalation d’huile essentielle de lavande pendant 4 semaines peut notamment prévenir le stress, l’anxiété et la dépression dans le post-partum.
L’huile essentielle de boutons floraux séchés de Giroflier :
Cette huile essentielle est indiquée dans la dépression du post-partum des suites de couches. Elle l’est également dans les « peurs » contradictoires de l’accouchement.
Les stigmates séchées de Safran cultivé :
Dans une étude sur des femmes allaitantes atteintes de dépression du post-partum; le safran a en effet été plus efficace que le placebo. Dans l’évaluation finale, 96% des femmes traitées au safran étaient en rémission, contre 43% avec le placebo.
Les feuilles de Verveine officinale :
Préférer la verveine officinale lors des dépressions du post-partum en raison de son activité de libération des hormones LH et FSH par l’hypophyse et son activité œstrogénique et progestative.
Sources bibliographiques médicales et essais cliniques :
- Tabeshpour J, Sobhani F, Sadjadi SA, Hosseinzadeh H, Mohajeri SA, Rajabi O, Taherzadeh Z, Eslami S. A double-blind, randomized, placebo-controlled trial of saffron stigma (Crocus sativus L.) in mothers suffering from mild-to-moderate postpartum depression. Phytomedicine 2017
- Kianpour M, Mansouri A, Mehrabi T, Asghari G. Effect of lavender scent inhalation on prevention of stress, anxiety and depression in the postpartum period. Iran J Nurs Midwifery Res. 2016
FAQ : mieux comprendre la dépression post-partum
Qu’est-ce que la dépression post-partum ?
La dépression post-partum est un trouble de l’humeur qui survient après l’accouchement, et se manifeste par une tristesse intense, une grande fatigue, une perte d’intérêt et des difficultés à prendre plaisir à s’occuper de son bébé.
Contrairement au baby blues, qui est passager, la dépression post-partum dure plus de deux semaines et perturbe le quotidien, les relations familiales et le lien mère-enfant.
Quelle est la différence entre baby blues et dépression post-partum ?
Le baby blues apparaît dans les premiers jours après l’accouchement, se traduit par des larmes, une hypersensibilité et des sautes d’humeur et disparaît spontanément en quelques jours.
La dépression post-partum, elle, s’installe plus durablement, avec des symptômes plus intenses (tristesse profonde, anxiété, culpabilité, perte d’élan vital) et nécessite un accompagnement médical et psychologique.
Quels sont les principaux facteurs de risque de dépression post-partum ?
Les principaux facteurs de risque sont des antécédents personnels ou familiaux de dépression, un épisode dépressif lors d’une grossesse précédente ou après un accouchement antérieur, ainsi que des événements de vie stressants.
Le manque de soutien, les difficultés conjugales, un accouchement compliqué, des problèmes d’allaitement ou la présence d’un bébé hospitalisé peuvent également augmenter le risque de dépression post-partum.
Peut-on prévenir la dépression post-partum ?
Un repérage précoce des femmes à risque pendant la grossesse, des entretiens prénataux, une bonne préparation à la naissance et un soutien renforcé après l’accouchement contribuent à réduire le risque de dépression post-partum.
Prendre soin de son sommeil, demander de l’aide pour les tâches du quotidien, préserver des temps de repos et de dialogue avec le conjoint ou les proches sont également des mesures importantes de prévention.
Existe-t-il des approches naturelles pour accompagner la dépression post-partum ?
Certaines approches comme la phytothérapie, l’aromathérapie douce, les fleurs de Bach, la sophrologie ou la naturopathie peuvent aider à apaiser l’anxiété, favoriser le sommeil et soutenir l’équilibre émotionnel, en complément du suivi médical.
Des plantes comme le safran, la lavande ou la verveine officinale ont fait l’objet d’études dans le contexte du post-partum, mais leur utilisation doit toujours être encadrée pour respecter la sécurité de la mère et du bébé, notamment en cas d’allaitement.
Une femme allaitante peut-elle bénéficier de traitements naturels ou médicamenteux ?
Oui, mais le choix des traitements doit être soigneusement adapté, car certains médicaments et certaines plantes passent dans le lait maternel et peuvent ne pas convenir au nourrisson.
Il est indispensable de discuter avec le médecin, le psychiatre ou le pharmacien des options thérapeutiques compatibles avec l’allaitement, qu’il s’agisse d’antidépresseurs, de compléments ou de solutions naturelles.
La dépression post-partum disparaît-elle d’elle-même ?
Dans certains cas, les symptômes peuvent s’atténuer avec le temps, mais il n’est pas conseillé d’attendre sans aide car une dépression post-partum non prise en charge peut se prolonger et avoir des conséquences à long terme sur la mère et l’enfant.
Un accompagnement précoce permet de soulager plus rapidement la souffrance, de restaurer la confiance en soi et de soutenir la mise en place d’un lien sécurisant avec le bébé.
La dépression post-partum touche-t-elle uniquement les mères ?
La dépression post-partum concerne principalement les mères, mais les pères peuvent eux aussi présenter un épisode dépressif dans les mois qui suivent la naissance de l’enfant.
Des changements de rythme, des responsabilités accrues, des tensions conjugales ou un sentiment d’impuissance peuvent fragiliser l’équilibre psychologique de l’autre parent et justifier un soutien adapté.
Quand faut-il consulter en cas de suspicion de dépression post-partum ?
Il est important de consulter dès que la tristesse, l’anxiété, les idées noires, le sentiment d’incompétence ou la perte d’intérêt pour le bébé durent plus de deux semaines ou empêchent de fonctionner normalement au quotidien.
La présence d’idées suicidaires, de pensées envahissantes concernant le bébé ou de signes psychotiques impose une consultation urgente auprès d’un professionnel de santé ou le recours aux services d’urgence.



